La rumeur courait depuis longtemps, mais la voici enfin devenue réalité : Lamborghini passe à son tour à une motorisation hybride sur un des ses modèles. Mais si les plus enthousiastes attendaient une déclinaison de série de la spectaculaire Terzio Millenio, c’est plutôt un énième dérivé de l’inusable Aventador que nous avons sous les yeux.

Lamborghini et l’hybride, c’est une histoire qui dure depuis le lancement du concept car Asterion en 2014 au salon de Paris. Un temps envisagé en production, la première Lamborghini hybride ne vit finalement pas le jour, et il nous aura fallu attendre jusqu’à aujourd’hui pour découvrir la Sián. Son nom ? Elle le signe à la pointe de l’épée, d’un S qui veut dire “foudre” en patois de Bologne.

Evoquons d’abord son esthétique : si Lamborghini veut rattacher la Sián à la Countach et au dessin de Marcello Gandini, il est quand même difficile d’y voir autre chose qu’une cellule d’Aventador sévèrement retravaillée, processus déjà utilisé pour les Centenario et autres Veneno. Si la cellule semble identique, les designers ont cependant travaillé d’arrache pied pour lui donner des éléments distinctifs

Les spectaculaires feux en Y sont ainsi repris du concept Terzio Millenio alors que la poupe est pour une fois relativement sobre, dénuée d’ailerons tapageurs. Les feux arrière tout en finesse, ont un très joli et très réussi dessin en hexagone, forme souvent utilisée chez Lamborghini et que l’on retrouve également sur les échappements. Le diffuseur est pour une fois relativement discret, mais il faudra le vérifier sur le modèle réel plutôt que sur les rendus 3D.

Sous le capot, la Sián conserve un des derniers V12 atmosphérique encore en construction : le bien connu 6,5 litres en version 785 ch. La nouveauté vient bien sûr de l’ajout d’un petit moteur électrique de 34 ch. Oui, 34 ch seulement. On est loin, très loin des 3 moteurs électriques de 100 ch chacun promis par l’Asterion ou même du système embarqué sur la toute récente Ferrari SF90 Stradale qui offre 220 ch en tout électrique et 1000 ch combinés.

La philosophie avancée par Lamborghini n’est pas la même que celle de Ferrari. Il s’agit ici d’une hybridation légère, le moteur électrique venant donner ponctuellement un petit coup de boost ou permettre la circulation en mode tout électrique dans les rues des grandes villes, sur courte distance. La puissance combinée atteint 819 ch et le couple 760 Nm. L’air de rien, il s’agit tout simplement de la Lamborghini la plus puissante de tous les temps (jusqu’à la prochaine). En première mondiale, les batteries sont des supercondensateurs, technologie permettant de délivrer 3 fois plus de puissance qu’une batterie Lithium-Ion, et de fournir cette même puissance de manière plus instantanée. L’intégration du système électrique a été particulièrement travaillée : l’ensemble ne pèse que 34 kg et trouve place dans la boîte de vitesse.

Dans l’habitacle, impossible de se tromper : nous sommes bien dans une Aventador, toutes les fonctions sont à la même place. Il y a cependant une nouveauté qui fait enfin son apparition : un écran tactile pour la gestion des fonctions courantes, navigation, média, etc… A noter également le sélecteur des modes de conduite qui propose, en complément des classiques Strada ou Sport un inédit Sián qui doit pousser les curseurs de sportivité un peu plus loin.

La Sián sera limitée à 63 exemplaires, probablement tous déjà vendus et personnalisés. Ses performances sont globalement identiques à celles d’une SVJ : 0 à 100 km/h en 2,8 s, mais les reprises profitent du moteur électrique avec 1,2 s de mieux sur l’exercice du 70 à 130 km/h.

La Sián laisse un goût d’inachevé : sa technologie hybride, très prometteuse sur l’Asterion, n’est au final qu’un système Start & Stop très évolué en 48V, semblable à ce que l’on peut trouver dans les dernières berlines Audi. Le travail d’intégration et de compacité du système, ainsi que l’utilisation inédite de supercondensateurs, sont cependant à louer car ce sont de réelles avancées. Esthétiquement, bien qu’a priori plus racée et mesurée qu’une Veneno, on a quand même l’impression que Lamborghini fait du réchauffé. Encore et toujours la même cellule centrale, le même châssis, dont les panneaux de carrosserie sont modifiés. Il faut cependant y voir en filigrane l’évolution du dessin de la marque. Moins d’ostentation et d’appendice aérodynamiques douteux, plus de design et d’harmonie. Espérons le, tant le dessin des dernières SVJ frisait le tuning vulgaire de bas étage.

Crédits photos : Lamborghini