Trop long, trop coûteux, le permis de conduire est dans le collimateur du gouvernement : Bernard Cazeneuve a présenté aujourd’hui un projet de réforme, à trois jours du Conseil national de la sécurité routière. Objectifs avoués : « des délais plus courts pour un permis moins cher ». Alors, qu’est-ce qui va changer, exactement ? Retour sur les points principaux de cette réforme attendue, mais maintes fois repoussée.

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Un examen réduit de trois minutes, pour un permis moins cher
Il s’agit véritablement du point d’orgue du projet de loi dévoilé ce vendredi par le ministre de l’intérieur. Le constat est simple : plus les délais de passage sont allongés, plus les candidats sont obligés de payer pour de nouvelles leçons de conduite, afin de se maintenir à niveau. Et lorsque l’on sait que près de 40% des candidats n’obtiennent pas le précieux sésame rose du premier coup, cela représente des sommes déboursées considérables.
Aussi, pour réduire ce temps d’attente, et donc a fortiori, diminuer les coûts pour les postulants, l’idée est de réduire à 32 minutes l’examen du permis de conduire, soit trois minutes de moins qu’actuellement.
« Cet ajustement, sans remettre en cause le niveau d’exigence, permettra le passage de 13 examens par jour au lieu de 12 », explique la place Beauvau. A une échelle annuelle, cela représente 117 500 places supplémentaires par an.
L’intérêt est ainsi de diminuer les dépenses des candidats (qui sont environ 800000 chaque année), une diminution « de 200 à 600€ » selon le ministre de l’intérieur.

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Délai d’attente entre les deux premières présentations au permis B en 2013 ©LeParisien.fr

« La place des inspecteurs est dans la voiture d’examen »
Passer le permis de conduire suppose de disposer au préalable du code de la route ! Or, l’examen du code se fait actuellement sous la houlette des inspecteurs du permis de conduire : un non-sens pour Bernard Cazeneuve, qui estime que leur place « est dans la voiture d’examen, à la conduite et uniquement la conduite ».
Aussi, dès le 1er juillet, 50 retraités de la gendarmerie et de la police seront formés au travail d’examinateur pour libérer les inspecteurs du passage du code. A terme, l’examen du permis de conduire devra représenter 60% du travail des inspecteurs, contre 40% actuellement.
Là encore, l’intérêt est de garantir davantage de places aux candidats : grâce à cette redistribution des cartes, ce seraient 145000 places de gagnées par an.


Cazeneuve sur le permis de conduire: « Des… par BFMTV
L’interview de Bernard Cazeneuve, par BFMTV.

Une conduite accompagnée avancée à l’âge de 15 ans
Le gouvernement avance que les jeunes ayant passé la conduite accompagnée, sont moins impliqués dans des accidents mortels, et surtout, décrochent plus facilement le permis de conduire. Aussi, pour conforter ces constatations, Bernard Cazeneuve proposera lundi, devant le Conseil national de la sécurité routière d’avancer l’âge légal pour commencer la conduite accompagnée à 15 ans, au lieu de 16 auparavant.
Autre nouveauté : ces candidats qui auront débuté la conduite accompagnés à 15 ans, auront l’opportunité de passer l’examen du permis de conduire non plus à 18 ans, mais 17 ans et demi.
Pour permettre cette avancée, il est également prévu de dispenser aux élèves de seconde des cours de sécurité routière, débouchant sur une attestation niveau 3 (ASSR 3 – les élèves passant l’ASSR 1 en classe de 5ème, et l’ASSR 2 en 3ème).

Longtemps escomptée, la réforme du permis de conduire fait office de vieux chantier pour le gouvernement. Un chantier qu’il serait pourtant bien d’achever (ou de commencer, diront certains), lorsque l’on sait que le permis français est l’un des plus chers qui soit en Europe. Une diminution du coût donc, qui devrait également passer, outre par la réduction des délais, par l’encouragement du permis à 1 euro par jour, qui ne concerne actuellement que 10% des 16-25 ans.
Une réforme à suivre ces prochains jours.

Sources : AFP, Leparisien, Lepoint, BFMTV.