Petit coup de sang de l’administrateur délégué dans un entretien donné au Corriere della Sera qui a annoncé sans détour  » Les usines Fiat en Italie ont l’opportunité d’exporter vers les USA. Il faut saisir cette opportunité tout en étant compétitif faute de quoi nous devrons fermer au moins deux des 5 usines Fiat en Italie »

Le chairman du groupe Fiat-Chrysler de poursuivre : »… l’affaiblissement de l’euro par rapport au dollar doit aider mais il faut que nous ayons des coûts compétitifs. Toutes les usines auront leur place. Nous avons tout pour réussir à saisir l’opportunité de travailler de façon compétitive en Europe mais également à destination des USA. » Mais la mise en garde est claire et sans appel, deux sites italiens sont menacés mais le patron de Fiat n’a pas voulu révéler les noms des usines concernées (Mirafiori qui tourne à petite vitesse devrait être dans le lot !).
Le patron du groupe italo-américain explique que le coût horaire US est bien plus élevé que le coût horaire italien mais les usines américaines travaillent avec flexibilité, un taux d’activité compris en 80 et 100% (si ce n’est plus) et elles sont rentables. Ainsi on sent avec cette annonce que Sergio Marchionne veut mettre la pression sur les salariés et les syndicats italiens encore un peu plus qu’avec le fameux contrat de travail « Marchionne » ratifié par les sites de Mirafiori et Pomigliano en 2011 et imposé désormais à l’ensemble du groupe automobile depuis le 1er janvier dernier. Cette disposition, totalement hors convention collective a d’ailleurs obligé Fiat à se retirer de toutes les organismes et fédérations officielles depuis le début 2012.

Reste maintenant à savoir ce que veut produire Sergio Marchionne en Italie, bien sur des Fiat, peut être quelques Alfa (on peut en douter !), des Jeep et donc si l’on en croit ses propos, des autos à destination du marché nord américain ce qui n’est pas gagné d’avance car on voit mal des Panda, Bravo, Qubo ou Musa trouver un quelconque débouché en Amérique au delà de quelques centaines d’exemplaires. Les futures Alfa Romeo seront américaines, les Lancia (hors delta et Musa) sont américaines, alors quelques autos en Italie au delà du crossover compact attendu dans 18-24 mois. Pas gagnée cette affaire turinoise d’autant que les remous sociaux et syndicaux pourraient être nombreux et importants notamment si on se rappelle le cas de l’usine de Termini Imerese en Sicile fermée en fin d’année 2011 et vendue à DR Motor (pour le chinois Chery).

A un moment où Fiat plonge sur le marché européen avec l’ensemble de ses marques généralistes, on se demande ce qu’il va falloir produire en Italie afin de pouvoir exporter outre Atlantique. Reste que le cas de Fiat et ses surcapacités de production n’est pas unique en Europe actuellement mais l’affaire est plus importante car le groupe turinois est le premier employeur direct et indirect de la péninsule italienne.

Via Corriere della sera.