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La vie est une question de choix simples

Le plus gros des Coupé Mercedes a toujours constitué un must chez les amateurs d’automobiles par son élégance discrète. La nouvelle déclinaison de S 500 Coupé pousse le bouchon encore plus loin en termes de luxe et de bien-être à bord. Sans oublier d’être communicatif, à l’occasion…

Je sais pas pour vous mais des fois j’aimerais que la vie soit plus simple. Que les réponses à des questions existentielles ou plus prosaïques apparaissent comme des évidences. Un exemple : même si c’est l’amour de l’arbre à came en tête qui nous réunit tous dans ce magnifique blog unique au monde, il faut avoir le courage d’admettre que notre passion commune n’est que futilité et que la seule chose qui compte vraiment dans la vie, c’est l’amour tout court, celui qui réchauffe les êtres, fusionne les cœurs, inspire et élève les âmes. Que pèsent quelques giclées de SP98 même comprimées par des injecteurs dernier cri face à l’éternité de la sève émotionnelle ? Il faut se rendre à l’évidence : rien.

C’est Noël !

Pour témoigner à l’élu(e) de votre cœur la pureté de vos intentions et la noblesse de vos sentiments, rien de tel qu’un petit cadeau. Si vous hésitez entre la discographie intégrale de Michel Sardou, un tatouage de dauphin ou une séance de dépilation laser, désolé, nous ne pouvons rien pour vous.
Mais par contre si vous pensez qu’il faut avoir de l’ambition dans la vie et que vous vous demandez ce qui, entre un bijou ou une jolie voiture, ferait le plus d’effet, réjouissez-vous et remerciez le blogautomobile.fr d’apporter des conseils pragmatiques et pleins de bon sens.

Car figurez-vous que Mercedes habille la S500 Coupé Edition 1 de 450 LEDs et de 94 cristaux Swarovski. Pourquoi ? Hein, pourquoi ? Parce que Swarovski, c’est chic : dans la rubrique « apprends des choses étonnantes avec le blogautomobile.fr », sache, jeune internaute, que Daniel Swarovski a révolutionné le principe de la taille des cristaux en 1895, à l’âge de 33 ans. Aujourd’hui âgé de 253 ans, Daniel Swarovski est à la tête d’un empire qui pèse plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaire, gère 26 000 employés et s’illustre dans la mode et la bijouterie, mais aussi le design, l’architecture d’intérieur et, grâce à Mercedes, dans l’automobile. Rendons donc grâce à Mercedes qui a su capitaliser sur cette marque de prestige. « Mon amour ! Ça te ferait plaisir si je t’offrais une bague ? Avec une voiture autour… ». Merci à Mercedes de nous simplifier la vie !

Il est fou Afflelou

À moins que Mercedes ne fasse cela pour notre sécurité. C’est devenu un thème important, la sécurité, de nos jours. Partant du principe que la vue, c’est la vie, la firme allemande a développé toute une série de technologies pour améliorer la vision et la visibilité. Avec l’Adaptative Highbeam Assist Plus, une caméra scanne en permanence la route et tient compte des éventuels usagers arrivant en face pour diffuser le faisceau lumineux le plus approprié. Les reflets sur les panneaux et autres surfaces réfléchissantes sont également pris en compte pour moduler l’intensité. Les feux arrière s’ajustent également en fonction de la luminosité et de l’environnement. Avec le Night View Assist Plus, une caméra infrarouge détecte les piétons et leur envoie un flash, ainsi que les gros animaux (pas de flash pour eux, leur réaction pouvant être imprévisible). Ça marche de nuit, à une vitesse inférieure à 60 km/h. Enfin, le Magic Vision Control consiste en une technique de nettoyage de pare-brise où l’eau provient directement des balais, pour une efficacité inédite et des carreaux toujours propres. S’agirait pas de gaspiller quelques gouttes d’eau savonneuse.

Sauvons la planète !

L’écologie. La voilà, l’explication. Car si Mercedes fait appel à tous ces LEDs et à ces cristaux, c’est aussi et surtout pour faire des économies ! Explications : dans chaque optique, 17 cristaux Swarovski de forme anguleuse renforcent l’éclairage diurne à LEDs et 30 cristaux Swarovski de forme arrondie font fonction de clignotants. Ils viennent en renfort à 43 LEDs pour chaque feu avant, 35 pour chaque feu arrière (plus 4 pour les antibrouillards) et environ 300 pour l’intérieur, ceci incluant les éclairages d’ambiance que l’on peut faire varier selon six thèmes. Après moult manipulations, j’ai choisi le rouge pour son côté « Carlton de Lille », un rien vulgaire, en contraste avec cette auto très classe. Un choix simple.

Mercedes a calculé que tout cet éclairage ne demande que 34 Watts d’alimentation, alors qu’il faudrait produire 84 Watts pour l’équivalent à technologie Xénon et carrément 120 avec des vieux feux halogènes tout pourris qui n’éclairent rien.

Cela permet, toujours selon Mercedes, d’économiser 0,05 l/100, ce qui est important sur une auto motorisée par un V8 4.7 biturbo développant 455 ch., dont le tarif de base débute à 135 000 € (153 000 pour notre version d’essai Edition 1 exclusive et hyper bien équipée…) et qui consomme officiellement 8,3 l/100 en moyenne mixte.
8,3 ? C’est pas beaucoup…

Et dans la vraie vie ?

Aie ! Je craignais cette question, mais avant d’y répondre, je dois faire un aveu. Je suis un dissident. Je plaide coupable. Je dois me flageller, car je pense mal, je conduis mal (même si je dois avoir encore 11 points de permis) et je vais souvent chercher les haut régimes et jouer avec le mode sport de la boîte de vitesses. Après quelques jours d’essai sur un itinéraire mêlant ville, périphérique embouteillé, autoroute et petites routes, la moyenne obtenue avec ce S500 Coupé se situe à 17,8 l/100. Oui, aie !

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Pourtant, il est possible de faire nettement mieux, puisqu’en usage courant, les ressources du V8 sont telles qu’il est possible de rouler normalement dans le trafic sans jamais dépasser 2000 tr/mn et d’arriver ainsi à obtenir un peu moins de 12 l/100, ce qui est finalement assez raisonnable. Mais rembobinons un peu le film.

C’est palace !

Une pression de la clé, et le loquet de la porte, en aluminium guilloché, s’ouvre pour donner accès à un intérieur façon boudoir VIP, où la qualité des cuirs, les inserts décoratifs et sens du détail donnent le vertige. La question est : peut-on faire mieux que cet intérieur ? Je n’ai jamais eu l’occasion de rouler en Rolls, en Bentley ou en Maybach, mais si l’on considère que ces trois marques proposent encore mieux, il est difficile d’imaginer la plénitude ressentie au volant. Le double écran TFT offre le plus large diamètre de toute la production (31,2 pouces) : je connais des gens qui ont une télé plus petite dans leur salon, mais c’est aussi parce que je viens d’une région sinistrée. Si l’écran du GPS et de l’infotainment est carrément impressionnant, le design du tableau de bord pourra paraître trop basique au yeux de certains, vu le prestige de l’auto.

Les 24 HP distillant les 590 Watts de la sono Burmester ont aussi une fonction 3D. Vous pouvez définir avec précision l’endroit de l’habitacle d’où l’on profite le mieux de l’effet surround. De quoi réhabiliter Michel Sardou.

Avant de presser le bouton « start », on a tout le loisir de régler son siège dans toutes les positions possibles, de choisir entre le chauffage et la ventilation, de décider si l’on voulait aussi les accoudoirs chauffants, de choisir la zone de massage souhaitée et de son intensité, voire de décider du niveau de « siège actif », dont les bourrelets vont se gonfler vers l’intérieur du virage afin de vous maintenir. Là, c’est vrai que ces choix peuvent être un peu compliqués. Conseil d’ami : choisissez la position 1. Facile.

Avec autant de fonctions et possibilités, il faut reconnaître que l’ergonomie est carrément naturelle, avec peu de boutons. Les attributs sécuritaires se commandent par une ligne d’interrupteurs situés à gauche des compteurs, le reste, de la navigation à l’infotainment en passant par les multiples réglages de l’auto, se commandent assez facilement via le trackpad tactile dispo à main droite, entouré par des commandes des menus principaux.
Pression sur le bouton « Start ». Et ?

Broap !

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Une déflagration emplit les deux silencieux de la S 500 Coupé. Zarma ! Y’a de la vie, là-dedans ! Première surprise : cette auto ne cache pas le pedigree de sa motorisation au démarrage. À froid, le V8 gronde un court instant avant de se caler sur un ralenti où il devient alors inaudible. Note : toujours démarrer avec les vitres ouvertes, afin de profiter de ces quelques secondes de plénitude dans le parking. Ensuite ? C’est un peu vous qui décidez… Mais avant cela, sachez que la sortie du parking se fait sans stress particulier, les multiples caméras et capteurs permettant de cerner au mieux le gabarit de cet engin par ailleurs bien dessiné, de 5,03 m de long et 1,9 m de large, quand même…

Disponibles un peu après le régime de ralenti (1800 tr/mn), les 700 Nm de couple vous transportent dans un monde d’onctuosité et de douceur. Un grand kif ressenti au volant de cette S500 Coupé consiste à avancer avec un orteil négligemment posé sur l’accélérateur, sur le mode « je pourrais aller plus vite mais en fait c’est pas indispensable, tellement les sensations ressenties à basse vitesse sont satinées ». Au besoin, un micron de gaz supplémentaire suffira pour effacer les voyeurs et autres jaloux de votre horizon. Dans ce mode de conduite, tout participe à un incroyable sentiment de sérénité : la boîte auto 7 rapports qui égrène ses vitesses dans la soie, la suspension qui gomme les aspérités, l’isolation phonique à bord et le confort des sièges. On comprend pourquoi la S500 Coupé est l’auto préférée des septuagénaires Suisses et Californiens qui se voient encore comme des êtres toujours dynamiques, Viagra et Botox aidant ;-). Si la vieillesse est un naufrage, nul doute qu’un S500 Coupé vous remet à flot.

Même s’il ne faut pas se tromper sur sa vocation plutôt placide (après tout, la S Coupé 63 AMG avec le V8 de 585 ch et 900 Nm, et la S Coupé 65 AMG avec son V12 biturbo de 6.0, 630 ch et 1000 Nm de couple sont là pour les fans de dragster), le S500 Coupé offre déjà des perfs proprement hallucinantes (de 0 à 100 en 4,6 sec et 0 à 200 en 17,2 sec, c’est plus rapide qu’une Bentley Continental GT Speed de 610 ch). On peut donc être tenté de titiller le bestiau. Certes, en conduite dynamique, les pneumatiques à flanc hauts et le poids de l’auto montrent assez rapidement leurs limites par un sous-virage qui reste sain, mais en enroulant un peu plus, la S500 Coupé laisse le choix de sélectionner la boîte et les suspensions en mode « sport », qui rendent alors ce coupé de presque 2,1 tonne plutôt précis et réactif, dans les limites du genre, évidemment. Il faut tout de même reconnaître que le S500 Coupé se montre nettement plus communicatif que les générations précédentes, qui se contentaient de vous procurer du confort et du statut en annihilant toute émotion.

Le S500 Coupé est la plus belle incarnation de la force tranquille, ce slogan mitterrandien un rien éculé : luxe, calme, volupté, ça, on s’y attendait, même si la démonstration est magistrale. À son volant, les kilomètres défilent par centaines dans un isolement total de l’environnement extérieur, sans fatigue ni contrainte. Qu’elle nous donne aussi envie, de temps en temps, d’ouvrir en grand les fenêtres et de laisser de grosses traces de gommes sur le bitume dans un grondement sourd d’inspiration NASCAR, c’est assez nouveau et ça laisse présager de grands moments pour ceux qui auront la chance de pouvoir choisir les versions AMG avec jusqu’à 1000 Nm de couple. J’ai pas envie de me réincarner en morceau de bitume.

// Bonus : les photos de Philipp Rupprecht d’un essai de la S500 Coupé avec GTSpirit & votre dévoué Gonzague dans les montagnes autrichiennes :

Photos : Benoît Meulin et Philipp Rupprecht