Elle est dans tous les médias, omniprésente, se montre partout et tout le temps. Je croyais tout savoir de la nouvelle Classe A . C’était sans compter avec cette rencontre très Arty au Garage MB à Paris.

Alors que BMW avale son chapeau avec l’Active Tourer – monospace traction avant au gabarit calqué sur le Classe B, Mercedes suit une trajectoire inverse en enterrant le minispace Classe A pour donner naissance à une Nouvelle Classe A furieusement inspirée des codes sportifs et premium qui assurent le succès de la Série 1 …

 

 

Pour faire connaître cette « renaissance » , Mercedes bouscule sa politique de communication, et s’amuse à faire du bruit sur tous les supports média disponibles. Merco ce n’est plus seulement la bonne voiture à papa indestructible et parfois ennuyeuse ou les coupés sportifs  élitistes et souvent inaccessibles, c’est aussi, aujourd’hui, une entrée de gamme pétillante et craquante. Une Benz de conquête ! La mission de ce rejeton que personne n’attendait est d’attirer dans les concessions une nouvelle clientèle plus habituée aux versions HDG de l’indétrônable Golf et enfin une réponse à BMW et Audi qui se partagent le marché de la compacte premium européenne avec les célèbres Série 1 et A3.

Aujourd’hui la Béhème a perdu un peu de son charme et son opus 2 passe déjà inaperçu. L’A3 peaufine avec une telle obsession de la minutie sa rigueur de fabrication qu’elle en devient presque ennuyeuse, tellement parfaite. A côté, le petit bolide à l’étoile avance effrontément un corps musclé et aguicheur qui n’est qu’un avant goût du plaisir pris à s’installer à son bord. Le tableau de bord est très typé Mercedes, son aspect massif et très frontal donne l’impression d’être au volant d’une supercar de catégorie bien supérieure à une simple compacte. La réalité de certains matériaux nous ramène vite à la réalité ( le couvercle de boîte à gants de mon modèle d’essai était voilé !) mais le dessin et la présentation de l’ensemble sont un régal pour les yeux.

 

 

La suite est moins palpitante, car comme à peu près toute la production automobile de grande série actuelle, une fois le contact mis on ne retrouve pas à l’usage les sensations de puissance suggérées par le design. On vit définitivement dans une société d’image, où la forme a pris le dessus sur le fond . Bien sûr, les versions hautes de la Nouvelle Classe A vous donneront votre lot de sensations, bien sûr la version AMG, A45 , ( http://blogautomobile.fr/mercedes-benz-classe-a45-amg-spyshots-informations-officiels-166971#axzz2BCCIB628 )  sera une bombe sur quatre roues mais soyons réalistes, le gros de la production concernera les placides A 180 BlueEFFICIENCY essence et A 18O et 200 CDI. La raison va même jusqu’à retrouver sous le capot de cette Mercedes une petite motorisation diesel Renault. Soyons-en très fiers ! Quoi que l’on puisse lire dans les commentaires journalistiques ou parmi les réactions de nos lecteurs, nos ingénieurs français sont parmi les meilleurs motoristes mondiaux. Malheureusement l’étroitesse de nos marchés en besoin de grosses cylindrées les prive d’une grande renommée pourtant bien méritée.

 

Après un fabuleux essai complet réalisé par Eddy et Adrien que je vous invite à lire ou relire ( http://blogautomobile.fr/assai-classe-a-triple-a-mercedes-154525#axzz2BCCIB628 );  je me suis rendu au MB Garage à la découverte de la Classe A avec beaucoup de questionnements et d’incrédulité. Que dire de plus ? Que montrer de plus beau que les clichés ramenés par Adrien ? Rien ne s’est passé comme prévu.  Ce fut comme un coup de foudre. Quand votre coeur s’emballe sans que vous y soyez préparé. La nouvelle Classe A joue avec votre rythme cardiaque avec la virtuosité d’un impromptu de Schubert quand les pianos nonchalants soudain s’emballent et vous décollent du sol ! La Nouvelle Classe A est un grand classique revisité avec beaucoup de peps et de modernité. Dès lors ses petits défauts (  finition, modularité-accessibilité) font partie de son charme contrairement à la perfection glaciale d’une Audi. Je pensais déjà celà des italiennes, jamais je n’aurais cru pouvoir écrire cela d’une Mercedes.  Un air latin est en train de souffler sur la production automobile alors que paradoxalement la Bella Macchina est presque en voie de disparition. Mercedes joue les tombeuses avec des courbes aguicheuses et une image de marque en béton grâce à l’étoile dont elle farde son beau minois. Le plus dur sera de jouer les équilibristes entre la séduction d’une clientèle jeune et hype et la fidélisation des clients habitués au classicisme des Classe E et S.

 

Parmi les imperfections de la nouvelle Classe A, l’accessibilité très réduite du coffre.

 

Après un essai routier vers la Normandie, je suis reparti de Paris avec cette clé …

… qui s’est avérée être une clé USB . Dommage …

 

Photos : Adrien Séné et Philippe Kerleroux.