Oh, encore un SUV ! Oui, mais celui-ci est français, chic, qui soigne les apparences comme les détails. L’air de rien, ça pourrait marcher. C’est tout ce que je lui souhaite !

Si la critique est facile, l’art est difficile, reconnaissons-le. Aussi, toute arrivée d’un nouveau modèle dans le PAF (paysage automobilesque français) suscite son lot équivalent de louanges et de railleries. Essayons donc de rester positif. Pour voir…

J’ai eu la (grande) chance d’avoir déjà essayé quelques DS pour le blog : une DS5 THP 200 édition limitée 1955, une DS4 THP 210 Performance Line, ainsi que deux DS3 Cabrio, une Puretech 110 EAT6 suivie d’une envoutante Performance Black Special qui fut, de toutes, mon vrai coup de cœur ! Feeling de la direction, punch du moteur, précision du châssis, touches de doré dans la déco, j’ai vraiment adoré cette Black Special !

Donc : DS, je connais un peu et j’avoue avoir un rien de sympathie pour cette marque. Mais depuis quelques temps, je trouvais que tout cela tournait en rond et ce n’est pas une énième série spéciale « Inès de la Fressange a mis elle-même un liseré de rouge sur le montant B et a choisi le tissu de la contreporte de sa DS3 » pas plus qu’une autre « on a mis un toit rouge sur une DS4 blanche » qui allait me faire faire des rêves érotiques la nuit. Bref, DS tournait un peu en rond.

Direct au cœur

Attention, voici une petite démonstration en trois étapes. Un : le cœur du marché, en ce moment, c’est le SUV. Deux : DS, c’est premium. Trois : un SUV premium, c’est, au hasard, un Audi Q5. On a la cible. Et même la forme : regardez ce hayon arrière, y’a comme un air de famille. Sauf que DS a le mérite de soigner les détails, y compris ceux qui peuvent paraître les plus futiles, mais ça confine à l’art : regardez donc le ciselé de l’optique arrière ! Incroyable, non ?

D’ailleurs, ce sentiment d’exclusivité, on l’a rien qu’en montant à l’intérieur : dans ma version d’essai, une Performance Line +, pas discrète en plus, avec la teinte rouge et les roues noires « Beijing » de 19 pouces.

De fait, et ce sentiment vous a déjà été partagé par quelques uns de mes éminents collègues du blog : le blogessayeur de base arrive à choper ce sixième sens de savoir quand ça chouffe autour de lui. Une DS7, dans le trafic, ça se fait carrément remarquer. Et dans cette configuration, elle ne joue pas la discrétion !

A l’intérieur, donc : on multiplie les séances #minikif avec les beaux sièges en Alcantara, la belle planche de bord recouverte du même matériau, le tableau de bord entièrement digital avec son design en « diamant » (certes, mais l’on retrouve l’ingénierie déjà vue sur les Peugeot 3008 et 5008), mais ça fait toujours son petit effet et entre le GPS qui s’étale et la caméra de vision nocturne, cela n’a absolument rien à envier au Virtual Cockpit de chez Audi. Et puis, moi qui n’ai rien contre un peu de culture horlogère, voire cette montre B.R.M. sortir de son logement au démarrage, c’est vraiment sympa, au-dessus du grand écran de l’info-divertissement.

D’ailleurs, j’ai beau chercher, combien de partenariats sont allés aussi loin entre l’horlogerie et l’automobile ? A part les Breitling de Bentley, je ne vois pas. Bien joué, DS ! Surtout que cela commence bien plus bas, côté tarif : on est en effet à 43 400 € pour mon auto en configuration de base.

Sièges en cuir & Alcantara(r) sur cette définition Performance Line

L’EAT8 qui change tout

Pendant longtemps, le groupe PSA a du composer avec des boîtes auto indigentes. Et on ne vous parle même pas de l’horrible BMP6. Heureusement, l’EAT6 est venue remonter le niveau, même si, selon les autos, son étagement pouvait prêter à discussion.

Magic Joystick !

Eh bien là, DS (via PSA) est au niveau des meilleurs : l’EAT8 conçue par Aisin est juste parfaitement calibrée pour faire un couple parfait avec le 2.0 Blue HDI de 180 ch (à 3 750 tr/mn) et 400 Nm (à 2 000 tr/mn). Une alliance parfaite, au point que si j’avais trouvé le Peugeot 3008 HDI GT Line 180 EAT6 était à la limite d’être un brin sous-motorisé. Là, avec deux rapport supplémentaires, l’accélération et les reprises sont très correctes, avec le 0 à 100 en 9,4 secondes et 215 km/h en pointe, pas si mal pour un SUV de 1535 kilos. Comme quoi, le feeling : le 3008 essayé est donné pour 8,9 secondes et 207 km/h. Mais toutefois, c’est l’apport des deux rapports supplémentaires et intermédiaires qui donne le sentiment d’une plus grande vivacité. Car le bloc Diesel délivre déjà bien son couple dès 1 500 tr/min et ne rechigne pas à grimper à plus de 4500 tr/min sans vraiment perdre en puissance : pas mal, non ?

A moins que ne soit la meilleure insonorisation : le 2.0 HDI donne un peu de voix à froid, puis se fait carrément oublier en conduite stabilisée. A moins que vous ne sélectionnez le mode « sport » du « DS Drive Select », qui durcit la direction et les suspensions, améliore la gestion de l’accélérateur et de la boîte, et vous retransmet tout cela par un bruit plus sourd (et assez inutile par ailleurs) via les HP. Malgré cela, le feeling au (petit, et à méplat) volant est plus neutre que réellement engageant, mais n’oublions pas que ce n’est qu’un SUV Diesel de 180 chevaux.

Objectif atteint !

Faire le job d’une belle et bonne auto familiale tout en se posant sur le parking entre les caisses anonymes et grisâtres des autres cadres de votre entreprise : la DS7 relève tous les défis et, en cela, c’est une réussite.

Sous le plastique : 180 chevaux et 400 N : pas si mal !

J’ai vraiment aimé son ambiance intérieure, son espace, sa finition, le couplage entre le 2.0 BlueHDI et l’excellente boîte EAT8. Je n’ai pas grand-chose à dire sur le comportement routier, neutre en toutes circonstances, même si, et même en mode « sport », on constate un rien de roulis en entrée de courbe.

Bref : la DS7 assure, avec une vraiment belle présence malgré une longueur de seulement 4,57 mètres (une 3008 est à 4,45 et une 5008 à 4,64). Elle ne néglige pas les aspects pratiques avec un bel espace à l’arrière, et un coffre qui se module de 628 à 1752 litres. En 2.0 HDI 180 EAT8, elle m’a sorti une consommation mixte de 8,4 l/100 (certes, la valeur officielle mixte est à 4,9 l/100, du pipeau comme toujours), une consommation qui n’est pas déshonorante pour un engin de ce gabarit et considérant que j’ai fait pas mal d’urbain et de suburbain congestionné (#Anne H. : merci encore pour l’ensemble de ton œuvre !).

Du coup, j’espère vraiment que le succès commercial cueillera ce DS7. Y’a du style, du confort, de la classe, et c’est presque plutôt moins cher que la concurrence premium. Alors ?

Photos : Gabriel Lecouvreur