Opel présentera au prochain Salon de Francfort un concept-car baptisé Monza. Nom évocateur dans le monde automobile et dans l’histoire de la marque au Blitz, il fait l’objet d’une totale réinterprétation par les ingénieurs et designers d’Opel.

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Monza. Ce nom suffit à lui seul pour parler du sport automobile, pour mettre en abyme plus de quatre-vingt dix ans de compétitions sur un autodrome de vitesse et un circuit ô combien célèbres. Monza. Le nom employé une fois lu à l’envers par un artisan-préparateur et maroquinier, Aznom. Monza. Un nom royal pour un coupé, qu’Opel employa de 1978 à 1986 pour le dérivé à deux portes de sa berline Senator, tandis que Vauxhall l’appelait le « Royale Coupe », et dont 47.000 exemplaires furent produits. De ce terreau étymologique, le retour d’une Opel Monza laissait supposer qu’elle serait un coupé, sportif, et radical. Eh bien, pas du tout.

L’interprétation « 2013  » de l’Opel Monza est un concept-car spacieux à 4 places, certes à la silhouette de coupé et doté de majestueuses portes papillon, mais dont l’allure et la motorisation 3 cylindres hybride ne suscite pas au premier chef le sentiment d’une sportivité exacerbée. Opel parle de « saut quantique » pour ce qui est de l’équipement embarqué. Puisque le Blitz se prend pour Max Planck, alors BlogAutomobile se prend pour Hegel et ose parler de cette Monza comme d’un retournement dialectique.

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Majesté du design

L’Opel Monza 2013 est un manifeste esthétique du futur design de la marque, et plus généralement est l’ambassadeur de l’ensemble de ses orientations d’avenir. Ainsi, le design montre une évolution de la forme de calandre avec des « ailes » chromées pour le sigle qui diffère de celles des Adam et Insignia restylée. Le regard des optiques est bridé et constitué de 2 x 2 blocs de diodes, avec une paupière reprenant la signature en boomerang de la marque. De larges prises d’air sont installées sous les phares, avec une double distribution du flux d’air, à la fois vers les roues et vers le moteur.

Latéralement, le design est constitué d’un long pavillon qui forme une parabole allant du capot jusqu’aux soubassements arrière. La forme ovoïde qui en découle est néanmoins coupée par une grande entrée d’air, à la découpe reprise aux productions de la marque, Insignia, Meriva et Adam, mais ici mise beaucoup plus en avant par un jonc chromé. Une autre baguette de chrome court sur les deux arches à partir des montants de pare-brise pour aller mourir comme des boomerang dans les feux. Ces derniers sont très fins et installés sur un arrière à forme de hayon autoclave, tandis que sous ces feux sont installées deux sorties d’air supplémentaires.

L’ensemble du design extérieur est lisse et épuré. L’ouverture sur l’intérieur se fait par deux immenses porte papillon, chacune couvrant l’accès à chaque côté, et qui dévoilent l’espace généreux que ce concept réserve à ses quatre occupants.

Bien-sûr, ce design évoque celui de nombreux autres concepts-car : Renault Ondelios pour l’architecture, Citroën DS Numéro 9 pour la silhouette ou Wild Rubis pour les feux, le concept Opel Insignia pour la gravure du flanc, et même la Mercedes F800 pour la partie avant et ses ouïes. Mais s’il évoque, ce concept ne singe aucune autre réalisation : pour Mark Adams, ses surfaces reprennent le mouvement des vagues sur les plages. Son gabarit le rend inclassable, avec une longueur de 4,69 m pour une hauteur d’1,31 m.

German Connection

L’intérieur est à la fois futuriste et conventionnel. Conventionnel parce qu’il conserve un volant et ce qui semble être un tableau de bord habituel, avec casquette, combiné central, console, et accoudoirs. Futuriste car toutes ces surfaces sont colorées et servent d’espace de projection d’information, avec une technologie ayant recours à 18 projecteurs à diodes électroluminescentes. L’intérieur est ainsi aussi épuré que la carrosserie. Tout l’aménagement est donc mouvant et s’adapte selon les désirs de son utilisateur, qui en modifie la décoration ou les informations projetées. Tous les passagers peuvent participer, en connectant leur portable « smartphone » ou tablettes à la voiture, qui projette alors des photos, des vidéos, des pages internet. Néanmoins, si seules les données relatives à la conduite sont choisies, alors certaines fonctions du smartphone sont entravées, pour ne pas -trop- distraire le pilotage. En outre, le système se veut innovant dans sa capacité à informer de l’état de la route, pour prévenir les passagers, mais aussi pour que ceux-ci préviennent les autres utilisateurs de la route d’éventuels dangers. Tout ceci est public, et vous pouvez donc informer les autres automobilistes du trajet que vous prévoyez de suivre, permettant le cas échéant de faire du covoiturage sans qu’il ait fallu se concerter par avance. Pour le P-DG d’Opel, Karl-Thomas Neumann, la Monza « met l’accent sur les thèmes qui seront au centre du développement de la prochaine génération d’Opel: connectivité maximale et efficacité optimale. »

Plus prosaïquement, le concept Monza se veut aussi une mangeuse d’autoroutes, et ce dans le plus grand confort. Ses sièges sont pensés au plus proche de la morphologie du corps humain, tandis que la soute à bagages en emporte pour un volume de 500 litres.

Hybride jusque sous le capot

Design inclassable, intérieur mi-Star Trek mi-Big Brother, que nous réserve la motorisation ? De nouveau c’est un renversement dialectique : pas d’énorme bloc surpuissant pour faire « Monza » (le circuit), mais une solution hybride rechargeable avec un ensemble électrique-GNV (Gaz Naturel de Ville). Comme sur l’Ampera et son système Voltec, le moteur électrique est le bloc principal, tandis que la partie thermique sert de prolongateur d’autonomie avant de trouver un lieu et du temps pour le rechargement des batteries. C’est le trois cylindres 1,0 l Turbo SIDI qui est ici présenté, bien que son adaptation en série passera par une conversion à l’essence. Son arrivée en série est imminente et pourrait avoir lieu sous le capot de l’Adam dans une déclinaison sportive, voire badgée « OPC ». Ni la puissance du bloc SIDI ni l’autonomie du moteur électrique n’ont été communiquées par Opel. Réduction des émissions de CO2, sans pour autant de perte du sex appeal ni d’autonomie ultra-courte : la proposition apparaît, comme sur les Chevrolet Volt et Opel Ampera, très intéressante.

Le concept Monza pose avec le P-DG d’Opel, Karl-Thomas Neumann :

Conclusion

Coupéspace, coupé-berline, break de chasse… Finalement, ce concept est inclassable en son genre. Somme des futures inspirations de la marque, il ne se résume pas en un seul type de carrosserie. Résultat d’une réflexion sur la mobilité automobile du futur, il ne s’arrête pas à un type particulier d’architecture. Espérons que ce bel oiseau saura donner des idées aux hommes de Rüsselsheim, et que contrairement à l’Albatros, ses ailes de géant n’empêcheront pas leur inspiration de prendre son envol.

Via Opel & Le Figaro

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Bonus

Deux vidéos ont été postées sur YouTube par Opel pour parler de la Monza : d’abord le teaser, puis la présentation officielle.

Deux sketch officiels du design du concept Monza ont été révélés par Opel : un des études prospectives de l’extérieur, et un de l’intérieur.

Comme chaque Opel, le concept Monza possède un jumeau, badgé Vauxhall, et dont seule la presse britannique parle. En voici le cliché teaser (qui, vous l’aurez compris, n’est rien d’autre qu’une calandre corrigée du concept Opel !) :

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