Aaah, les amours sont fugaces ! Hier je vous parlais de la Bentley Mulliner Bacalar comme de la plus belle voiture du monde. J’y croyais vraiment, j’étais prêt à refaire ma vie avec elle. Et patatras, une jeunette pointe à peine le bout du capot le lendemain que mon cœur défaille, à nouveau. Mais à ma décharge, l’Aston Martin V12 Speedster est extrêmement séduisante, non ?

Aston Martin aura mis longtemps à concrétiser l’idée de la CC100 Speedster Concept de 2013. Tellement longtemps qu’ils ont un peu loupé le coche et laissé Ferrari, McLaren et même Bentley leur passer devant pour proposer une barquette. La recette est simple : on prendre une plate-forme existante, on supprime tout le superflu et on habille le reste d’une carrosserie légèrement extravagante et sportive, en édition limitée. Le résultat, qu’il se nomme Monza, Elva, Bacalar ou Renault Wind marche à coup sûr et vient magnifier la gamme d’un constructeur.

Pour Aston Martin, c’est a priori la petite Vantage qui vient donner son châssis moderne et compact. La V12 Speedster applique à la lettre la recette donnée ci-dessus. Le département Q a ainsi conçu sa barquette en piochant son inspiration non seulement dans les lignes du coupé Vantage, mais également dans le défunt concept CC100 et même, de façon plus lointaine, dans la DBR1, vainqueur au Mans.

La calandre est indéniablement celle d’une Vantage, légèrement retravaillée, il en est de même pour l’aileron arrière reprenant le dessin en arche du coupé susnommé.

Débarrassé de tout le superflu (pare-brise, arceau), la V12 Speedster se contente de deux bossages profilés derrière les deux heureux passagers. Une imposante séparation d’habitacle vient apporter de la rigidité à la caisse. La ligne est superbe, mais je suis extrêmement partial sur le sujet ! Seule fausse note : le capot avant et son aération qui font pièce rapportée.

La V12 Speedster accueille, comme son nom l’indique… Un V12. Brillante déduction qui cache surtout une évolution possible de la gamme Vantage vers une V12 Vantage bien plus puissante que le modèle V8. Le modèle installé dans la Speedster est l’évolution la plus performante (700 ch) du bloc 5,2 litres biturbo, déjà rencontré sur la DBS Superleggera.

Les performances sont secondaires avec ce type de véhicule, tant les sensations sont présentes dès qu’on dépasse les 30 km/h. La Speedster est heureusement capable de 10 fois plus (limitée), et d’atteindre 100 km/h en 3,5 secondes. Amplement suffisant.

L’habitacle, mélangeant impression 3D de caoutchouc, cuir, chrome et aluminium est inédit et ne ressemble à aucun autre modèle de la gamme. Elle n’en oublie pas quelques aspects pratiques : une sacoche en cuir fait office de boîte à gants, le coffre arrière abrite des rangements pour casque et de quoi loger un petit sac de voyage.

Bourrée de charisme et de sensations, la V12 Speedster fait payer cher ses prestations : comptez environ 1 M€ pour chacun des 88 exemplaires qui sera produit. Il en reste, a priori. Je vais donc de ce pas tenter ma chance et vendre quelques organes.

Crédits photos : Aston Martin