PSA etudie un rapprochement avec Dongfeng

Le groupe automobile français aurait donné mandat à deux grandes banques internationales pour étudier et analyser la possibilité ainsi que la viabilité d’une alliance capitalistique avec le groupe industriel et automobile chinois Dongfeng  Motor Corporation.

Si l’on se réfère aux informations données par Les Echos, les travaux préparatoires à une alliance ont déjà débuté, avec comme premier objectif de définir différents scénarios de partenariat à l’échelle internationale entre les deux entreprises tout en faisant le nécessaire pour garantir l’alliance actuelle de PSA avec GM en Europe.
Sachant que le partenaire chinois de GM, SAIC s’est formellement opposé à certains partages technologiques entre General Motors et le groupe français, il est donc difficile à PSA et son partenaire américain d’aller plus loin sans froisser les susceptibilités des dirigeants de SAIC.
Ainsi DFM est devenue une piste privilégiée et crédible car le constructeur chinois est le partenaire historique de PSA en Chine. Les deux groupes industriels collaborent depuis plus de deux décennies via leur joint-venture DPCA (Dongfeng Peugeot Citroën Automobile) dont le français détient 50% et qu’il consolide par la mise en équivalence dans sa comptabilité annuelle. DPCA possède depuis quelques mois une troisième unité de production à Wuhan mise en place avec PSA qui permet à la co-entreprise de revendiquer une capacité de production de 600.000 véhicules/an dès cette fin d’année. Ce volume devrait d’ailleurs atteindre 750.000 unités par an dès fin 2015.

Reste que si l’affaire est alléchante, il pourrait y avoir quelques écueils et on peut imaginer que l’allié américain de PSA en Europe puisse voir d’un mauvais oeil l’émergence d’un rival au sein du capital de PSA, surtout si celui-ci prend une part supérieure aux 7% qu’il détient. On sait aussi que l’alliance avec GM se limite à l’Europe et Opel ce qui ne favorise pas PSA dans son développement sur les autres marchés mondiaux.

PSA pourrait éviter les problèmes avec GM en cloisonnant chacun des deux partenariats. Ainsi il pourrait créer une nouvelle co-entreprise PSA-Dongfeng qui n’agirait pour le groupe automobile qu’en direction des pays dits « émergents » et non vers l’Europe ou même la Chine. Dans l’hypothèse de cette solution, DFM devrait apporter du cash au groupe français en échange d’un transfert d’actifs et de technologies.

Peugeot est aussi en position de faiblesse dans ce dossier car il est le demandeur et si Dongfeng vient à prendre l’ascendant dans la négociation, on peut craindre la gourmandise des dirigeants de l’entreprise chinoise créée par Mao Zedong en 1968. Autre problème, il concerne cette fois Dongfeng qui est le deuxième assembleur automobile chinois. L’entreprise de Wuhan est tout de même bien engagée et un peu prisonnière de nombreux partenariats qui pourraient eux aussi empêcher cette possible alliance financière franco-chinoise. DFM produit actuellement des autos pour Nissan, Honda, Kia, Mercedes Benz, Cummins et bien sur Peugeot et Citroën sans oublier la toute nouvelle alliance avec Renault.

Tant chez PSA que chez Dongfeng on s’est refusé à tout commentaire sur cette affaire et les rumeurs qui l’entourent mais un porte parole de l’entreprise française déclarait ce jour : « Le groupe ne fait pas de commentaires sur les rumeursNous explorons en permanence de nouvelles possibilités pour développer et améliorer notre partenariat avec Dongfeng. »

Un dossier complexe, long mais important pour PSA même si cette nouvelle ouverture du capital risque bien de reléguer la famille Peugeot au simple rang de gros actionnaire présent au conseil d’administration. A suivre.

Via LesEchos.