Réclamé à corps et à cris par ses clients depuis 40 ans, Jeep se décide enfin à lancer un pick up sur la base de sa mythique Wrangler.

Le Gladiator n’est pas le premier pickup de la marque Jeep, loin s’en faut. Dans les années 60, le J200 était présent sur ce segment rustique et ouvrier et portait déjà le surnom de “Gladiator”. Le Jeepster Commando lui succéda, et la lignée se perpétua jusqu’aux années 80 avec le Scrambler et enfin le Comanche, basé quant à lui sur un Cherokee.

On s’éloignait hélas du concept d’origine. Mais Jeep y revient heureusement avec le nouveau Gladiator 2019.

Esthétiquement, difficile de faire plus simple, au point qu’on se demande pourquoi ce modèle n’existait pas avant ! Partant d’une Wrangler 4 portes (relire notre essai ici), les designers ont tout bonnement greffé une benne. C’est le constat que l’on peut formuler au premier regard, mais c’est à vrai dire un peu plus compliqué. L’empattement a été allongé, et la longueur totale atteint à présent 5,18 m. Gabarit moyen pour les Etats-Unis, mais on est proches du poids lourd en Europe. La calandre à 7 barrettes et les feux ronds sont identiques au Wrangler. Exclusivement proposé en version 4 portes (contrairement au concept éponyme de 2005), le Gladiator met en avant un style de vie actif et familial. Regardez donc les photos presse : du matériel de rando, du tractage de Jeep, des motos, des canoës, des bateaux, des caravanes en aluminium, des vélos, le Gladiator peut tout faire, un vrai couteau suisse sur roues.

A se demander comment on pouvait y arriver sans lui, surtout avec un tel style ! Car la cible première du Gladiator n’est en aucun cas le transport de sacs de ciment ou de palettes de carrelage. Jeep a une forte image de marque typée “aventure”, il ne faut pas y déroger.

Configurable à l’extrême comme toutes les Jeep, il sera possible de retirer au besoin les portes ou le toit, rabattre le pare-brise ou la ridelle pour le transport d’objets longs comme… des canoës ou des troncs d’arbre. Une multitude d’options et d’accessoires seront disponibles : amortisseurs, ressorts, jantes, treuil, décorations diverses, etc..

Malgré son encombrement certain, le Gladiator dispose des capacités en tout terrain propres à la famille : garde au sol de 28 cm, angle d’approche de 43,6, angle de départ de 20,3°. Il sera malgré tout moins crapahuteur dans l’âme qu’une version courte, évidemment. Sa capacité d’emport est par contre digne d’un véritable pick up utilitaire : 725 kg de charge utile et 3470 kg de tractage.

Sous le capot, un V6 essence de 285 ch relié à une boîte automatique 8 rapports. Un V6 diesel de 3 litres devrait également faire son apparition ultérieurement. L’habitacle est quant à lui identique à la dernière Wrangler.

Parfaitement adapté aux grands espaces, le Gladiator se sentirait un peu à l’étroit en Europe. Et pourtant, son importation semble prévue à l’horizon 2020. De manière totalement irrationnelle, le Gladiator me semble être la meilleure voiture du monde, un peu comme un rêve de gosse qui se réalise enfin. Pourtant, je parie que les premiers tours de roue dans les embouteillages parisiens à bord de ce monstre auront vite fait de calmer mon enthousiasme.

Crédits photo : Jeep