Entre garanties infinies, équipement pléthorique et look dynamique, les voitures coréennes ont de plus en plus la cote auprès des Français… Et dans le segment des SUV familiaux, c’est Hyundai qui mène la danse. Proposant trois cordes à son arc (ix35, Tucson et Santa Fe), la gamme SUV du constructeur représente plus de 40 % de ses ventes et joue donc un rôle clé dans le développement et l’image de la marque dans l’Hexagone. Pour l’occasion, j’ai opté le temps d’un week-end pour le vaisseau amiral des SUV de Hyundai en essayant le Santa Fe 2.2 CRDI 200 BVA 4X4 Executive, qui s’attaque de front aux BMW X3, Audi Q5 et Volvo XC60. A-t-il toutes les clés en main pour faire vaciller les cadors ou n’est-il qu’une pâle alternative aux seigneurs du segment ?

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Lorsqu’on me dit Hyundai (qui se prononce « Hyundè » et pas « Hyundaille », en fait), je dois dire que les premiers mots qui me viennent ne sont pas des plus agréables. Longtemps perçues et présentées comme des voitures cheaps, anti-sexy et héritières de motorisations vieillissantes dont Mercedes-Benz se débarrassaient pour quelques dollars, le capital-sympathie que j’avais envers le constructeur n’était à vrai dire pas des plus forts. Mais comme je ne reste pas sur des a-priori et que, loin des avis de la tendance journalistique publique, j’aime me faire mon propre avis sur une voiture, direction Hyundai pour prendre possession de celui qui fera peut-être changer ma vision de la voiture coréenne.

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Caché entre une Genesis et un Tucson (qu’Ugo vous présentera bientôt) et recouvert d’une jolie bâche logotypée, mon Santa Fe Executive a déjà fière allure sous les néons du parking souterrain du constructeur. La première impression qui s’en dégage est un intéressant « Wouah, il en impose quand même le pépère ! » avec son très chic marron glacé et ses jolies jantes de 19 pouces. En fait, son gabarit en impose réellement avec 4,69 m de long, 1,88 m de large et 1,70 m de haut, alors que son look discret mais plutôt raffiné a tout pour plaire dans un pays où le Q5 est le SUV à avoir pour montrer qu’on a réussi sa carrière sur le parking devant ses collègues. Perso’, je trouve l’ensemble plutôt réussi avec une allure générale dynamique et des lignes musclées qui offrent un côté massif bienvenu pour un véhicule trop insipide par le passé. Dans le rétro’, le Santa Fe a une réelle présence sur la route avec une signature lumineuse inédite faite de diodes et de xénon ainsi qu’une calandre hexagonale chromée avalant littéralement le bitume.

Là où une nouvelle génération de modèles chez certains constructeurs se résument à l’ajout de chromes sur la malle ou l’apparition de nouvelles ampoules dans les feux, Hyundai est reparti de zéro pour son Santa Fe en abandonnant le look un peu « cheapos » de l’ancien pour une montée en gamme assez impressionnante. L’actuelle génération, présenté à Francfort en 2015, a lancé la nouvelle identité visuelle du constructeur qui se construit petit à petit une gamme cohérente et alignée. L’allure du Santa Fe s’est donc européanisée (certains lui trouvent des faux-airs de Q5 au niveau du 3/4 arrière) et jouit désormais d’une certaine prestance accompagnant en toute logique le nouveau positionnement du SUV, qui se dresse dans cette finition-haute Executive comme un challenger des Audi Q5, Mercedes-Benz GLC ou encore Volvo XC60.

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Le standing que Hyundai lui a donné à l’extérieur se retrouve aussi à l’intérieur avec un confort exemplaire et un équipement on ne peut plus complet, faisant de ce Santa Fe un compagnon de route idéal. Avant de jouir de son confort et de jouer avec tous les gadgets qui s’offrent à nous, attardons-nous quelques instants sur l’habitacle de notre intéressé…

En pénétrant à bord, on se dit qu’il est loin le temps où les voitures coréennes proposaient des intérieurs tristounets et impersonnels habillés de plastiques rigides et des assemblages dignes d’une voiture soviétique des années 80. Notre finition Executive mêle matériaux de qualité et présentation originale pour donner au final un habitacle accueillant et plaisant à vivre, bref un habitacle dans lequel on se sent bien. Les fauteuils, chauffants à l’avant (et à l’arrière aussi s’il vous plaît !) et ventilés sont recouverts d’un bon gros cuir perforé beige alors que tous les plastiques de la voiture, dont la plupart sont moussés, se parent d’une couleur chocolatée rappelant la teinte extérieure, et d’un simili-carbone/simili-aluminium plutôt flatteur. L’ensemble est extrêmement convaincant et plaisant à regarder et à tâter, et même si cela peut manquer de raffinement (à l’image de la grosse molette de climatisation), tout est parfaitement à sa place et l’on se familiarise rapidement avec les nombreuses commandes de la voiture. La présentation de la console centrale est assez originale avec ses deux grilles d’aérations verticales de part et d’autre de l’écran tactile de 8 pouces sous lequel se trouvent les quelques boutons de commande utiles à garder une excellente ergonomie.

Hyundai nous expose ici une leçon d’IHM en mêlant des boutons physiques et un généreux écran tactile pour la partie divertissement/multimédia à l’interface simple et claire. Le GPS fait parfaitement le job avec l’intégration d’un info-trafic étonnamment efficace, un guidage précis et des instructions claires, même si la voix est un brin robotique ; bon point, le constructeur offre même six mises à jour de carte (une par an). Pour satisfaire nos tympans, Hyundai a doté en série son habitacle d’un système haute-fidélité Infinity Premium Surround doté de 12 haut-parleurs de 630 Watts et d’un caisson de basse qui offre un son précis, riche et plutôt fidèle sur tous les styles de musique (même ceux de Jean-Baptiste).

« Agréable » est le maitre-mot de la vie à bord de ce Santa Fe qui propose de mener un train de vie de pacha à ses occupants, conducteur comme passagers. Les Coréens étant très friands de nouvelles-technologies, ce Santa Fe ne déroge pas à la règle et embarque donc tous les derniers raffinements high-tech, que ce soit pour le conducteur ou pour les passagers. Pendant que le copilote peut choisir à sa guise entre chauffage ou ventilation pour son fessier et ses lombaires, les occupants des place arrières n’ont eux droit qu’aux sièges chauffants (les pauvres…), mais peuvent toutefois compter sur des ventilation sur les montants de porte, dans le dossier du siège devant eux, ainsi que de stores latéraux et d’un accoudoir central dotés de portes-gobelets.

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L’espace aux jambes à la seconde rangée de sièges est royal, l’assise est on ne peut plus confortable et le toit ouvrant panoramique baigne l’habitacle de lumière. La troisième rangée de sièges (en option à 1000 €) est à réserver aux petits gabarits et seuls vos amis de petite taille ou vos enfants pourront supporter le manque d’espace aux jambes et la raideur de l’assise. L’accès à ces places est de plus assez compliqué et demande de nombreuses contorsions, alors que le volume du coffre s’en trouve alors atrophié et ne se résume plus qu’à une malle de MX-5. Son coffre, justement, est le plus grand du segment avec 585 l de chargement (1680 l (!) sièges du second rang rabattus) et dispose de tout ce qu’il faut de série pour organiser l’espace (filets, compartiments, etc.).

Hyundai a même tout prévu en mettant au troisième rang des enceintes ainsi que des grilles d’aération pour qu’ils puissent bénéficier de –quasiment– autant de confort que les autres… Une prise 220V est même de la partie dans le coffre pour brancher la glacière (ou la TV), alors que le hayon électrique fait toujours son petit effet, ce dernier étant actionnable directement depuis la clé ou via un bouton au niveau du plafonnier.

Maintenant que toute la famille est confortablement installée et que les valises sont dans le coffre, il est enfin temps de s’installer et d’appuyer sur le bouton de démarrage…

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Malgré son gabarit, le Santa Fe évolue sans encombre dans les ruelles étroites grâce une débauche bienvenue de technologie. Le conducteur n’est ainsi pas en reste à ce niveau, bien au contraire même, avec l’intégration d’une aide plus que complète aux manœuvres à basse-vitesse via quatre caméras autour de la voiture (sur le capot, sous les rétroviseurs et sur la malle) qui permettent de caser l’imposante bestiole dans n’importe quelle type de place et de manœuvrer dans de petits espaces sans craindre d’abimer ses jolies jantes via une Bird View et de bénéficier ainsi d’une vision à 360°. Et dans le cas où cela ne suffirait pas, il dispose même d’un système de parking semi-automatisé, le « Smart Parking Assist », qui scanne la place en bataille ou en créneau puis contrôle pour nous le volant, et d’un système de surveillance de sortie de place qui jette un coup d’œil dans les angles morts lorsqu’on sort d’une place en marche arrière. C’est beau le progrès…

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Une fois sorti de la jungle urbaine, notre SUV est alors dans son élément en avalant les kilomètres sans le faire sentir à ses occupants. Direction le parc régional du Perche en ce beau dimanche printanier…

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En France, le Santa Fe n’est plus proposé qu’avec une seule motorisation : le 2,2 L CRDi de 200 ch. Les 200 poneys sont d’ailleurs un minimum syndical pour emmener sans sourciller les 2 tonnes de notre déclinaison 7 places, parce qu’il pèse le bonhomme… La boite automatique enchaine les six rapports intelligemment sans nous le faire sentir, et jouit d’une réactivité et d’une fluidité de passage/rétrogradage digne de boîtes à double embrayage de certains de ses concurrents. Une fois à 130 km/h et malgré les vents violents, ce gros bébé reste stable et rassurant en gardant son cap et en donnant l’impression d’être calé sur des rails. Une fois de plus, sur autoroute, le conducteur est épaulée par une débauche de technologies pour l’accompagner et veiller sur lui… Une fois les mains posées sur le volant chauffant, quelques boutons permettent d’activer le régulateur de vitesse adaptatif et de bénéficier ainsi d’un mode de conduite semi-automatique. En gros, après avoir choisi la vitesse régulée de son choix, la voiture étudie en continu ce qui se passe devant elle afin de ralentir/freiner lorsqu’une autre se présente devant elle puis ré-accélère toute seule dès lors que l’autre s’est rabattue. Cela permet de confier le contrôle quasi-total des pédales au système et de ne plus se soucier que du volant, bien aidé par le système de maintien dans sa voie et celui du contrôle des angles morts via un témoin dans le rétroviseur et un signal sonore.

Pour les besoins de la démonstration, je me suis passé de mettre un clignotant pour changer de voie (afin d’entendre les bips d’avertissement). On voit dans la vidéo que la voiture ralentit et accélère seule, sans que je n’ai à intervenir.

La voiture, véritable ange-gardien, nous assiste pour voyager en toute quiétude grâce à une insonorisation parfaite et une expositions aux bruits d’air maitrisée, à tel point qu’on oublie le temps passé à son bord et les kilomètres défilants. Équipée d’une suspension arrière multibras mais dénué d’un amortissement piloté qui aurait pu lui offrir plus de polyvalence, ce Santa Fe est une machine à voyager qui offre un excellent confort tant que l’on reste dans une conduite… familiale.

Le quatre cylindres s’oublie totalement dans l’habitacle mais se fait remarquer sur le compteur du remplissage du réservoir avec une aiguille qui a une fâcheuse tendance à gigoter… Le bloc diesel à la technologie vieillissante, combiné à notre boite de vitesse automatique et à la transmission intégrale permanente, est plutôt gourmand avec une consommation moyenne relevée sur notre week-end de 800 km sur tous les types de voies compris entre 9 l et 9,5 l / 100 km. Du coup, les 64 l du réservoir se vident bien rapidement et le mode « eco » ne change que très peu la donne… Heureusement, des versions plus raisonnables à deux roues motrices et boite manuelle permettent de faire baisser le malus écologique de 3000 € que traîne tel un boulet notre modèle à 850 €, et de bénéficier de consommations plus raisonnables. Côté comportement, c’est un peu mi-figue mi-raisin : les 200 ch (à 3800 tr/min) du bloc diesel sont juste ce qu’il faut pour proposer des reprises et relances dignes de ce nom (0 à 100 km/h en 9,6 secondes / 203 km/h max.), tout en offrant une disponibilité bienvenue (440 Nm de couple dès 1750 tr/min) et une douceur de fonctionnement appréciable pour rouler pépère. Le Santa Fe n’est pas un foudre de guerre, mais il a le mérite d’être agréable à mener et à vivre et c’est ce qu’on lui demande avant tout.

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Notre SUV et ses deux tonnes sur la balance n’aime de toute façon pas être malmené, avec une fâcheuse tendance à la prise de roulis et quelques mouvements de caisse dès lors que le rythme augmente et que la route commence à tournicoter… L’anecdotique mode « Sport » ne change alors que très peu le comportement général en influant seulement sur le comportement de la boite (qui se met à pousser les rapports jusqu’à la zone rouge) et la réponse de la pédale d’accélérateur, mais ne modifie en rien la direction, qui reste trop peu consistante pour l’occasion, ou la suspension, trop molle, qui engendre une certaine inertie et ne rassure pas vraiment. Le Santa Fe se conduit tranquillement et l’on se plait à ouvrir le toit panoramique et à cruiser gentiment, faisant ainsi l’impasse sur les qualités dynamiques dont bénéficient ses copains allemands.

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Comme tout bon SUV qui se respecte, notre Coréen sait aussi se pavaner hors des sentiers battus avec un blocage de différentiel central et une aide à la descente, même si j’avoue ne pas avoir tenté de tremper ses jolies jantes vernies dans autre chose que des flaques d’eau ou des herbes hautes… De toute façon, avec une garde au sol de 180 mm, un angle d’attaque de 21,2° et une carrosserie dénuée de protections, il ne faut pas espérer emmener sa petite famille dans des séance de franchissement endiablées au milieu des grands espaces. Pour contenter vos envies d’aventure à son volant, la réserve du zoo de Thoiry devrait faire l’affaire…

Offrant un look sympa, un équipement pléthorique, un espace à bord bienvenu, un agrément de conduite appréciable et cinq ans de garantie, le Santa Fe a toutes les cartes en main pour s’imposer et plaire aux Français. Tout sauf… une image de marque. Un peu comme la Genesis (que Gabriel avait essayée ici), dans un segment où l’on se met presque à acheter une voiture pour plaire aux autres plus qu’à soi-même et affirmer son statut social (cf. l’essai du Range Rover Evoque d’Ancelin), qui irait dépenser 50 000 € chez Hyundai alors qu’Audi et BMW vous tendent les bras ?

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Et oui, notre Santa Fe CRDI BVA 4×4 Executive, doté du Safety Pack (régulateur adaptatif et autres aides à la conduite / + 1750 €) et de la configuration 7 places (+ 1000 €) est ainsi affiché à 50 300 €, auxquels il faut ajouter 3000 malheureux euros de malus écologique en version BVA 4×4. Adoptant la politique du 0 option, Hyundai marche comme d’autres marques asiatiques par le biais de niveaux de finitions apportant chacun son lot d’équipements et notre ultime déclinaison Executive ne manque de rien…

Tarifs Santa Fe

Tarifs Santa Fe

Finitions Santa Fe

Finitions Santa Fe

Équipés et motorisés de la sorte, ses rivaux s’échangent contre environ 10 000 € de plus mais offrent, il est vrai, plus de dynamisme, des consommations plus raisonnables, et jouissent d’une réputation plus… premium que le Santa Fe. Malgré son malus éco’, ce dernier a pourtant tout pour plaire et offre une alternative convaincante aux SUV plutôt haut de gamme, la faute au logo apposé sur sa calandre et l’image que les gens en ont. Malgré toutes ses qualités, il fait partie de ces voitures injustement méconnues qui ne représentent qu’une menace fantôme…

Merci à Hyundai pour leur confiance et leur disponibilité.

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Crédits Photos : Ugo Missana, Victor Desmet