Si je demandais à une personne dans la rue de me nommer quelques marques de voitures françaises, elle me répondrait : Citroën, Peugeot ou bien Renault. Maintenant, si je posais la même question à un amateur et spécialiste, il me répondrait par d’autres marques comme Facel Vega, Delahaye ou encore Venturi ( si on considère qu’on n’intègre pas Monaco dans la France). Figurez-vous qu’à la fin de l’ère Venturi « française », il existait une « presque » rivale de cette marque et encore mieux, proche de Couëron, la Hommell.

Un peu d’histoire  :

Michel Hommell, vous connaissez, n ‘est-ce pas ? Le  créateur du magazine « Échappement », dont le premier numéro sorti en 1968, est un homme d’affaires et de plus un passionné d’automobiles. Magazines spécialisés dans les loisirs.  Après un voyage en Angleterre en 1976, il ramena avec lui une nouvelle discipline le « Rallye cross » dont la première épreuve française se déroula à Lohéac. Mais pourquoi avoir choisi ce village perdu dans la campagne bretonne ? Tout simplement car en 1973 il était à la recherche d’une maison de campagne qu’il acheta dans ce village. Il construit dans les années 80 le musée « Le manoir de l’automobile » où on retrouve sa gigantesque collection de voitures. Bref au fil des années, un circuit, le musée et l’épreuve de Rallye cross ont redynamisé ce petit village.

Suite à un sondage encourageant pour « Échappement », monsieur Hommell décide de créer sa propre marque de voitures : Hommell. En 1990, il construit, son usine à Lohéac. Ici pas de robots : chaque voiture est assemblée à la main.

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Deux ans plus tard soit en 1992, il présente au mondial de l’automobile avec son équipe une première voiture, la berlinette Échappement. Stricte deux places, intérieur dépouillé, pas d’insonorisation, juste le nécessaire pour un prix de (200 000 frs / 38 112 €).

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Il reste encore un peu de travail comme les pré-series ou l’homologation de la voiture. En 1994, cette dernière sort des chaînes de production et jusqu’en 1999, 69 exemplaires furent produits.

Pendant ce temps-là, Hommell développe une autre auto complètement décalée, la « Barquette ». Vous trouviez la Berlinette Echappement trop lourde ? Cette voiture est faite pour vous. Finis le pare-brise et le toit  le poids descend à 940 Kgs. Produite entre 1994 et 1999, son prix de vente de 200.000 francs était un poil trop cher pour l’époque.

Sûrement la plus radicale de ses concurrentes : Renault Spider, Lotus Elise, Catheram…

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Puis en 1999, une évolution de la berlinette Échappement fut produite : la Berlinette RS coupé.

Retour au présent :

C’est ce modèle que j’ai eu la chance de rencontrer en ce beau samedi matin de septembre grâce à Dominique.

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Premier constat, en la voyant ou plutôt en l’entendant, on n’ a pas affaire à une voiture qui respire le confort. Et dans la circulation de ce petit village d’Anjou en bord de Loire, La Possonnière, cette auto est loin de passer inaperçue. « Qu’est ce que c’est  ? »

Avec sa parure jaune poussin, on pourrait la confondre avec une certaine italienne. Au premier coup d’œil, c’est clair, cette voiture ne ressemble à aucune autre ! Dessinée par Eric de Pauw, son design semble épuré et fluide par rapport à la première version. Les quelques évolutions par rapport à la berlinette Echappement sont : des optiques et clignotants qui deviennent ronds (repris de la XM) des prises d’air agrandies sur le bas des boucliers mais surtout un extracteur qui apparaît sur le capot. De quoi rendre cette RS encore plus sportive. Si l’on observe l’arrière, la nouvelle génération adopte un échappement central et surtout, des fonds ronds qui se sont pas sensés rappeler les Ferrari de l’époque. Pour le reste des nouveautés, des jantes alu en 5 branches remplacent les anciennes qui provenaient de la… Peugeot 605 SV.

Plus puissante de 12 chevaux et allégée de 30 kilos par rapport à la Berlinette Echappement, la RS2 reprends le moteurs français des 306 S16 et Xsara VTS qui développe 167 chevaux. Au final, la voiture pèse 950 kg se qui permet de faire un 1000 m départ arrêté en 26,9 secondes. Sensations garanties ! Les Lotus Elise n’ont qu’à bien se tenir.

A l’intérieur, comment vous dire ? On pourrait faire passer une Elise S1 pour voiture plus confortable. La preuve, son conducteur met des boules Quiès puisque la voiture est vraiment très mal insonorisée. Sièges baquets, ceintures 3 points, tôle apparente, juste de quoi se faire plaisir. Les poignées pour ouvrir les portes ? Il y en a pas, on tire sur un câble.

De mon point de vue, c’est n’est pas sa sonorité qui vous fera tomber sous le charme de cette voiture. Par contre une fois à bord, l’ambiance et la sensation de légèreté c’est bien un argument.

Pour le ressenti conduite, je ne peux vous en dire plus puisque je n’ai pas pu en prendre le volant. On en déduira que cette voiture est plutôt réservée à un  passionné de conduite radicale ou à un pilote.

En 2001, une dernière évolution fut présentée, la RS2. Le moteur passe à 190 chevaux et atteint 230 km/h. 51 exemplaires sortirent des chaines jusqu’en 2005, date de la disparition de la marque Hommell. Ici présentée en version 10 ème anniversaire.

Je ne peux pas oublier de vous parler des fameuses Vaillante dans le film Michel Vaillant qui sont, en réalité des Hommell. Il y aurait eu 16 exemplaires de cette dernière. Pour moi, c’est la plus belle.

Au final, en 10 ans, 190 voitures furent produites. La RS, construite à 63 exemplaires, peut-être un peu trop radicale pour un usage routier notamment à cause du bruit du moteur trop envahissant dans l’habitacle, reste un bon concept. Pour le circuit, cette auto est très intéressante puisque, pesant moins d’une tonne, elle se montre très joueuse. A posséder donc pour rouler quelques kilomètres sur route de campagne ou bien pour se défouler sur circuit. Question tarif à l’heure actuelle, la Hommell n’a pas tellement décotée puisque les premiers prix se situent autour de 25-28.000€, encore faut-il trouver quelqu’un qui accepte de s’en séparer.

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Je remercie Dominique pour m’avoir fait découvrir la voiture. Vous voulez vous laisser séduire par cette sportive française ? HMC vous permet de la conduire sur le mythique circuit de Lohéac.

En savoir plus sur Michel Hommell 

Crédits photographiques : Flavien Jaouen, Hommell.