Pendant l’été, Nissan nous avait convié à découvrir une nouveauté installée sur le Qashqai : le ProPilot. Un évènement qu’aucun de nos rédacteurs n’avez pu couvrir pour vous. C’est ainsi qu’il y a quelques semaines j’ai choisi de prendre un exemplaire en otage afin de vous permettre d’en savoir un peu plus…

Si on est très loin de pouvoir se dire que la conduite autonome, c’est pour demain, je m’aperçois rapidement que le système de Nissan semble être le plus abouti disponible sur le marché. Tout du moins, dans ce que j’ai eu l’occasion de tester. En associant les différentes technologies auxquelles nous sommes aujourd’hui habituées, à savoir régulateur, maintien dans la file ou freinage d’urgence, le Qashqai accepte désormais de rouler presque tout seul. Je dis presque, car légalement il est pour le moment interdit de lâcher le volant, la réglementation vous oblige à rester maitre de votre véhicule. Mais pas seulement, il roulera presque tout seul car il aura régulièrement besoin de vous lors de situations plus au moins inhabituelles comme des travaux, des lignes effacées mais aussi des virages trop serrés ou autres bizarreries qu’on rencontre tous sur la route.

C’est sur autoroute, dans des conditions idéales de circulation que le système ProPilot sera le plus efficace. Les accélérations et ralentissements sont maitrisés, l’insertion d’une voiture devant les caméras se fait sans sursaut et on subit rarement des remises en place intempestives au milieu de la file. Tout en conservant une certaine concentration, on observe une diminution de la fatigue des bras, des jambes ou peut-être même du stress pour certains d’entre vous.

Essai Nissan Qashqai ProPilot dCi 130 Xtronic

Lors d’une circulation dense, un jour de départ en vacances par exemple ou au quotidien pour les francilien, le système sera très utile pour rester détendu. Il saura parfaitement gérer une vitesse réduite tout en vous gardant dans la file mais saura également s’arrêter si nécessaire. Et en douceur s’il vous plait. Puis repartir lorsque la voiture de devant redémarre, seulement si l’arrêt n’aura duré que 3 secondes. En cas de dépassement de cette courte durée une simple pression sur l’accélérateur ou le bouton RES du volant et le Qashqai se remettra délicatement en mouvement en respectant ses distances.

Ce qui m’aura le plus bluffé pendant cette découverte est un essai réalisé avec mon contact Nissan avant de récupérer les clés. Ce dernier m’a prouvé la capacité du Qashqai à s’arrêter de façon plus au moins naturelle dernière une voiture qui circule devant nous. Mise en situation : nous étions sur une petite 2×2 voies à 90 km/h pleine de ronds-points. A chaque rond-point, le Qashqai a su analyser les réactions du véhicule qui précède pour ralentir, freiner, s’arrêter, repartir puis accélérer à nouveau. Un test que je n’aurais probablement pas osé faire moi-même et qui n’a jamais été mis en défaut ce jour-là ni les jours suivants. Si au quotidien, on préfèrera continuer à faire confiance à nos propres réactions on se dit que quelques situations d’urgences voire accidents pourraient être évités ou limités.

Et si cette technologie m’impressionne par les aptitudes atteintes en seulement quelques années elle me fait tout aussi peur quant à la possibilité un jour de perdre l’autorisation de conduire. Pourtant, il y a bien quelque chose qui s’avère très utile et qui pourrait à court terme sauver des vies après quelques peaufinages. Vous avez déjà probablement entendu parler que ce genre de système se met à retentir dans l’habitacle si vous lâchez le volant trop longtemps. Après quelques sonneries, de plus en plus fortes, le ProPilot effectuera quelques coups de frein pour vous réveiller, puis sans réaction de votre part finira par immobiliser complétement le SUV en activant les warnings. Imaginez qu’un grave accident puisse être évité en cas de malaise ou endormissement, ce serait un véritable bon en avant pour la sécurité. En revanche pour le moment, le Qashqai s’arrête en pleine voie sans rejoindre une quelconque bande d’arrêt d’urgence. Affaire à suivre…

On termine sur quelques mots au sujet de mon ressenti général au volant de ce nouveau Qashqai. Sous le capot, on retrouvait le bloc diesel dCi 4 cylindres offrant 130 et 320 Nm de couple. Associé à la boite automatique Xtronic 7 rapports, il propose un agrément de conduite très souple et agréable. Dans des conditions dites « normales » il fait preuve de confort et dynamisme en cas de besoin. Puis, il saura vous montrer un tempérament un peu nerveux avec une très bonne tenue de route et une prise de roulis limitée en rencontrant des tracés plus sinueux. Avec en plus une très belle habitabilité à bord, un coffre de 430 litres et un bon silence de roulement on s’imagine totalement en faire son daily. Même s’il faut bien le dire, j’ai regretté un habitacle relativement dépassé par ce qu’on retrouve chez la concurrence.

Vous n’êtes probablement pas sans savoir que la nouvelle réglementation WLTP, pour l’homologation des véhicules, a pas mal chamboulé l’univers automobile ces derniers mois. Le moteur ici présent n’est donc plus disponible au catalogue et Nissan vient tout juste de dévoiler une nouvelle gamme complète. Il est désormais possible de commander un Qashqai avec les configurations suivantes : dCi 115 DCT7, dCi 150 BVM6, dCi 150 BVM6 4×4, dCi 150 Xtronic 4×4. Ce nouveau 1,7 l devrait se montrer un peu moins gourmand en or noir tout en conservant des performances intéressantes.

Si vous préférez opter pour un moteur essence, le baroudeur des villes vous propose deux niveaux de puissance avec les 1,3 l DiG-T 140 et DiG-T 160 (+ DCT7) disponibles uniquement en traction.

Avec un tarif de 24 650 à 33 100 € hors options on arrive tout de même aisément à comprendre comment le Nissan Qashqai, qui a popularisé le segment des SUV, arrive toujours à prendre la place de leader européen des crossovers.

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)