Arnaud Montebourg et Heuliez

L’affaire a commencé ce matin sur iTélé avec le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg qui n’a pas mâché ses mots au sujet de l’entreprise des Deux Sèvres en déclarant : « Ça fait trois fois qu’on a aidé. Nous ne sommes pas là pour mettre des ressources rares dans des entreprises qui n’ont pas d’avenir ! Si, chez Heuliez, nous arrivons à trouver des solutions avec des pourvoyeurs d’ordres, des commandes, cela sera très facile.  L’avenir d’Heuliez ne passe pas aujourd’hui par l’injection de nouveaux fonds de l’Etat, qui a déjà largement soutenu l’entreprise. Il passe par le décrochage de marchés. Ce n’est pas un problème de subvention. C’est un problème de décrochage de marché. Or, le problème aujourd’hui, c’est que nous n’arrivons pas avec cette entreprise à trouver et garantir un avenir avec des commandes obligatoires pour pérenniser le futur. »

Le ministre a logiquement écarté une nationalisation et s’en remettait ce matin à la décision du Tribunal de commerce de Niort qui statuait aujourd’hui sur ce dossier Heuliez qui traine depuis bientôt six ans et trois dépôts de bilan. Il y a trente minutes, le tribunal a rendu sa décision. Faute de repreneur (la proposition de l’espagnol Cosmo XX1 a fait long feu !), le tribunal se donne jusqu’au 30 septembre pour fixer le sort des 290 salariés de l’équipementier. Selon Xavier Cailloux, délégué syndical CFDT qui assistait à l’audience, le tribunal se dirige vers une liquidation de l’entreprise avec poursuite de l’activité de fabrication durant un mois ce qui laisse le temps nécessaire pour procéder aux livraisons des dernières commandes en cours. Toujours selon le délégué syndical, le ministre pourrait venir à Cerizay pour voir que les salariés croient encore  à l’avenir de l’entreprise et en discuter avec eux.

Reste quand même un problème, c’est celui du Conseil Régional dirigé par Ségolène Royal qui a voté discrètement le 13 septembre dernier en faveur de la création d’une société d’économie mixte (SEM) dont l’objet sera de soutenir l’entreprise Heuliez quoiqu’il arrive sur le marché. La présidente de la région a d’ailleurs été dans un tout autre sens que le ministre en déclarant ces derniers jours : « On n’a pas le droit de laisser tomber Heuliez. Seule la région peut maintenir Heuliez à flot en attendant une éventuelle commande. Il y a un contexte transitoire à aménager. Il faut tenir en attendant [NDLA : même si si aux frais des contribuables de la région !]. Avec une telle annonce, S.Royal préparait probablement l’annonce de sa SEM. Il faut se rappeler que la société a déjà été sauvée de la liquidation par la région. C’était il y a 4 ans et la région Poitou Charentes était entrée dans le capital d’Heuliez à hauteur de cinq millions d’euros (via le Fond Stratégique d’Investissement) auxquels il faudra ajouter une avance remboursable de 2,8 millions d’euros. La région a déjà investi à fonds perdus dans cette entreprise et pas sur que mettre des millions d’euros venus de l’argent public change vraiment la donne d’une société qui n’a pour elle aujourd’hui qu’un nom et une histoire !

Nous n’oublierons pas dans cette affaire, l’avenir de Mia Electric qui n’est pas vraiment rose malgré l’arrivée de nouveaux propriétaires. Bien que venus avec de bonnes intentions et le sourire aux lèvres (comme toujours  au moment de la reprise !), je rappellerai que le mois dernier Mia Electric n’a immatriculé aucune voiture…malgré une baisse substantielle de la tarification des 3 modèles.

Via AFP, iTélé, Europe1, LePoint.