Essai nouvel Aiways U5 100% électrique : l’outsider chinois

Il est rare qu’une nouvelle marque se lance sur le marché français. C’est aujourd’hui chose faite avec Aiways qui met en vente un tout nouveau SUV électrique, l’U5. Place à l’essai complet !

Fondé en 2017 en Chine, Aiways n’aura mis que trois ans pour créer une voiture prête à affronter les marchés asiatique mais aussi européen. En partant d’une feuille blanche, les équipes dirigées par des grands noms de l’automobile – tels que Gary GU ou Roland Gumpert – ont pu s’affranchir des difficultés techniques d’une auto thermique grâce à la grande progression de la demande en véhicules électriques.

Look discret

Sans grand panache côté style, l’Aiways U5 reste globalement une jolie voiture. Si tant est qu’on aime les SUV et les calandres pleines, habituelles sur des autos électriques, son design se veut relativement passe-partout. Pas de fioriture à l’horizon, ni de lignes torturées, il aura pour but de séduire ceux qui ne veulent pas faire dans le clinquant. Plus personnellement, j’émets des réserves sur la face avant pas très sexy mais son profil ou le ¾ arrière sont déjà plus sympas. On notera notamment la signature lumineuse inspirée de ce qu’il se fait par chez nous, avec un grand bandeau sur la malle. Les lignes générales sont très fluides, et les poignées de portes rétractables renforcent son allure épurée. Enfin, sa configuration sera très simple en ne proposant que trois couleurs au catalogue (Aubergine, Bleu électrique et Blanc glacier). Les deux dernières pouvant bénéficier d’un toit noir pour 830 € supplémentaires.

Un bel effort à l’intérieur

À bord, on sera particulièrement frappé par l’espace disponible. Son architecture et son large empattement de 2800 mm lui permettent en effet de proposer une habitabilité exceptionnelle. À l’avant, on y trouve vite ses marques et on s’y sent bien, mais c’est à l’arrière qu’il marque le plus de points. En l’absence de tunnel de transmission, il dispose de trois vraies places et accueille trois adultes sans problème, ni aux jambes, ni à la tête. En raison de son ciel de toit clair, et du toit panoramique disponible de série sur la finition Premium, il permet en plus de ne pas se sentir trop enfermé. À cela, on ajoute un travail d’habillage et de choix des matériaux qui semble vraiment recherché. Le marché européen étant le plus fastidieux à séduire, il fallait miser sur une finition irréprochable. On retrouve du plastique moussé sur les parties hautes et des matériaux bien trouvés dans les parties intermédiaires. Même certaines références allemandes ont aujourd’hui recours à plus de plastique disgracieux. Si le plastique laqué de la console centrale semble déjà souffrir de rayures, on oublie rapidement cela grâce au beau volant face à nous. Honnêtement, l’ensemble est réussi et donne envie d’enquiller les kilomètres dans les jolis sièges. Surtout que le coffre de 432 à 1555 L, permet d’emmener quelques valises. C’est plutôt du côté de l’infodivertissement que le bât blesse. Si le software intégré est séduisant et ergonomique, les écrans (au nombre de 4) quant à eux, ne paraissent pas très qualitatifs et réactifs. En termes de netteté et fluidité, j’ai eu parfois cette sensation que l’on a en achetant quelques appareils électroniques premiers prix sur internet. Dommage !

Par amour de la route

Au volant, on remarque dès les premiers tours de roues l’attirail technologique qui équipe l’engin. Les aides à la conduite sont franchement trop intrusives avec des bips et des messages vocaux intempestifs. Au moyen d’une caméra dirigée sur vous, l’U5 peut en effet analyser si vous commencez à fatiguer ou vous rappeler à l’ordre en cas d’utilisation du téléphone. Aussi, et comme on en a l’habitude maintenant, l’aide au freinage, le maintien de ligne ou encore le régulateur adaptatif sont évidemment équipés de série. Rassurez-vous, tout ça est facilement déconnectable, fonctionnalité par fonctionnalité, directement dans l’écran tactile.

Sous la carrosserie, on retrouve un moteur électrique qui envoie sa puissance de 150 kW ou 204 ch aux roues avant. Avec l’emploi massif d’aluminium, il revendique un poids très contenu de 1720 à 1770 kg et s’offre donc un honorable 0 à 100 km/h en 7,8 secondes. Peu aidée par une chaussée humide et des pneus inconnus au bataillon (Cooper Discoverer HTT), cette puissance a malheureusement du mal à passer au sol. Au démarrage ou forte accélération, il a facilement tendance à bien patiner et déclencher l’ESP. Cette absence de dynamisme, se confirme en arrivant au premier virage serré où il est enclin à se vautrer sur ses appuis. La tenue de route est bien là, pas d’inquiétude, mais il n’a pas le comportement incisif dont l’on profite depuis quelques années. De surcroît, sa direction, pourtant réglable électriquement selon plusieurs niveaux de rigidité, manque de précision et n’offre pas un feeling des plus excitants. On relèvera également un mordant faiblard dans le freinage.

« Ai » signifiant amour en chinois, vous comprenez aisément que le nom de marque a pour objectif l’amour de la route. Pour y parvenir, tout a été misé sur le confort des passagers d’après le jeune constructeur. Passons donc sur le fait que cette voiture n’est pas dynamique, et tentons de voir si le pari est réussi. Sans plus de suspens, la réponse est globalement oui si votre façon de conduire est plutôt « à la cool ». On est premièrement ravi de remarquer le bon travail effectué sur l’insonorisation. Les bruits de vent ou de roulement sont aux abonnés absents ; on notera même l’absence pour le moment de craquement intempestif dans l’habitacle. L’énergie électrique permet donc un silence exceptionnel et on apprécie de pouvoir se détendre à ses commandes.  Il se montre doux et onctueux, notamment en mode Eco, et cette philosophie le rend réellement agréable. À mon goût, il est en revanche trop suspendu et finit par trop jouer au balancier quand le tracé est déformé. Certes, les vertèbres n’en prennent pas un coup, car les suspensions ne sont pas cassantes, mais ça bouge pas mal dans l’estomac. Je pinaille, car ça ne l’empêche pas d’avaler correctement les irrégularités de la route et de se montrer confortable la plupart du temps, malgré une monte en 19 pouces.

Ne pas avoir de moteur et boîte de vitesses à l’avant offre un bel avantage, le rayon de braquage est excellent. L’Aiways U5 est donc très maniable en ville ou lors d’une manœuvre, malgré ses 4m68 de long. Peu importe où l’on se trouve, il montre une certaine aisance sur tous les types de trajets. Sa polyvalence permet de l’envisager au quotidien, tout comme dans la cambrousse ou encore pour les départs en vacances. On regrettera par contre l’oubli de système de conduite « une pédale » qui renforcerait à nouveau la sérénité. Le frein régénératif trop imprévisible et parfois trop faible empêche de vraiment conduire par anticipation.

Côté chiffres, avec sa batterie de 63 kWh, il promet une autonomie de 400/410 km grâce à une conso de 16,8 kWh/100 en cycle WLTP. Dans la vraie vie, on tournera plus aux alentours des 20 à 25 kWh/100, de quoi osciller entre 250 et 300 km d’autonomie. Pour autant, dans un usage purement urbain et avec toutes les bonnes conditions réunies, il est capable de dépasser les 400 km. En courant alternatif (jusqu’à 6,6 kW) il faudra 10 heures pour recharger de 0 à 100 % et en courant continu (jusqu’à 90 kW), 35 minutes seront nécessaires pour passer de 20 à 80 %.

Quelques arguments pour déclencher l’achat

C’est avec des tarifs très agressifs qu’Aiways va tenter de se faire une place chez nous. Seules deux finitions sont disponibles, Standard et Premium, aux prix de 39 300 € ou 42 400 €. Avec sa motorisation électrique, il est évidemment éligible au bonus écologique de 7000 € (ou 5000 € pour les professionnels) ; mais aussi à la prime à la conversion. De quoi obtenir un véhicule, aux dimensions d’un Peugeot 5008, mais aux équipements haut de gamme et 204 chevaux, pour environ 30 000 €. De série, le SUV est par exemple livré avec l’ouverture main libre, l’écran tactile 12,3 pouces, la caméra 360° et les sièges électriques. La finition Premium ajoute entre autres des jantes 19 pouces, des sièges en cuir et chauffants ou encore le toit ouvrant.

Pour tenter de vous séduire, mais surtout vous rassurer, le constructeur Chinois met le paquet. Le Aiways U5 est garanti 5 ans ou 150 000 km. La batterie et son moteur sont même garantis 8 ans, ou 10 ans pour la corrosion. Aucun entretien obligatoire n’est préconisé avant les 100 000 km ou 5 ans d’utilisation. Mais en cas de pépins, 21 centres Feu Vert à travers la France ont été spécialement formés pour accueillir les clients et 50 autres devraient arriver en 2022. La marque s’est également associée à Gomecano.com pour de la mécanique à domicile (7 régions couvertes) et à 9 centres de carrosserie (Albax ou LeCoq).

Bilan plutôt positif pour l’essai de l’Aiways U5

Passé la peur de la nouveauté, ce nouvel Aiways U5 s’avère être une excellente voiture de tous les jours. Pour qui ne cherche pas un tempérament affûté, le SUV chinois se montre confortable et est un bon compagnon de route. Vous l’avez vu, quelques erreurs de jeunesse restent à améliorer rapidement, mais n’entachent pas ses bonnes qualités routières. Pour sauter le pas, rendez-vous jusqu’à fin avril au 27 boulevard Jules Ferry à Paris dans le showroom éphémère ou directement chez vous en contactant les 16 Geniux couvrant 26 agglomérations en France sur le site internet de Aiways.

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)

Fiche technique en bref :

Puissance : 150 kW (204 ch)
Couple : 310 Nm
Longueur : 4680 mm
Hauteur : 1700 mm
Largeur : 1865 mm
Coffre : 432 L à 1555 L
Poids : 1720 à 1770 kg
Capacité batterie : 63 kWh
Autonomie WLTP : 400 à 410 km
Consommation WLTP : 16,8 kWh/100 km
0 à 100 km/h : 7,8 secondes
V max : 150 km/h