En complément de l’essai complet de la Peugeot RCZ R réalisé auparavant par nos soins, nous étions invités du 25 au 27 avril par Peugeot pour le « RCZ R Ultimate Test Drive » au Nürburgring ! L’idée de ce week-end était de pouvoir pousser la Lionne dans ses derniers retranchements sur la piste, tout en (re)découvrant la mythique Nordschleife et ses alentours. Alors que le premier jour était consacré à l’accueil et à l’acclimatation aux lieux, les deux suivants furent bien remplis, et pleins de surprises. Nous avons eu la chance de suivre la troisième manche du VLN (championnat allemand d’endurance se déroulant uniquement sur le Nürburgring) dans son intégralité le samedi, tandis que le dimanche était réservé au Test drive et au baptême sur la piste.

En raison du nombre conséquent d’images et des sujets relativement opposés, je fais le choix de séparer ce week-end en trois articles différents. Le premier, que vous êtes en train de lire, porte uniquement sur la RCZ R et les diverses expériences vécues à ses cotés durant ce week-end. Viendront par la suite un article axé exclusivement sur la course de VLN, puis un dernier sur l’ambiance régnant sur cet endroit fabuleux qu’est le Nürburgring !

Commençons donc par le commencement ! L’accueil sur place est chaleureux, comme toujours avec Peugeot ! Je ne tarde pas à retrouver la RCZ R, qui trône fièrement devant l’hôtel. C’est vraiment un plaisir de prendre du temps à regarder cette auto sous tous les angles. J’étais déjà particulièrement fan du design de la RCZ « de base », et je ne peine donc pas à tomber sous le charme de la version R ! Le restyling de la face avant est du plus bel effet, tout comme les petites touches sportives (aileron fixe, double sortie d’échappement, toit et arches peint(e)s…) qui lui donnent une vraie allure de coupé sportif. Je ne rentrerais pas dans chaque détail de l’auto, cela ayant déjà était fait dans l’essai complet, alors place aux images ! Le cadre se prête plutôt bien au jeu, alors allons y-gaiement !

Au volant

Nous sommes dimanche matin, l’heure est venue de prendre le volant ! Seulement, le programme a changé depuis vendredi soir… En effet, l’essai sur la mythique boucle nord de 22,8 km s’est transformé en un essai routier d’une dizaine de km dans les alentours du circuit. Peugeot nous explique que la piste est trop humide et que les voitures sont attendues en nombre sur la piste ce dimanche. « Vous ne profiterez pas de l’auto s’il faut être sans arrêt sur vos gardes et les yeux dans les rétroviseurs ».  Si la première impression est un sentiment de déception, vous verrez par la suite que c’était la bonne décision et que rares sont les personnes avec qui j’ai échangé qui regrettent ce choix. Seul bémol, je trouve un peu regrettable d’appeler l’évènement « Ultimate Test Drive » quand la prise en main ne dure qu’un quart d’heure… Mais encore une fois, les organisateurs ont fait le bon choix, et ce serait de mauvais goût de leur reprocher quoi que ce soit !

Le premier contact avec l’auto est déjà très positif. La position de conduite très basse donne le ton, tandis que les sièges baquets maintiennent parfaitement le corps. Les matériaux utilisés et la finition intérieure n’ont rien à envier à la concurrence allemande à mes yeux, tandis qu’elle surpasse celle de la Mégane RS ! Les réglages au niveau du volant et du siège permettent de trouver rapidement ses repères pour enfin partir à l’aventure ! Voici une petite idée de l’ambiance à bord grâce aux photos d’Ugo, réalisées lors de l’essai précédent :

Ceinture bouclée, il est temps de tourner la clé ! Le son rauque au démarrage est agréable tout en restant discret, juste ce qu’il faut ! La première partie du trajet consiste à la traversée de petits villages et de la conduite urbaine. C’est donc l’occasion de se rendre compte à quel point la RCZ R est simple d’utilisation. La direction est très agréable, la visibilité est bonne, la boîte se manie confortablement. L’auto est vraiment très civilisée, je suis à bord d’un vélo ! Vous n’aurez aucun mal à aller chercher le pain avec ou à manoeuvrer sur le parking de votre supermarché préféré ! Attentions toutefois aux superbes jantes de 19 pouces, la touchette peut vite arriver…

Rapidement, la route devient intéressante. La chaussée reste humide, mais la route s’élargit et la visibilité aussi ! Je ne me fais pas prier pour attaquer un peu et pour découvrir la vraie nature de notre félin ! N’ayant pas pris part au premier essai, je suis très agréablement surpris par l’auto ! La poussée du turbo commence très bas, aux alentours de 2500 tr/min, et ne s’arrête jamais !  Les 270 canassons du 4 cylindres sont très présents, et nous propulsent vite à des vitesses élevées. J’en profite pour rappeler que la RCZ R dispose du moteur 1600 cm3 le plus puissant de la production actuelle. Nous sommes sur route, et même en Allemagne il faut savoir rester prudent, je me contente donc juste de me donner un bref aperçu des qualités de la voiture. Malgré les conditions d’adhérence délicates, la voiture ne bouge pas et garde un comportement très sain. Le bruit émanant des échappements est vraiment surprenant. Je n’en attendais pas tant venant d’un moteur turbocompressé. Bon, il ne s’agit que d’un quatre cylindres, alors ne vous attendez pas à des envolées lyriques, mais c’est suffisant pour flatter les tympans du conducteur !

Une belle ligne droite dégagée se présente à moi, l’occasion de descendre quelques rapports, et d’enfoncer la pédale de droite à fond. Encore une fois, la poussée est vraiment impressionnante mais l’auto reste saine et simple à maîtriser, même sur chaussée humide. Et les freins alors ? Les disques de 380 mm sont pincés par des étriers fixes à 4 pistons. Le résultat est une nouvelle fois surprenant, le freinage est très efficace, et la voiture ne bouge toujours pas ! Quel plaisir !

Il reste difficile de vous décrire pleinement le comportement de l’auto, tant le test drive fut court, mais je reste sur une impression vraiment très positive ! Accélération, freinage, direction, châssis, bruit…. tout est là ! Je ne savais pas à ce moment-là que  j’allais totalement redécouvrir l’auto une bonne heure après lors du baptême sur la piste, mais je vous aurais d’ores et déjà recommandé la RCZ R à ce moment !

La boucle est terminée, j’en profite alors pour prendre quelques images d’une RCZ R noire garée non loin, et de mes compères qui profitent à leur tour de l’auto !

En piste

Le moment est enfin arrivé ! Ce n’est pas la première fois que je viens au Nürburgring, mais avoir l’occasion de rouler sur la mythique Nordschleife relève du rêve de gosse ! C’est donc sous l’oeil curieux et dubitatif des Allemands sur place que nous débarquons avec 8 RCZ R à l’entrée du circuit. Depuis le début du week-end, nous avons été dispersés dans des groupes de 8 ou 9 personnes, avec un responsable de chez Peugeot par groupe pour nous aiguiller. De notre côté, nous disposons de l’excellent Stéphane Caillet ! L’homme est à l’origine du développement des RCZ Cup et pilote sur ces même autos dans le championnat allemand VLN, dans lequel il a connu de nombreux succès. Il participa aux 24h du Nürburgring à plusieurs reprises, et réalisa le record de la piste dans la catégorie électrique  avec la Peugeot Ex1 ! C’est donc un euphémisme de dire qu’il connait la piste comme sa poche, tout comme l’auto !

Le feu est vert, c’est parti ! Nous commençons à la moitié de la fameuse ligne droite, avant d’arriver dans une belle descente, puis nous voilà au premier virage, et … au premier dépassement ! Petite dérive pour mettre les pneus en température, et la fête peut commencer. Le circuit fait office de grand manège : beaucoup de dénivelé, avec de rares portions lentes, et de grandes courbes rapides en aveugle, tout cela au beau milieu de la forêt et pendant 22,8 km ! Amateur de jeux vidéos par le passé, je connais plutôt bien la piste, mais rien ne vaut la réalité, surtout lorsque le pilote dispose d’un tel coup de volant ! J’avais pu me rendre compte des capacités de la RCZ R à son volant juste avant, mais jamais je n’aurais imaginé qu’elle puisse fournir de telles performances et offrir de telles sensations ! Stéphane mord les vibreurs avec agilité, double tout ce qui bouge, et donne l’impression de tout contrôler : le circuit comme la voiture. Je suis vraiment impressionné, et je ne suis pas le seul ! Il suffit de voir les réactions des allemands et autres touristes sur place, qui ont soudainement perdu leur regard dubitatif ! Une heure en piste et nombreux sont ceux qui sont venus nous demander plus d’informations sur cette petite auto française, qui les a littéralement déposés sur la piste ! Alors bien sûr, notre RCZ R est menée par un pilote professionnel, mais cela n’enlève rien aux capacités de cette dernière, notamment en termes d’adhérence. Stéphane n’est pourtant pas doux avec l’auto, mais jamais je n’ai senti la voiture devenir piégeuse. Merci au différentiel Torsen qui maitrise parfaitement l’accommodation de la puissance du moteur aux roues avant !

C’est à ce moment que je me rends compte que la transformation du test drive sur piste en test drive routier était judicieuse. Premièrement, la piste est plus impressionnante que prévu, et même en étant très prudent il est facile de se faire piéger par le tracé ! Deuxièmement, la piste n’était pas détrempée mais certaines zones restaient délicates. Enfin et surtout, le trafic en piste est vraiment dangereux ! Vous pouvez arriver à 160 km/h dans une courbe en aveugle, et rencontrer au dernier moment un père de famille en Scénic en plein milieu de la route… ou bien voir une fusée arriver dans votre rétroviseur plus vite que prévu ! Bonne décision de Peugeot donc ! Qui plus est, le baptême nous aura permis de profiter pleinement de l’auto et du circuit.

L’occasion de filmer ce moment était trop belle, alors voici rien que pour vous le tour embarqué en RCZ R sur le Nüburgring, avec Stéphane Caillet en chef d’orchestre !

Impossible d’aller photographier les voitures en piste, alors je profite de l’ambiance sur place et je laisse ma place aux autres à l’intérieur de la RCZ R avant de prendre le chemin du retour.

Pour conclure, je dirais que cette Peugeot RCZ R est une véritable surprise pour moi et qu’elle confirme bien ce que j’ai pu lire dans l’essai réalisé précédemment par l’équipe. Nous avons pu tester l’auto dans des conditions un peu plus délicates et la voiture se comporte toujours aussi bien…. Vraiment impressionnant !

La Peugeot RCZ R est donc belle, bien finie, performante, plaisante à conduire, civilisée…… et chère ! Trop chère ! 43 150 euros !  L’image de marque d’Audi et de sa TT-S pourrait faire la différence malgré les 12 000 euros de moins de la française…. Quant à la Megane RS, elle coûte 11 000 euros de moins à performances équivalentes ! Un prix qui pourrait faire mal à Peugeot. Ceci dit, je doute que la clientèle des Mégane RS soit la même que celle des RCZ R. Partant de ce point, nul doute que cette dernière sera un véritable succès commercial, et je serais le premier à vous encourager à tenter l’expérience !

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Un très grand merci à Anthony Roux, Stéphane Caillet, et à l’ensemble de l’équipe Peugeot qui nous a réservé un accueil très chaleureux et une organisation exemplaire tout au long du week-end !

Les deux prochains articles sur le VLN et l’ambiance générale au Nürburgring arriveront prochainement, alors restez connectés !

Récit et photos : Nicolas Verneret pour Blogautomobile.fr