C’est bien possible ! Non pas que PSA se mêle de quoi que ce soit dans le dossier de la future usine algérienne de Renault mais après le choc provoqué par la fermeture d’usine, les suppressions d’emplois dans le groupe PSA, l’état français (actionnaire de Renault) pourrait ne pas autoriser le projet de Renault qui doit mener à la construction d’une usine de l’autre coté de la Méditerranée.

Après quelques discussions, débats, négociations, intimidations, réconciliations, les choses ont pris une bonne tournure au printemps dernier mais à l’époque il n’y avait pas encore le résultat des élections et surtout pas le plan Varin pour PSA. Si les choses sont sur la bonne voie, le contrat définitif devrait être signé avant la fin 2012 ou en début 2013 lorsque le président français se rendra en Algérie mais tout cela reste de l’ordre des suppositions puisque le gouvernement actuel par la voix du ministre des affaires étrangères en voyage à Alger a fait savoir que l’état serait opposé à toute délocalisation que ce soit dès l’instant où cela impactera l’emploi salarié en France et le tissu industriel hexagonal. Le ministre français d’expliquer :  » Est-ce que l’investissement de Renault en Algérie va servir le pays ? Dans ce cas, c’est du gagnant-gagnant. Si c’est un investissement pour concurrencer les produits fabriqués en France, c’est non. Si c’est du gagnant-gagnant, c’est oui. Si c’est une menace pour la France, le gouvernement répondra par la négative ! ».

Ce n’est pas gagné quand on sait que l’Algérie veut se positionner favorablement dans la nouvelle zone de libre échange économique et financier qui entrera en vigueur dans 8 ans entre certains pays du Maghreb et l’Union Européenne. C’est d’ailleurs pour cela que le gouvernement s’est tourné vers Renault afin d’obtenir des produits et des normes de fabrication aux standards européens qui pourront être exporter… notamment vers l’UE et la France. D’ailleurs le ministre de l’industrie algérien, monsieur Benmeradi l’a clairement fait savoir en expliquant que l’Algérie ne se contentera pas de produire uniquement des véhicules destinés à son marché local. Le pays  envisage bien d’exporter une partie de sa production que ce soit vers l’Europe ou ailleurs ! Le dossier est donc de nouveau sous pression d’autant plus que du coté algérien on rappelle avec un petit sourire qui en dit long que Renault ne peut pas renoncer à son projet industriel en Algérie car il prendrait le risque de perdre un marché où il vend plus de 70.000 véhicules neufs chaque année et où il investit massivement dans la distribution, la réparation ou la maintenance, les PR, le SAV et l’assistance.

Pas facile d’y voir clair dans ce dossier qui est désormais politico-socialo-économique avec des enjeux dans ces trois domaines. Les négociateurs de Renault vont donc désormais devoir jouer, en plus de l’état algérien, avec l’état français qui est encore l’actionnaire de Renault. Ce projet Renault étant englobé dans un très vaste projet de un partenariat économique et financier, on voit mal cette capoter mais il va falloir ménager les susceptibilités de tous afin d’aller jusqu’au bout et à la signature du dossier (notamment celle des dirigeants politiques français très chatouilleux depuis quelques mois déjà quand il s’agit de produire à l’étranger et/ou de mettre en danger des emplois en France ! Oui il en va de leur crédibilité et surtout de leur boulot ! ).

Via AFP, Maghreb Emergent, LaTribune.