Ferrari & Maserati : Effondrement des ventes…

… sur le marché italien ! Et pas dans les petits pourcentages puisque les ventes du constructeur de Maranello ont chuté de 51.5% et celles de la marque au trident de 70% sur le premier trimestre 2012. Du jamais et un vrai coup de mou et de blues dans les deux réseaux de vente transalpins.

L’Italie de l’ère Mario Monti semble ne plus apprécier ou supporter le luxe et notamment les belles demeures et les voitures de luxe. A cela plusieurs raisons. On commencera, nous en avons déjà parlé de nombreuses fois, par l’augmentation importante des taxes sur les voitures de luxe ou puissantes. Dans une moindre mesure on n’oubliera pas que le carburant en Italie est encore plus cher que chez nous et c’est aussi et surtout le fait de l’application d’une disposition législative, ignorée et empêchée durant les longues années Berlusconi, qui permet à la Guardia di Finanza de traquer les fraudeurs du fisc, les anciens profiteurs du système soutenu par les précédents gouvernements et qui ont pu durant de très longues années se “sucrer” sur le dos d’une partie de la population italienne qui travaillait de manière hélas frauduleuse ou dissimulée pour le plus grand profit de certains qui ont usé et abusé des dispositions berlusconienne.

Les distributeurs commencent à se plaindre de la baisse inquiétante des ventes de voiture de prestige du fait d’une politique trop dure, trop répressive financièrement pour les “riches” acheteurs qui ne sont pas tous, loin s’en faut hélas, très clean. On ajoutera une vraie multiplication des contrôles fiscaux dont le très médiatique contrôle fiscal fait en fin d’année 2011 du coté de la très chic station de Cortina D’Ampezzo où 80 inspecteurs ont opéré plusieurs dizaines de contrôles parmi les commerçants, entrepreneurs et notable de la ville. Au final le constat que ces italiens aisés déclaraient des revenus plusieurs centaines de fois inférieurs à la réalité. Le mal est profond dans le pays puisque parmi les foyers italiens déclarant moins de 20.000€/an c’est à dire pas loin de 70% de la population italienne, les services fiscaux ont revelé qu’il y a 118.000 propriétaires de voitures de grand luxe (pas du premium à 30 ou 40.000€ !), 42.000 bateaux ou yachts de plus de 10 mètres de long mais aussi 518 avions et hélicoptères. Le fisc italien ne donne pas de chiffre précis mais parle tout de même de plusieurs centaines de milliers de logements pas vraiment en adéquation avec les revenus “officiels” de leurs propriétaires.

Depuis l’arrivée de M.Monti, la Guardia di Finanza et l’Agence nationale des recettes fiscales disposent vraiment de gros moyens pour traquer les fraudeurs, ainsi sur l’année 2011 ce sont 12.5 milliards d’euros qui ont été récupérés dont la majorité sur les 4-5 derniers mois de l’année. En 2012, les “blitz” fiscaux vont s’intensifier en Italie et le gouvernement compte récupérer cette année quelques 24 ou 25 milliards d’euros mais les services fiscaux font tout de même remarquer que le montant total de la fraude est de l’ordre de 125-130 milliards d’euros et il faudra quelques années pour apurer la situation. Il semble que le phénomène se sente jusque sur la Riviera puisque la loi italienne qui peut désormais s’appliquer permet de pourchasser les fraudeurs jusqu’en France notamment. Chez nous cela se verrait au nombre de belles demeures et belles voitures discrètement mises en vente dans le sud ou dans les stations huppées des Alpes.

Une chose est sure, si les vendeurs Ferrari et Maserati ont le moral dans les chaussettes, ce n’est pas le cas des imprimeurs et vendeurs de papiers italiens puisque les commandes de formulaires fiscaux ont augmenté de 60% depuis le début de l’année… Les vendeurs de Bic doivent aussi se frotter les mains ! Reste que la combinaison de tous les facteurs cités précédemment n’aide pas le secteur du luxe en Italie qui marque vraiment le pas dans tous les compartiments (mode, immobilier, ameublement, joaillerie, automobile, bateau) mais cela ne dérange nullement le gouvernement Monti qui dit que pour une fois, peut être même la première de son histoire, l’Italie a pris le bon pli !

Une affaire qui ne va par ravir Sergio Marchionne et son objectif de vendre 50.000 Maserati par an en 2015.

Via LaRepubblica,LeFigaro, Caradisiac.

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