La nouvelle Citroën C5 X signe la fin d’une époque

Le nouveau fleuron de Citroën ? Ce sera un crossover mêlant berline, break et SUV, sans diesel et fabriqué en Chine. Bienvenue à la C5 X !

C’est à la Fondation Louis Vuitton, niché dans le bois de Boulogne, que la conférence de presse (virtuelle, bienvenue en 2021) prit place. Un lieu à l’architecture majestueuse, née du dessin de Frank Gehry, voué à l’art contemporain sous l’égide d’une marque symbolisant à travers le monde le luxe bien de chez nous. Un lieu finalement très adapté à la présentation du nouveau haut de gamme Citroën, la dénommée C5 X – “C5” pour catégoriser la voiture dans la gamme, “X” pour rappeler discrètement les CX & XM.

Rien de très tape-à-l’œil ceci dit concernant la ligne extérieure. La C5 X est une grande voiture (4.85 m de long pour 1.86 m de large et 1.48 m de haut), à l’architecture assez peu vue dans nos rues : la marque la présente comme une “synthèse entre l’élégance de la berline, le dynamisme du break et la posture surélevée d’un SUV”. Je vous laisserai juger de vous-même, je reviendrai juste sur la face avant parfaitement à mon goût, avec une belle signature lumineuse qui élargit, abaisse et aplatit remarquablement la face avant, lui donnant un sacré caractère. Le dessin en lui-même rappelle évidemment la dernière C4, mais dans un style moins alambiqué et plus serein : on est loin du galet qu’était la CXperience, mais on est finalement loin d’un patchwork indigeste. Ah, et je pense retrouver un peu de XM dans le décroché de la custode arrière…

Mais c’est pour l’intérieur de la C5 X que la marque annonce avoir mis le paquet. L’idée, c’est de voir l’habitacle de la C5 X comme un espace détente, dans lequel on se sente bien, prêt à tracer la route. Tout y est : les sièges Advanced Comfort à l’avant, les vitrages feuilletés, l’habitabilité promise comme fort généreuse et des ambiances intérieures sobres et raffinées (je vois du bois !). La grande Citroën n’oublie pas son côté pratique avec un coffre certes d’une capacité pas révolutionnaire (545 litres, quand une 508 SW autrement plus acérée en offre 535) mais promis comme étant d’une facilité de chargement de premier ordre : seuil bas, large, plancher plat, parois rectilignes et tutti quanti.

On remarquera un certain air de famille avec la C4, mais ici aussi avec un traitement plus zen

Pour coiffer une gamme automobile, il faut aussi s’en donner les moyens et se doter de toutes les technologies dernier-cri. Je vous arrête tout de suite : on n’est pas dans une Classe S, mais les technos sont tout de même agréables. On retrouve ainsi pas mal d’items aperçus dans la toute nouvelle 308 ou la DS 4, tels qu’un nouvel écran central de 12″ complètement revu, une vision tête-haute format XXL, des aides à la conduite en veux-tu en voilà (conduite autonome niveau 2, vision 360° etc etc). La C5 X innove tout de même avec une technologie exclusive à la marque : les suspensions Advanced Comfort actives. On part toujours sur la base des suspensions à butées hydrauliques progressives, mais cette fois-ci capables de se régler sur trois modes différents. Une innovation intriguante, aperçue sur le 19_19 Concept…et réservée à la motorisation hybride rechargeable -les autres se contentant des suspensions Advanced Comfort “tout court”.

Parlons motorisations, tiens. Comme je viens de le dire, la C5 X accueillera une motorisation hybride rechargeable de 225 ch, déjà vue sur le C5 Aircross hybride : un moteur essence de 130 ch, un autre électrique de 110 ch et une batterie de 13.2 kWh pour alimenter le tout. Et à côté ? Etonnamment, pas un mot sur la version hybride de 180 ch, pourtant disponible dans les étagères du groupe. Pas un mot pour le reste de la gamme non plus me direz-vous…à une chose près : une petite phrase, tout en bas du communiqué : “C5 X, disponible en motorisations thermique essence ou hybride rechargeable, sera commercialisé au 2ème semestre 2021“. Fichtre diantre, vous avez lu comme moi : pas de diesel ! Sur une routière française !

Deuxième information intéressante, cette fois-ci absente du communiqué et à peine discutée lors de la conférence de presse : cette C5 X ne sera pas fabriquée à Rennes (bastion historique des haut de gamme Citroën), pas à Mulhouse, pas à Sochaux, pas en France, pas en Europe…mais en Chine, à l’instar de la DS 9, porte-étendard de la marque premium. Les prix, les finitions, la grille complète des motorisations sont pour l’instant inconnus, mais devraient être révélés dans les mois qui viennent.

Qu’est-ce que j’en pense ? Je trouve que Citroën a raison de ne pas s’aventurer dans le secteur des berlines “classiques” du segment D : les concurrents (allemands, principalement) sont tellement implantés que la marque n’aurait pu faire, au mieux, que de la figuration. Ils ont du coup choisi le concept de la voiture créée pour l’habitacle en premier. Honorable, surtout dans cette catégorie où les longs trajets auront une part importante des déplacements, mais un peu casse-gueule : les voitures qui me viennent à l’esprit ayant suivi cette voie s’appellent Opel Signum, Fiat Croma II, Renault Vel Satis et, plus proche de nous, BMW iX. Des voitures dotées, j’en suis sûr, d’indéniables qualités, mais qui n’ont que peu brillé par leurs chiffres de vente. Sans compter la concurrence interne que représente le C5 Aircross, plus dans le vent de par sa carrosserie 100 % pur jus SUV. Pas mal de défis, donc, attendent cette C5 X. Souhaitons-lui du courage !

Via Citroën.