Le titre aurait plutôt du être : « Chez Ferrari, Marchionne, patron de FCA, renvoie Montezemolo dans ses cordes ! » mais cela aurait fait bien trop long.
Il y a quelques semaines, la rumeur voulait que Luca Cordero di Montezemolo soit partant de Ferrari  pour aller prendre la direction de la compagnie aérienne italienne Alitalia récemment passée sous le contrôle d’investisseurs du Moyen Orient. Il n’en était rien et le patron de Ferrari confirmait qu’il restait aux commandes de l’entreprise.

Sergio et Luca.1

Il y a une petite semaine, à l’approche du GP d’Italie, la rumeur reprenait corps avec l’annonce (bis) du départ de Montezemolo pour Alitalia et l’arrivée de Marchionne comme nouveau patron du réputé constructeur. Et là d’un coup, les ferraristes et les amateurs on cru défaillir en voyant se profiler à l’horizon 2017/2018, un gros SUV et une berline (avec un gros diesel probablement…). Mais cela n’était qu’une rumeur de plus. Néanmoins, Luca di Montezemolo a cru bon de recadrer les choses en expliquant que si il y avait des choses à dire sur sa gestion et sur son avenir, ce serait lui même qui ferait les annonces et ceci quand il le voudrait ! On pensait l’épisode clôt mais il n’en était rien puisque l’administrateur délégué jamais avare d’une sortie médiatique y est allé de son propos dans un entretien accordé ce week end au journal italien Il Messaggero. Et sans y aller avec le dos de cuillère, le patron de FCA de « tacler » le boss de Ferrari en parlant de la compétition et de la position d’employé de Montezemolo.

Voici ce qu’a dit Sergio Marchionne au sujet de la Formule 1 : « La chose importante pour Ferrari, ce ne sont pas seulement les résultats financiers, mais aussi la victoire. Cela fait six ans que nous n’avons pas gagné. Nous avons deux champions du monde, Fernando Alonso et Kimi Raikkonen. C’est un énorme souci pour moi. Les choses ne vont pas bien depuis trop longtemps.C’est une chose de vendre des voitures et un autre d’avoir des résultats, mais il est essentiel pour nous que Ferrari gagne en Formule 1.C’est un objectif parfaitement clair et nous ne pouvons pas accepter d’autre alternative. Je ne veux pas voir de pilote à la septième ou la douzième place. Ca ne m’intéresse pas, ça n’a pas de rapport avec ce qu’est Ferrari ! » 

Le propos a le mérite d’être clair, explicite et nous le constatons tous depuis quelques années malgré la présence de deux bons pilotes, Ferrari ne gagne plus et ne fait plus vraiment rêver au delà du nom et du Rosso Ferrari. Et ce n’est pas l’annonce il y a une dizaine de jours de la fourniture de moteurs au Haas Racing pour les prochaines saisons qui changera la donne…

Pour parler de l’entreprise Ferrari et de la position de Montezemolo, nous avons l’impression que l’administrateur a sorti les gants… de boxe puisqu’il explique sans ambages : « Il faut rappeler que Ferrari est détenue à 90% par Fiat, les 10% restants appartenant à Piero Lardi Ferrari avec qui nous entretenons les meilleurs relations possibles.C’est une des sociétés dans la galaxie du groupe Fiat. Ferrari a été confiée à Luca di Montezemolo avec deux objectifs principaux :
-assurer son indépendance
– vaincre en Formule 1
Cela étant, et ça vaut pour lui, pour moi comme pour d’autres, nous sommes au service des actionnaires. Si les actionnaires changent d’idée, ou s’il n’y a pas ou plus de convergences des différents objectifs, les choses bougeront.
Le départ de Luca n’est pas à l’ordre du jour. Nous avons besoin de tout le monde, mais personne n’est irremplaçable.Les résultats économiques de Montezemolo sont très bons mais dans cas de Ferrari, un dirigeant doit aussi être évalué à l’aune de ses résultats sportifs. »

Voilà les choses étaient recadrées et dites mais hier soir ça ne devait pas être la joie dans le motorhome de la Scuderia après l’abandon de Fernando Alanson et la piètre neuvieme place d’un Kimi Raïkkonen qui n’est plus que l’ombre de lui même.

Sergio et Luca.2

De son coté, Luca di Montezemolo, un peu le gardien du temple de Maranello assurait dans le week end vouloir rester au moins trois ans encore à la tête de Ferrari. L’homme qui a vécu professionnellement chez Ferrari depuis 1973 et qui est à sa tête 23 ans semble donc un peu moins dans les petits papiers de Sergio Marchionne qui, pourrait, sous l’impulsion de certains actionnaires plus interessés par les dividendes que la passion automobile, pousser Montezemolo vers la porte. Et à ce moment, le pire serait à craindre notamment si… euh ben non je n’ai rien dit !

Via Il Messaggerro, BBCNews, ESPNF1, HuffingtonPost.
Crédits photographiques : Motorsport.com.