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Quand on pense Nissan, on ne pense pas forcément toute de suite à la performance et à la passion automobile. Micra, Pulsar, Qashqai et autres Note n’ont pas aidé à donner une image de marque sexy a un constructeur pourtant capable de pondre de petites merveilles. Et oui, le nippon ne fait pas seulement des compactes banales et des SUV se vendant par millions, il a gardé dans ses gênes quelques fragments de sportivité qui, au fil des années, donnèrent naissance à des modèles plus exubérants et efficaces les uns que les autres… Dîtes bonjour au 370Z Nismo cru 2015.

Sur BlogAutomobile, on aime le 370Z Nismo (à tel point que c’est lui qui habille nos photos de profil et bannières sur Facebook et Twitter). Essayée en version 2014 par Jean-Baptiste ici et sur le Ring cet été par Gabriel , il m’a été donné de me confronter aux 344 chevaux de la bête sur route ouverte. Pour ne rien vous cacher, le Z était l’une des voitures que je tenais absolument à avoir entre les mains et sous les pieds, une voiture avec laquelle je jouais sur mes Game Boy et autres DS lorsque ma conduite se résumait à une croix directionnelle et deux boutons…

Véritable icône de la marque, le Z c’est avant tout une gueule à part entière qui marque les esprits et fait tourner les têtes. Ce 370Z Nismo (Nismo = Nissan Motorsport) est dans la lignée du 350Z en proposant un dessin racé et un look exubérant tout droit venu de Need for Speed. On aurait presque envie de lui ajouter une peinture fluo’ et des néons sous les roues tant son look rappelle les courses endiablées et concours de drift dans Tokyo ou LA. Là où la version précédente faisait la part belle au duo gris-blanc, notre déclinaison 2015 est lui plus dans la tendance du rouge-blanc nacré en s’armant d’un pack carrosserie body-buildé mais plus fini et abouti à mon goût que sur le modèle essayé par JB.

La face avant a été re-dessinée avec l’apparition de feux de jour à LED et de phares assombris, mais aussi d’entrées d’air sur les boucliers. Là où la version précédente était un peu « vide » et presque trop sage, Nissan a re-travaillé toute la partie basse du 370Z avec l’arrivée d’un spoiler souligné de rouge et d’une lame un poil rehaussée, deux éléments bien mieux intégrés à la calandre et rendant le tout bien plus méchant dans le rétroviseur. Les superbes jantes 19 pouces bi-colores signées RAYS et plein de petits détails accompagnent cette ligne unique, à l’image des jupes musclées parées de rouge qui entourent l’intégralité de la voiture, du clignotant masqué sous le logo Z, des rétroviseurs noirs et rouges ou du dessin unique des poignées.

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On garde la recette qui a fait le succès du 350Z puis du 370Z, à savoir une grande partie vitrée se terminant sur un becquet et un séant body-buildé à faire pâlir Nicki Minaj. Le paradoxe de cette grande vitre arrière ? La rétrovision quasi-inexistante une fois à son volant à cause de son béquet. Les choses se sont néanmoins améliorées par l’intégration à la voiture de l’aileron, laissant ainsi aux génération précédentes l’énorme appendice pas franchement harmonieux qui donnait l’impression qu’on l’avait rajouté en seconde-monte. La partie basse reste elle quasiment identique, exception faite du nouveau dessin des ouïes d’aération de part et d’autre du bouclier, et c’est tant mieux : l’extracteur (seulement là pour le look) intègre toujours un feu anti-brouillard au centre et deux imposantes sorties d’échappements de chaque côté.

Le look de ce 370Z Nismo 2015 est ravageur et ne laisse insensible personne. Il est d’ailleurs drôle de voir l’intérêt suscité par la voiture une fois garée ou arrêtée à un feu. Gonflée aux protéines, notre bête ne tombe pas dans le tuning Fast & Furious ,et les changements opérés par Nismo sur cette nouvelle version sont du plus bel effet. Ils apportent un soupçon de finesse (Nismo et finesse étant pourtant un oxymore) à l’ensemble au détriment du côté « voiture de course » un peu trop extrême de la génération précédente. Moi j’adore, et je ne suis pas le seul d’après le nombre de pouces levés et de regards conquis tout au long de ce week-end en sa compagnie.

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Glissons-nous maintenant à l’intérieur… Là où le 370Z a eu droit à sa cure de jouvence sur la partie extérieure, l’intérieur accuse lui le poids des années mais honnêtement, on s’en fiche un peu. Et oui, on se fiche des plastiques noirs rigides et granuleux de la console centrale tout droit venus des années 90 ou du système multimédia à l’interface et à l’ergonomie vieillissantes, même s’il fait le job. On se fiche ainsi que le GPS perde un peu la boule et que les dizaines de boutons sur la planche de bord soient un casse-tête à utiliser. Sans rentrer dans les détails, ce cocon de sportivité est sympa à regarder et est surtout tourné vers l’efficacité. Les superbes baquets RECARO cuir/alcantara, le volant recouvert également d’alcantara et son repère rouge, le petit pommeau tout rond ou encore les divers manomètres nous mettent la puce à l’oreille sur la vocation de notre jouet au cas où nous aurions oublié que ce n’est ni une GT, ni une fausse sportive. Le compte-tours, gradé jusqu’à 9000 tr/min mais affichant une zone rouge à 7500 tr/min, n’est d’ailleurs pas là pour blaguer.

Oublions toutes notions d’équipements liés au confort, oubliez aussi les enfants et valises : ni places arrières (même minuscules comme dans une 911), ni véritable malle, ni sièges électriques chauffants ventilés massants. Bref, pas de fioritures, pas d’inutilités, il y a juste ce qu’il faut pour partir en week-end en road-trip au Nurburgring et chasser de l’allemande sur les Autobahn et sur la mythique boucle. Bon, je n’ai pu me rendre outre-Rhin comme mon copilote Gabriel du Blog (et pour tout vous avouer je ne serais pas à mon aise sur le Ring avec un tel jouet), je me suis contenté des routes de l’Hexagone qui suffisent à se faire une idée du potentiel du 370Z Nismo…

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Une fois n’est pas coutume et n’ayant pas envie de faire trop de route avant de pouvoir profiter pleinement de mon jouet du week-end, c’est au sud-ouest de Paris, entre Rambouillet et Versailles, que mon dévolu s’est (encore) jeté. Ce qui est cool, c’est que le Siège de Nissan se trouve aux portes de la Vallée de Chevreuse et que le trajet le plus court (et aussi le plus fun) pour rentrer à la maison passe par les 17 Tournants, Dampierre et les Vaux de Cernay. De quoi me familiariser comme il se doit avec la bête…

Mais avant d’apercevoir les premiers lacets boisés, la jungle urbaine se dresse. Je ne vais rien vous apprendre en vous disant que le Z Nismo n’est pas à son aise en ville et que trottoirs, ruelles et ralentisseurs sont une hantise pour la voiture et son conducteur. De gros montants, un capot invisible, une lame à quelques centimètres du sol, des roues de 19 pouces avec des pneus tailles-basse ou encore un arrière-train haut-perché ; je continue ? Je pense que vous l’avez compris : on serre les fesses à chaque ralentisseur pour ne pas faire frotter le museau du Z, on fait confiance au destin pour que rien ne se passe dans l’énorme angle-mort et on remercie la caméra de recul lors des manœuvres pour ne pas écorcher ses superbes jantes. Un dernier rond-point, un dernier angle-mort à checker et hop, le panneau « bienvenue dans le Parc Naturel Régional de la Vallée de Chevreuse » est une délivrance. Bon, honnêtement, une fois qu’on a le gabarit de la voiture en tête et qu’on passe quelques heures à son volant, elle se conduit presque comme une Micra en ville. À la seule différence qu’une Micra n’est pas matée à chaque coin de rue…

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Sur route, bien installé dans les baquets Recaro, le linéaire V6 nous permet de rouler sur un filet de gaz en proposant un couple amplement suffisant dès 1500 tr/min, mais les énormes boudins de 285 mm se font entendre au sein de l’habitacle, malgré un travail d’insonorisation opéré par Nissan par rapport à la génération précédente. Ouuuui, une belle ligne droite se profile. « 2e, 3e, 3e, encore 3e, oups si je me fait prendre je n’ai plus de Permis, 4e, mince, le rond-point est déjà là » : la poussée du 370Z Nismo est ahurissante et les 371 Nm (marrant comme coïncidence) de couple arrivent très rapidement, même si le V6 se révèle lui réellement aux alentours des 5000 tr/min et ce jusqu’au rupteur (signalé par une petite diode rouge au milieu du tableau de bord au cas où on ne le sentirait pas « physiquement »), à 8000 tr/min. Sous le capot, on retrouve le même bloc que sur le cru précédent, à savoir un V6 3.6 L atmo’ développant la bagatelle de 344 chevaux sur… les roues arrières évidemment, sinon ça ne serait pas drôle.

Ce gros V6 très chantant et hyper-coupleux est la première des armes du Z. Il chante tellement bien une fois quelques kilomètres avalés que je n’ai même pas eu à allumer le système Bose, livré de série s’il vous plaît, du week-end. Ce qui est appréciable, c’est qu’aucun artifice ne vient vicier le rendu sonore du moteur, hormis le S-Mode qui vient reproduire un petit talon-pointe à chaque descente de vitesse ; on se plait ainsi à rétrograder plus qu’à l’accoutumé pour le plaisir des tympans. Pas de gros retours d’échappements et autres « Brap-Brap » à la sauce RS3 ou A45 AMG, mais le même son que l’on soit à l’extérieur ou à l’intérieur de la voiture, de quoi passer encore moins inaperçu. Le V6 est rageur et sa sonorité explose réellement au-delà des 6000 tr/min, faisant trembler l’intégralité de la voiture et vous propulsant dans un univers parallèle.

Le 370Z Nismo est une voiture musclée qui muscle également celui qui est à ses commandes. La pédale d’embrayage est une séance de sport pour sa jambe gauche et la boite plutôt rude. La différence est d’autant plus impressionnantes lorsqu’on retrouve une voiture « normale » après avoir passé quelques jours avec le Z : tout semble si doux ! Quelques minutes plus tard et les divers organes de la voiture assimilés, la bête ne demande qu’à être brusquée. Brusquée mais pas trop, elle pèse tout de même 1600 kg notre Nismo…

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Véritable dragster avec son 0-100 en un poil plus de 5 secondes sans quasiment aucune perte de motricité, la suspension est ferme mais permet à la voiture de ne souffrir d’aucun sautillement, l’accélération nous colle au baquet et le fond de 3e nous emmène en prison. La BVM 6 est elle précise et courte, permettant des changements de rapports éclairs et, grâce au S-Mode, propose le rev-matching (talon-pointe automatique) qui ajuste le régime-moteur à chaque rétrogradage, un système génial d’efficacité.

Petite épingle, débout sur les freins, oh que ça freine bien, oh que c’est rassurant ! Les énormes disques de 355 mm (quatre pistons à l’avant, deux à l’arrière) nous ramènent à une allure à laquelle il est possible de passer le virage sans voir sa vie défiler en l’espace de quelques secondes et bonne nouvelle, le freinage du Z est infatigable et reste endurant. Une fois les freins lâchés, la courbe passe sans encombre et le maintien des baquets est excellent. En entrée de virage, la voiture est clouée au sol (il faut dire que le grip des impressionnants boudins Bridgestone Potenza en 245/40/19 à l’avant et 285/35/19 à l’avant aident pas mal), alors que la direction, communicative à souhait, nous incite à placer le Z à la corde, mais chut, ce n’est pas bien sur route ouverte et Chantal Perrichon va venir me gronder. En sortie de courbe, elle nous rappelle qu’il faut faire preuve d’humilité à son volant, et là où avec la 208 GTi et son Torsen je pouvais me permettre de remettre les gaz dans la courbe, ici c’est une toute autre conception du pilotage qui nous est proposée : la belle étant exigeante, son arrière-train n’hésite pas à se dérober en cas de sollicitation un poil trop prononcée de la Sainte-Pédale. Que ça doit être drôle (et piégeux) de rouler avec sous la pluie !

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Hé oui, nul besoin de déconnecter l’ESP pour faire glisser ce 370Z Nismo : les petits virages serrés longeant l’Abbaye des Vaux de Cernay, combinés à la masse imposante de la voiture, nous emmènent dans une séance de glisse assez déconcertante au début mais cruellement addictive une fois l’exercice maitrisé. La position centrale avant du moteur permet au Z Nismo de ne pas souffrir de sous-virage comme d’autres propulsions, et le différentiel à glissement limité laisse une certaine liberté de mouvement au train-arrière. À l’intérieur, l’alcantara sur le volant et la petite boule en guise de pommeau de vitesse sont eux de précieux outils qui aident à piloter le jouet ; tout tombe parfaitement sous la main. Les amateurs de drift doivent se régaler à son volant… Une 208 GTi by Peugeot Sport, bien plus agile, la distancera sans forcer sur ces petites routes grâce à quelques quintaux de moins, un châssis au top et au Torsen, mais dans les lignes droites et longs virages entre Cernay et Rambouillet (ou sur le Circuit des 24 heures si vous préférez), le 370Z Nismo est difficilement prenable. Elle doit être topissime à conduire sur circuit !

On passe les grandes courbes à des vitesses impressionnantes mais, assez rapidement, deux éléments viennent freiner nos ardeurs… Enfin trois, même : 1) La belle consomme logiquement lorsqu’on joue avec, mais pas autant que je le craignais (14 L / 100 km de moyenne sur le week-end), donc passage fréquent à la case station-service. 2) Le fait que Coyote n’est pas une solution 100 % fiable pour garder son Permis. 3) La jambes de gauche et les bras tirent, elle est éprouvante cette Nismo !

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Éprouvante mais complètement addictive. On s’habitue au plaisir de le conduire, de ressentir tout ce qui se passe sous ses roues, d’entendre son V6 rugir à chaque relance et d’accompagner les écarts de son arrière-train. Je dois avouer que ce fut déchirant de la rendre et j’en aurais bien fait ma voiture du week-end car oui, c’est une voiture du week-end que l’on sort les dimanches ensoleillés pour se balader entre potes. En parlant de balade, j’ai parcouru en long, en large et en travers la Vallée de Chevreuse accompagné d’une 911 Carrera S et d’une nouvelle Mustang 5.0 L V8. Autant vous dire que notre convoi n’est pas passé inaperçu, qu’est-ce qu’on s’est éclatés…

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Le plus beau dans tout ça ? Il ne faudra débourser que 45 900 € et n’avoir recours à aucune option pour jouir du 370 Z Nismo, assurément l’un des meilleurs rapports prix/performance du paysage automobile. Son look ravageur, son onctueux V6 et son comportement taquin la rendent unique à un tel prix. C’est une voiture-passion, une pépite dans le paysage automobile.

Là où la plupart des sportives sont désormais équipées d’équipements les rendant aussi efficaces que sécurisantes, Le 370Z Nismo est une voiture sportive au sens premier du terme, une voiture musclée qui ne demande qu’à être domptée, mais qui nécessite aussi de la concentration à son volant si l’on ne veut pas terminer dans les décors. On ne cherche pas l’efficacité à son volant, elle est lourde, fatigante, a quelques années au compteur, mais est diablement communicative, marrante et attachante. Au bout de quelques heures à son volant et quelques kilomètres en sa compagnie, au moment où on pense la maitriser, elle sait nous bluffer et fait naitre un sourire sur nos visages de grands enfants. Le Z Nismo est un jouet, c’est une voiture-passion.

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Merci à Nissan pour le prêt et à Chris pour sa disponibilité.

Photos : Ugo Missana, Anthony Bessis, Victor Desmet