Oui, je sais, encore un SUV. Mais celui-ci vient d’une marque qui en vend pas mal depuis quelques années. En effet, depuis 2001 avec le Santa Fe, Hyundai a vendu en Europe plus d’1,4 millions de SUV. Son dernier en date, le Tucson, s’est vendu lui à plus de 250 000 unités. Nous allons voir si ce Kona connaîtra le même réussite.

Hyundai, nous a invité à côté de Marseille pour découvrir son SUV compact qui possède un style assez marqué. On aime ou on n’aime pas. Pour ma part, je dois avouer qu’avant de le voir en vrai, j’avais beaucoup de mal avec avec la surabondance de détails à l’avant ou à l’arrière. En vrai, en s’attardant plus amplement sur la voiture il faut dire que ça marche plutôt bien dans l’ensemble.

Même si il est vrai que la surcharge de blocs optiques peut paraître un peu maladroite, le Kona se différencie parfaitement du reste de la concurrence avec un style qui lui est propre. Reste malgré tout un élément que je n’explique pas : cette fausse bouche d’aération sur le haut de calandre à l’avant de l’auto. Un élément stylistique qui ne sert à rien et qui n’est pas des plus esthétiques à mon avis.

Le Kona annonce la couleur avec un physique trapu de baroudeur. Les passages de roues renforcés avec du plastique, les faces avant et arrières larges et protégées pour amplifier l’aspect tout terrain donnent au petit Hyundai, une personnalité propre. Tout cela se traduit par une taille assez importante pour la catégorie : 1,80 m de large, 4,16 m de long et 1,56 m de haut. Quand son concurrent et cousin Stonic, essayé ici, mesure 2 cm de moins en longueur, 4 cm en largeur et en hauteur. Ce surcroît de dimension, peut-être léger pour vous, se traduit par une impression de mini 4×4 pas étranger à la conception de l’auto.

Le Kona est en effet pourvu d’une transmission intégrale sur le modèle le plus puissant de la gamme, le 1,6 T-GDI de 177 ch accouplé avec une boite à double embrayage DCT7. C’est plutôt rare sur le segment.

A l’intérieur, la qualité perçue est plutôt bonne pour une coréenne. Les matériaux sont meilleurs que chez son cousin Stonic, que ce soit au niveau des plastiques de planches de bord ou même de la qualité de la sellerie. Mais ils ne boxent pas dans la même catégorie niveau tarif. Là où le Kia débute à 16 990 €, le Hyundai s’affiche en entrée de gamme à 20 500 €. Une différence de prix qui se traduit par un choix de matériaux différent. La stratégie du groupe fonctionne donc bien, les deux SUV ne devrait pas trop se cannibaliser.

Côté rangement, on est bien servi. Entre les contreportes, la boite à gants et le vide poche placé sous l’accoudoir vous devrez y trouver assez d’espace pour placer tout votre bazar, on est dans le standard haut de la catégorie. De même avec le coffre, qui avec ses 361 litres, est tout simplement dans la moyenne des SUV compacts.

L’affichage tête haute est disponible pour la première fois sur un modèle de la marque coréenne. Un HUD qui est d’une qualité et d’une luminosité rarement vue ailleurs que chez un premium. Il dispose bien entendu d’un affichage couleur, de l’affichage de votre vitesse et de la limitation de vitesse en vigueur sur la route empruntée, des instructions de navigation, du régulateur/limiteur de vitesse. Mais aussi des éléments de sécurité active comme la surveillance des angles morts, de l’assistance au maintien de voie ou encore du freinage d’urgence. Il affiche aussi la station ou la piste audio en pop-up si besoin. Un système très complet et d’une luminosité de 10 000 candela/m², qui est difficile à mettre en défaut même sous le soleil provençal.

Autre technologie embarquée, le désormais traditionnel écran 8 pouces, disponible dès le deuxième niveau de gamme (7 pouces sur l’entrée de gamme). Sur notre modèle haut de gamme, nous avions un système audio 8 haut-parleurs d’assez bonne qualité de la marque Krell. Mais aussi la navigation Tomtom, la compatibilité Apple CarPlay et Android Auto, la radio numérique terrestre ou encore la recharge par induction pour votre iPhone 8 tout neuf. Bref tout ce qui vous permettre de faire des kilomètres dans l’ambiance de votre choix.

Comme d’habitude sur les coréennes, l’équipement est pléthorique ! Que ce soit niveau sécuritaire (freinage d’urgence autonome piéton ou véhicule, assistance active au maintien de voie, la détection de fatigue du conducteur, la surveillance des angles morts, la détection de circulation transversale) ou de confort (volant chauffant, sièges avant chauffants et ventilés, régulateur/limiteur de vitesse, caméra de recul) et presque tous disponibles dès le deuxième niveau de gamme.

Dans l’ensemble, un intérieur peut-être un peu classique mais rehaussé de touches d’orange pour s’accorder avec le « Tangerine Comet » de notre exemplaire d’essai. J’aurais aimé un peu plus de folie mais c’est déjà pas mal pour une coréenne.

Allez passons à la conduite ! Sur l’ensemble de l’essai, nous avons plus roulé sur des routes de montagne, que parcouru notre bonne ville de Marseille, comme dirait le commissaire Gilbert. Nous sommes même passés par le fameux col de l’Espigoulier. Des routes pas forcément idéales pour notre modèle d’essai avec ce petit 3 cylindres de 120 ch. A allure plus tranquille, le moteur se trouve par contre tout à fait honnête.

La gestion de la tenue de route est très bonne, voire peut être trop bonne. Le tarage des suspensions, un peu trop dures, néglige le confort des passagers pour accroître ses qualités dynamiques. En virage, la voiture se comporte tout à fait sainement. J’aurais aimé pouvoir essayer la version 4 cylindres de 177 ch, pour voir si avec ce surcroît de puissance le plaisir de conduite est encore plus présent.

Ce petit 3 cylindres a au moins pour effet de pouvoir s’amuser un maximum avec l’auto, sans se soucier d’une vitesse trop excessive. Et c’est vrai que j’adore ce genre d’autos : peu de puissance, bon châssis, boite de vitesse bien guidée.

En ville, rien à redire, il fait le job. Même si il est vrai que sa largeur d’1,80m entraîne parfois des difficultés pour se mouvoir dans certaines petites rue de Marseille.

Avec mon confrère Jalil d’ABCMoteur, nous avons parcouru sur l’ensemble de notre essai environ 400 km. En conduisant comme nous l’avons fait, nous avons eu du mal à descendre sous les 8 voire 9 litres aux 100 km. Pour une conduite plus « normale », ne pensez pas descendre sous les 7 litres. Les relances perpétuelles du petit 3 cylindres l’empêchent d’être plus sobre.

Face à une concurrence toujours plus importante, Hyundai a décidé de jouer le style avec ce Kona. Ce choix n’est pas fait au hasard car 60% des gens qui achètent ce type de véhicule le choisissent pour son style extérieur. Pour ma part, je dirai que le Kona a ce qu’il faut pour séduire, même si j’ai émis quelques réserves plus haut. Hyundai ne joue pas non plus le tarif agressif, avec une entrée de gamme à 21 400 €. Notre modèle essayé s’affiche à 25 900 €, de quoi craquer pour ces 4 500 € vu les équipements disponibles sur cette version haut de gamme.

Pour conclure, oui ce Kona est différent, oui il est sympa à conduire et oui le moteur est un peu petit mais très agréable au quotidien. Mais cette image différente et l’expertise de Hyundai dans les SUV feront-elles le poids face à la concurrence pléthorique sur ce segment ? Nous verrons bien.

Merci à Hyundai pour l’invitation.

Photos : Ugo Missana