Quelques mois après son restylage, la Peugeot 308 reçoit un nouveau moteur et une nouvelle boîte de vitesse. Suffisant pour la prendre en essai ? Oui.

Bon, la 308, on ne peut pas dire qu’elle soit inconnue sur le site. Pour moi non plus d’ailleurs : je suis encore allé essayer sa version restylée en juin dernier ! Là-bas, j’avais pu découvrir la nouvelle boîte de vitesse automatique à huit rapports sur le 2.0 diesel de 180ch, tandis qu’une courte virée en GT essence THP 205 m’avait enchanté au plus haut point. Et je ne suis manifestement pas le seul puisque la même version arrivera dans le garage de l’un d’entre nous quelques semaines plus tard… Bonne nouvelle : la BVA8 arrive sur ledit THP 205, qui prend au passage 20 chevaux et troque son appellation THP par PureTech –dans un souci d’homogénéisation de la gamme, j’imagine. Voici donc sous vos yeux ébahis la 308 GT PureTech 225 EAT8 !

Bon, pour le style extérieur, ça va aller très vite, tout le monde connaissant la 308 par cœur. J’avais peut-être un peu de mal avec la nouvelle face avant mais le temps a fait son œuvre et je trouve la voiture globalement plus réussie qu’auparavant, et ce Bleu Magnetic lui sied à merveille. De toute façon, en bleu, c’est mieux. L’arrière, lui, n’avait nul besoin d’être retouché : je le trouve toujours aussi moderne et réussi – malgré les deux sorties factices : j’aime pas les sorties factices. Allez, un petit détail pour tous les maniaques qui nous lisent : comment distinguer une 308 GT d’une simple GT Line ? Regardez le bouclier avant. Si la partie centrale est noire, banco, vous avez une GT en face de vous !

L’intérieur ? Ça ira aussi vite. J’avoue ne toujours pas comprendre les critiques portant sur la planche de bord, que certains trouvent démodée. Je trouve personnellement que c’est tout l’inverse, avec un dessin ultra fluide et moderne qui vieillit très bien. Le nouvel écran central arrivé avec le restylage lui a fait du bien : réactif, doté d’un très bon GPS connecté avec info-trafic et compatible Android Auto / Apple CarPlay, il n’a pas grand-chose à se reprocher. Concernant le débat « tout tactile », j’avoue que ça ne me gêne pas plus que ça. Alors oui, OK, les commandes de clim ne sont pas accessibles immédiatement. Après, j’ai roulé 890 km avec la bête et j’ai dû modifier ma température trois fois, quatre tout au plus. Est-ce que je me suis senti en danger ? Pas vraiment…

A part ça, les sièges en Alcantara sont très confortables, l’habitabilité est correcte, le coffre est fort accueillant avec ses 420 litres et je ne peux que vous enjoindre à cocher l’option du gigantesque toit vitré à 610 €. Il apporte tellement de luminosité qu’il serait dommage de s’en passer !

Mais bon, les nouveautés se passent sous le capot. Le moteur, d’abord ! Pour que le THP 205 évolue en PureTech 225, il a fallu le retravailler. Les modifs portent sur l’admission, avec un nouvel échangeur et un turbo doté d’une nouvelle wastegate, mais également sur l’échappement, qui accueille un nouveau catalyseur et un filtre à particules pour abaisser les rejets de particules fines -eh oui, un moteur essence à injection directe, ça rejette des particules fines. Pour autant, les taux de CO2 restent remarquablement bas, à 132 g/km. De fait, malgré ses 225 ch et 300 Nm de couple, la 308 GT essence n’est soumise qu’à 410 € de malus. Pour une Golf GTi DSG7, certes plus puissante de 20 ch, c’est 1 490 €…

La boitoto, ensuite. Bon, l’EAT8, on la connaît déjà sur la 308 GT diesel et d’autres modèles du groupe (lire l’essai du DS 7 par Gab’ ici et Thomas). C’est donc une boîte à convertisseur fournie par Aisin, avec comme promesse de moins consommer que l’EAT6 grâce à ses deux rapports supplémentaires, ses 2 kg d’économisés et son mode « roue libre » désaccouplant le moteur des roues quand les conditions sont réunies. Précisons enfin qu’elle vient avec un très joli levier, c’est important.

Oh le joli levier

Il est temps de croquer la route. Pour cela, appui long sur le bouton Start (mais vraiment long, c’en est presque perturbant au début), basculement du levier sur D et en avant Guingamp. Première bonne surprise : malgré les routes défoncées par l’hiver et les grosses jantes de 18 pouces, la 308 GT est d’un confort simplement remarquable. Au quotidien, le mélange PureTech 225 / EAT8 est une bénédiction : le moteur souple et coupleux s’accorde à merveille avec la douceur de la boîte…sauf à très basse vitesse, par exemple en manœuvres ou dans les bouchons : quelques à-coups peuvent alors surgir -rien de dramatique cependant. La sono Denon, une option à 510 €, s’occupe de nos oreilles avec un rendu remarquablement qualitatif. Les amis, on tient là un daily driver particulièrement redoutable…

L’autoroute, maintenant. Histoire de remonter mon taux de Tripel Karmeliet dans le sang, je suis monté jusqu’à Bruxelles goûter à la chaleur humaine des villes du Nord (Virginie, tu me manques !). Ici aussi, la 308 GT excelle. Huitième rapport, régulateur adaptatif en marche, on se laisse couler et on en profite même pour basculer en mode Eco, permettant de passer en mode roue libre dans les descentes et aux approches des péages. Avec toujours les 225 ch pour doubler sans trop se prendre la tête. Un bon point : les systèmes de reconnaissance de panneaux sont souvent atrocement ratés…sauf celui de Peugeot, que je n’ai simplement jamais réussi à prendre en défaut. Un mauvais point : le système de maintien en voie est très rapidement agaçant, avec des mini corrections quasiment sans arrêt. Hop, on le désactive et on l’oublie.

Mais il ne faudrait tout de même pas oublier qu’on a un moteur de 225 ch, un volant à méplat et un mode Sport ! Que se passe-t-il lorsqu’on hausse le rythme ? Ah, le mode Sport, parlons-en. C’est bien simple, sur les cinq jours du prêt, j’ai dû l’enclencher sur un cumulé de 2 minutes et 30 secondes, pas plus. Je fais un blocage total sur le bruit moteur artificiel, qui m’écorche les oreilles à tel point qu’il m’empêche de rouler en mode Sport. Il est tellement faux, tellement artificiel… Une vraie misère. Et le pire, c’est qu’il n’est pas déconnectable ! Revenons donc en mode normal.

oups

Ce n’est pas pour autant que la 308 se calme : le moteur ne se fait pas prier pour monter dans les tours et fait preuve d’une allonge assez remarquable. La boîte suit sans sourciller et égrène les rapports toujours au bon moment. C’est d’ailleurs pour moi la plus grosse avancée de l’EAT8 sur l’EAT6, à qui j’ai toujours reproché une paresse à changer de rapport, parfois problématique lorsqu’il s’agit de rétrograder. Là, aucun problème : on rentre dans les courbes toujours avec le bon rapport. Parfait, on va pouvoir se concentrer sur le châssis ! Et quel châssis, mes enfants, quel châssis. La 308 GT enroule, se pose sur ses appuis et n’en sort pas. Une efficacité extrême, certes, mais qui n’oublie pas d’être communicative : le conducteur reçoit suffisamment d’informations par la direction, fort bien calibrée. La preuve qu’on peut aisément se passer de ce satané mode Sport ! Vous l’aurez compris : en rythme soutenu, la 308 GT est simplement royale. J’ai adoré.

Vous salivez ? Il faut quand même passer par le tarif. C’est d’ailleurs assez particulier : en boîte manuelle, le THP 205 officie toujours, et est dispo à partir de 32 150 €. Pour le PureTech 225 EAT8, comptez 2 500 € de rab ! Au final, mon exemplaire culminait à 36 730 €. Rien d’extravagant donc au vu des prestations, et ça ira encore mieux quand je vous aurai rappelé que le malus est seulement de 410 € et que ma consommation moyenne est restée bloquée à 6.8 l/100 km… Oui, une compacte de 225 ch consomme moins qu’une Fiesta de 100 ch.

Voilà. Si vous ne l’avez pas compris, j’ai été complètement soufflé par la polyvalence de la voiture. C’est bien simple, elle est à l’aise partout : la ville ? A part les petits à-coups, RAS. L’autoroute ? Elle adore ça ! Les portions sportives ? Elle s’y régale –et nous aussi. Peu de voitures méritent autant l’appellation Grand Tourisme que la 308 GT…

Merci à Peugeot pour l’aimable prêt.

Crédit photos sexoches et glamouzes : Jean-Baptiste Passieux

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