C’est de tradition chez Ferrari, le culte du secret et l’absence de fuite ont de nouveau fonctionné. Il est rare en effet que l’on puisse deviner bien en amont ce qui se trame du côté de Maranello. C’est donc ce matin que le monde entier a découvert SP38, la dernière née de la fameuse lignée des Special Projects dont nous vous avons déjà parlé sur le blog.

Pour ceux qui, on ne sait pas trop pourquoi, ne voudraient pas se plonger dans la lecture de ce passionnant article de l’an passé, on rappellera en deux mots que les SP sont simplement des voitures vraiment sur mesure, créée théoriquement à un seul exemplaire selon les desiderata du client. Nous sommes un gros cran au dessus du Tailor Made. Selon la nomenclature non officielle, SP38 est en fait SP11, mais le client est roi…

La voiture est conçue sur le châssis et le couple moteur / boîte de la 488 GTB, une excellente base pour tout amateur de voiture à tendance sportive. 670 chevaux issus d’un V8 de 3,9 litres à double turbo, 760 Nm de couple : Ferrari fait mieux avec le bloc de la Pista mais est-ce si important ? Non, ce qui compte avant tout, c’est d’avoir une voiture qui ne ressemble vraiment à aucune autre.

SP38 se veut un hommage à la F40. Côté style, hormis le capot moteur lamellé, on ne voit pas très bien. Ferrari nous indique l’aileron arrière mais bon… En revanche, côté moteur, l’architecture de base est identique. Ferrari nous fait également part d’une inspiration de la 308 GTB avec cette lamelle noire qui parcourt l’avant du pare-choc. On a vu hommage plus appuyé mais soit…

De façon moins marketing et plus poussée, l’inspiration la plus évidente nous vient de la Ferrari J50, une édition très limitée d’une 488 Spider totalement recarrossée à 10 exemplaires, tous livrés au Japon, qui nous avait été révélée fin 2016. De profil, le lien est évident, notamment marqué par les éléments fixes de la 488 que sont les indispensables entrées d’air. Le becquet à l’arrière en forme d’aileron intégré, le design des jantes, la descente du capot moteur, la remontée de la ligne de caisse après la vitre latérale, le plissé de carrosserie qui s’élargit vers les roues arrières, le nez effilé et les phares réduits au minimum… la liste des similitudes et longue. La voiture trouve tout de même sa propre identité de face surtout avec un avant doux et lisse sans être fade, qui ne ressemble à rien de connu en Italie.

L’arrière est plus torturé. On retrouve la double sortie d’échappement remontée, caractéristique habituelle des versions Scuderia, Speciale ou Pista. L’aileron se prolonge sur tout le tour de la voiture pour terminer sa course au niveau du diffuseur arrière. Les doubles phares ronds traditionnels sont bien présents mais plus discrets qu’à l’accoutumée. le capot moteur est percé de 2 fentes rappelant le dessin de l’aileron mais la vitre n’est plus transparente comme sur la plupart des berlinettes V8 mais opaque, couleur carrosserie.

D’un rapide échange dans la rédaction du blog, on s’accorde sur la qualité du dessin et la personnalité unique de l’auto. Il faut dire qu’elle fuit la mode actuelle du tout aileron pour faire concurrence aux LMP1 au bénéfice d’une ligne sobre et élégante et même de jantes “qui ne sont pas noires et que ça fait du bien aux yeux”.

Bien que basée sur la 488 GTB et non pas sur la Pista (ou même la J50 dont le moteur gagne 20 chevaux par rapport à la GTB), SP38 se veut tout de même dédiée à la conduite rapide. Son acquéreur est en effet un passionné de course automobile et a profité de la proximité immédiate du circuit de la marque pour aller user son premier train de pneus dans la foulée de sa prise de livraison (“hot laps” en VO).

Avis aux lecteurs qui feront le voyage, SP38 sera visible dès ce weekend lors du très couru concours d’élégance de la Villa d’Este (compte rendu 2017 à lire ici). Pour la suite, en l’absence d’information sur son propriétaire, on croise les doigts…

Crédits photos : Ferrari