Les temps changent… Dans les années 60, l’arrivée de la Ford Mustang a marqué les esprits. Pensez donc : un coupé moderne, bien motorisé, à prix abordable. Tout ce qu’il fallait pour satisfaire la génération née du baby-boom d’après-guerre, d’autant qu’elle a été combinée à un implacable machine marketing qui a permis à Ford d’en vendre des millions. La recette a fonctionné quelques années avant que la Mustang ne sombre dans la décadence. Plus lourde, moins puissante, moins belle, elle n’est revenue à ses fondamentaux qu’en 2005. Enfin. Mais aujourd’hui, c’est tout autre chose que Ford nous propose avec la Mustang Mach-E.

Car ce modèle se veut tout aussi révolutionnaire que la Mustang en étant la première voiture électrique de Ford, conçue comme tel, et qui ne connaîtra pas de dérivé thermique. Alors, oui, c’est un SUV, la silhouette la moins révolutionnaire du moment. Au point que sortir une berline aujourd’hui relève du miracle. Mais Ford revendique des performances de haut niveau et un état d’esprit qui appelle à un retour aux sources

La Mustang Mach-E reprend bon nombre de gimmicks de style du coupé : les feux arrière à barrettes, des ailes musclées, un long capot nervuré et une calandre qui pourrait être agressive, si elle n’était pas occultée par un élément plein, frappé du mustang. Visuellement, c’est plutôt réussi, et la Mach-E s’inscrit clairement dans la tendance des « SUV coupés ». L’ensemble est avenant, dynamique et devrait se remarquer sans peine dans la circulation. On pourra néanmoins lui reprocher les inévitables flancs très hauts et une certaine lourdeur de la porte de hayon, ce qui est le lot de tous les SUV. Les dimensions de la Mustang Mach-E sont assez mesurées pour un véhicule américain : 4,71 m de long, 1,88 m de large et 1,60 m de haut. Le poids atteint les deux tonnes, pas de miracle à attendre de ce côté, et on peut se poser des questions quant au caractère dynamique de l’ensemble.

Dans l’habitacle, c’est le grand coup de balai et vous pourrez sans peine reconnaître l’inspiratrice. Disons-le clairement : ça ressemble bougrement à du Tesla. L’instrumentation se limite en tout et pour tout à un petit écran LCD horizontal derrière le volant, et l’écran multimédia central prend la forme d’une très grande dalle au format portrait. Toute ressemblance n’est pas forcément fortuite, évidemment, mais cela a l’avantage de dégager un énorme espace à vivre.

En parlant d’espace justement, le capot avant ne cache évidemment pas un bon gros V8 de 289 ci de cylindrée, mais un coffre de 100 litres, lavable au jet, avec bouchon de vidange. Le hayon arrière abrite un espace de 402 litres, plutôt faible pour une familiale. 500 litres de coffre au total, c’est notoirement insuffisant. Petit gadget : les portes peuvent notamment se déverrouillent grâce à votre téléphone.

Plus enthousiasmantes sont les motorisations, et ça devient un peu complexe :

  • 258 ch / batterie de 74 kWh / propulsion / autonomie de 450 km WLTP
  • 285 ch / batterie de 99 kWh / propulsion / autonomie de 600 km WLTP
  • 258 ch / batterie de 74 kWh / transmission intégrale / autonomie de 420 km WLTP
  • 377 ch / batterie de 99 kWh / transmission intégrale / autonomie de 540 km WLTP
  • 465 ch pour la version GT dont les caractéristiques ne sont pas toutes connues

Toute les versions sont bridées à 180 km/h, le 0 à 100 km/h étant annoncé “au pire” en 8 secondes, la GT effectuant l’exercice en 5,2 secondes. On reste très loin des capacités d’une Tesla Model X, mais le prix n’est pas comparable non plus : à partir de 48 990 € en version de base, il atteint 69 500 € en First Edition 4RM. Quant à la version GT, attendez plutôt 80 000 € environ. La Mustang Mach-E sera disponible en Europe d’ici l’automne 2020.

Le Ford Mustang Mach-E regroupe tout ce qui est tendance actuellement : SUV, Coupé, Electrique, allure dynamique, techno embarquée importante. Selon toute vraisemblance, il devrait être un succès commercial avec un tarif plutôt bien étudié. Reste son patronyme, qui pourra faire râler. Une Mustang 4 portes électrique, ce sera définitivement “non” pour les bagnolards purs et durs, et cet avis se respecte. Pour d’autres, ce sera au contraire un argument de vente en béton et la démarche de Ford est ici similaire à ce que Porsche a réalisé avec les Cayenne ou Macan, ou Lamborghini avec l’Urus, avec le succès que l’on sait. Ce sera au client de décider si Ford a vu juste.

Crédits photos : Ford