C’était hier ! Un  grand moment de communication gouvernementale qui dévoilait un nouveau Plan de Transition Energétique qui doit permettre au pays de moins polluer, d’être moins énergivore et tout cela pour seulement quelques dizaines de milliards d’euros chaque année. Pour un état qui peine à boucler ses fins de mois, c’est une belle ambition et surtout un très beau pari qui doit nous permettre d’être parmi les bons élèves européens d’ici à 2030…

le plan de transition énergétique selon Ségolène Royal.1

C’est la numéro 3 du gouvernement, Ségolène Royal qui présentait hier ce fameux plan fait de « seulement » 80 articles et de quasiment autant de projets. Nous n’aborderons pas les domaines d’isolation des bâtiments, le cas des centrales nucléaires même s’il est lié aux VE, le financement de ce plan car ce n’est pas le lieu et nous n’en avons pas vraiment les compétences. Aussi nous nous concentrerons sur les annonces liées au monde merveilleux de l’automobile à la façon française.

La ministre de l’environnement a donc dévoilé un texte qui fait la part belle aux automobiles à propulsion électrique en annonçant  que la France disposera de 7 millions de points de recharge d’ici à une quinzaine d’années. Ce beau projet représente un bel effort de séduction des élus d’EELV et une jolie annonce avec effet de manche. Si on suit le raisonnement cela représente quelques 500.000 bornes dans chacune des futures 14 régions ou… une borne tous les 150 à 200 mètres sur l’ensemble du réseau routier national qui, je le rappelle, sera bien sur limité à 60 km/h dans 15 ans avec un parc automobile entièrement géré par le sytème Lavia qui aura valu à Chantal Perrichon d’entrer au Panthéon… 😀
Le projet étatique prévoit qu’à l’avenir il sera aussi obligatoire de poser des bornes de recharge lors de travaux dans et sur les parkings et ce, qu’ils soient publics ou privés.
Reste un hic et il est d’importance, qui va financer un tel projet et avec quel argent ? Sachant que l’installation d’une borne de recharge classique coûte actuellement entre 6500 et 9000€, vous multipliez par sept millions et vous avez le montant colossal de l’investissement. Néanmoins du coté de l’état français on a déjà quelques pistes avec la BPI,  l’épargne « vertueuse » (le livret A va t-il devenir le Livret Vert ?) et bien sur la fiscalité écologique qui devrait toucher le budget des automobilistes.

Bruno Rebelle, directeur général de Transitions, agence de conseil en stratégie,  membre du  comité de pilotage du Débat national sur la transition énergétique explique : « Si l’on alignait la fiscalité du diesel sur celle de l’essence, que l’on appliquait la redevance sur les poids lourds, qui présente le seul défaut d’avoir été mal nommée écotaxe, on dégagerait des fonds pour le développement des transports durables. On ne peut pas dire ne pas avoir d’argent pour financer la transition énergétique et ne pas mettre en application un dispositif qui a été voté par la gauche et la droite. Or celui-ci a d’abord un objectif vertueux : d’abord faire payer aux véhicules les plus polluants, les nuisances environnementales qu’ils génèrent et faire le nécessaire pour qu’il y ait un report vers d’autres modes, que ce soit ferroviaire et/ou le fluvial. »

Ségolène Royal annonce aussi qu’elle veut pérenniser le gros bonus pour l’achat d’un véhicule électrique. Il pourrait  ainsi être majoré pour atteindre jusqu’à 10.000€ lorsqu’il s’accompagne de la mise à la casse d’une voiture à motorisation diesel. La ministre n’a pas précisé ce qui se passera pour ceux qui voudront passer d’une voiture essence à un VE. La question est posée, y aura t-il maintient du Bonus de 6300€ ou… plus rien ?
Ceux qui passeront de la TDI à la Twizy vont presque finir par retoucher de l’argent de la part de l’état… Pas sur que cela aide vraiment le marché des VE qui a certes progressé depuis deux mois mais qui reste un marché de niche au même titre que celui des voitures de luxe ou des supercars !

Pas d’annonce au sujet du financement de ce super extra Bonus écolo mais on peut penser qu’une hausse du malus pour 2015 est dans les idées de la ministre et de ses conseillers toujours au fait des choses du marché et de l’économie.

Reste un beau discours bien rodé, connu de tous et, je le pense, quelques erreurs d’appréciation notamment pour ce qui est du volume du parc automobile électrique français à 15 ans. Envisager qu’au moins 20% du parc soit fait de VE relève plus de la démagogie politique, de la méthode coué que du pragmatisme et du réalisme dont l’état devrait faire preuve dans ses plans (qui ne sont pas sans rappeler ceux d’un certain Sergio quant à leur viabilité ou à leur mise en place à moyen ou long terme).
Une chose est sure, ces annonces liées à l’automobile sont aussi fiables et crédibles que de dire officiellement à la population : « Lorsque vous achetez un véhicule électrique, Ségolène Royal vous invite chez elle pour prendre l’apéro ou faire un barbecue ! » 

Que les véhicules électriques fassent partie du marché et en soient des acteurs non néligeables, c’est exact. Désormais il faut en convenir, les VE ont leur place notamment dans l’espace urbain mais de là à en faire The car, il y a encore un monde sauf peut être dans les rêves les plus fous et les plus torrides d’Henri Proglio, le patron d’EDF qui verrait bien le 220 Volts prendre la place du diesel et du SP95… A suivre.

Via AFP, Libération, LeMonde, LeFigaro, Gouv.fr.