Cash flow : Le mot cash flow est un mot anglais qui signifie en français les flux de liquidités que l’entreprise génère de ses activités. En d’autres termes, c’est l’argent liquide qui reste dans l’entreprise en déduisant toutes les charges réellement décaissées. C’est pour cela qu’il constitue un bon indicateur pour les banques de la solvabilité de l’entreprise mais il est aussi pour les investisseurs un bon indicateur de la santé financière (mais pas industrielle) d’une société. On ne confondra pas le cash flow avec le résultat de l’exercice financier qui est un terme comptable. Le cash flow se calcule en prenant tous les produits dits encaissables auxquels on soustrait toutes les charges dites décaissables ou plus comptablement on prend le résultat de l’exercice financier auquel on ajoute les charges non décaissables (amortissements) et au total obtenu on enlève les produits non encaissables (production immobilisée non destinée immédiatement à la vente mais assimilable à un quasi investissement).

Comme le veut une « blagounette » en vogue du coté de Guyancourt chez Renault on a comme nouvel objectif « du cash flow plutôt que des autos »… Et lors de la publication des résultats du premier trimestre 2012, la direction de Renault se dit presque sereine car les chiffres des marchés sont très contrastés dans le monde mais cela reste conforme aux prévisions ce qui n’a finalement pas pénalisé l’activité du groupe automobile malgré la baisse et la faiblesse des marchés de l’Union Européenne mais aussi et surtout français. Ne pas paniquer et ne pas s’inquiéter semble être le mot d’ordre chez Renault qui est bien mieux à l’export que ne l’est par exemple PSA. Aussi chez le constructeur on parle d’une baisse du marché en Europe qui devrait ralentir dès ce second trimestre 2012 et perdurer pour les 6 derniers mois de l’année. Chez Renault, on rappelle que la base de comparaison 2011/2012 sera moins défavorable au second semestre du fait, l’an passé de la fin des effets des diverses primes. On se rassure comme on peut !

Le constructeur s’attend pour 2012 à une croissance de son activité VP/VU de l’ordre de 4% malgré une activité européenne qui devrait baisser d’autant. La direction de Renault fait aussi savoir que le marché domestique du constructeur sera lui, affecté par une baisse d’environ 8%. Renault fait remarquer sa bonne santé sur les marchés hors d’Europe notamment en Amérique du sud (contrairement à PSA qui peine particulièrement au Brésil) mais aussi en Asie, au Moyen Orient ou dans le Maghreb. Fort de ces évolutions positives, Renault explique qu’il maintient intégralement son objectif principal qui est celui d’un cash flow opérationnel largement positif, pour cela les investissements et la R&D devront restés cantonnés sou la barre des 9% du CA dans des volumes de ventes 2012 qui seront supérieurs à ceux de l’an passé. Malgré une situation européenne défavorable à cause de la guerre des prix (et donc des marges) qui règne sur le coeur de gamme de Renault, le constructeur met en avant un impact mix/prix positif de plus de 2.2 points ce qui n’est pas rien quand on voit la position de Renault sur nos marchés de l’UE.

A l’export, ça va mieux puisque la hausse des ventes durant ce premier trimestre est de +12.3% sur l’ensemble des marchés hors d’Europe et notamment sur tous les marchés d’Amérique du sud où Renault est à la hausse. On apprend ainsi que sur son second marché, le Brésil, le constructeur voit ses ventes croître de 36.5% sur les trois derniers mois ce qui permet à la marque au losange de détenir 6.8% du marché brésilien. La direction poursuit et d’expliquer qu’en 2011, les exportations de Renault hors d’Europe représentait 43% des ventes totales, que pour le premier trimestre 2012, celles ci représentent déjà 46% ce qui est en phase avec l’objectif de 47% fixé par Carlos Ghosn.

Si tout cela est bon en terme de volumes, de chiffre de d’affaire, on notera toutefois que dans nombre de pays ces ventes sont réalisées avec des « anciens » modèles européens ou des Dacia ce qui fait que la Valeur ajoutée est moindre donc insidieusement et indirectement la marge du constructeur. Reste que pour une bonne partie de ses exportations, le constructeur français vit essentiellement grâce à une main d’oeuvre peu chère et des modèles et des chaines de fabrication amorties ou rentabilisées.

Via Renault.