Après avoir présenté l’Octavia à Gordes et la Superb en Ecosse, Škoda a convié BlogAutomobile pour découvrir l’Octavia RS 2013 dans la région Lyonnaise. Dévoilée lors de Goodwood Festival of Speed, dans le sud de l’Angleterre, le constructeur n’a pas tué son plaisir par son slogan quelque peu limpide « L’Octavia la plus rapide jamais créée« . En l’occurrence, la Škoda Octavia RS, dans sa livrée essence 220 ch, similaire à la Golf GTI, devient la plus rapide voiture de la marque avec une Vmax de 248 km/h en pointe et un temps de 6.8 secondes pour atteindre les 100 km/h. Toutefois, sachant que 8 voitures sur 10 vendues seront des TDI 184ch, nous avons préféré  faire place quasi nette à cette version. La teinte rouge Corrida colle parfaitement à mes attentes et je ne vais pas rougir de circuler en Octava RS. J’avais déjà trouvé cette teinte vivifiante, élégante lors de l’essai de la Fabia Monte-Carlo que j’ai sauté sur l’occasion, ce sera une rouge…ou une verte…ou une bleue ! Les routes de l’Isère se prêtent parfaitement pour la découverte de cette élégante familiale mais au caractère affirmé.

 

octvia RS 2013-1Après avoir lancé l’Octavia 3, repoudré la Superb, c’est au tour de la version sportive (RS) de la marque de passer dans les mains des esthéticiens automobiles tchèques mais aussi un peu allemands. La gamme Octavia nous est servie sur le plateau depuis 1953, la version RS a intégré les lignes de fabrication en 2002. Tout comme la deuxième mouture, l’Octavia RS est proposée en deux carrosseries : Berline ou Combi. Surprenant lorsqu’il s’agit de sportive d’y coller le combi, antinomique à souhait pour certains mais très tendance depuis quelques années. Pourtant, 80% des ventes du constructeur sont en version combi et de surcroît avec la motorisation 2.0 L TDI 184 ch ! Skoda gagne en visibilité du simple fait que l’on puisse, sans dénigrer, identifier désormais sa signature. La tchèque se bonifie avec le temps, la nouvelle stratégie de communication bien plus décalée, quelques fois ébouriffante pour les plus sensibles est en train d’atteindre son pari ! Celui d’en finir avec une image low-cost ou de second choix du groupe Volkswagen. Les produits qui nous sont proposés, sont toujours mieux finis, plus stylés Skoda et bien sur plus performants. Pour ce qui nous concerne ici, faire l’essai d’une Octavia Combi RS TDI était une sorte de gageure notamment face aux cousines de la gamme S-Line de chez Audi ou R Line de chez VW. Tout porte à croire que chez Skoda la devise est désormais « Simply clever ! On a même pas peur ! » N’étant pas plus sage qu’eux, je ne pouvais pas laisser passer cette occasion d’essayer cette nouvelle RS.

Octavia Combi RS : une force tranquille peut cacher une hyperactive

Tout comme l’Octavia, la gamme RS subit des retouches par touche… Et ça marche ! 4 millions de ventes dans le monde. Alors pourquoi changer une équipe qui gagne si ce n’est en mieux. La ligne gagne en sagesse, un peu en rigidité et on a l’impression d’une voiture à la force tranquille qui a laissé au placard les optiques globuleux pour y incorporer des phares Xénons soulignés par un trait de LED pour les feux de jour. Le C des feux arrières affirment le besoin d’identité du constructeur.

L’avant de l’Octavia RS est plus franc, plus affirmé voire travaillé grâce à son large bouclier où sont incorporés des prises d’air en nid d’abeille et des antibrouillards repositionnés. Du pareil au même, l’arrière prend du grade avec ses deux sorties d’échappement. Si l’on se penche d’un peu plus près, l’Octavia RS propose un habillage sportif qui cache bien en réalité une unique sortie d’échappement. Le becquet de toit ajoute à l’intention sportive. Bien surprenant que cela puisse paraître, esthétiquement, j’ai largement succombé à la version Combi. Ma vision des breaks reviendrait à dire qu’ils viennent de Mars et les berlines de Vénus. C’est comme le grand amour, il faut tomber sur le bon, du moins le mien… En l’occurrence le Combi paraît plus massif, d’une certaine façon plus viril, se démarque bien plus de la Berline mais garde une agilité et un charme certain. Je suis loin de la Felicia Break de 1998 vantée par une cycliste vendéenne ! Nous avons à faire à une familiale aux dimensions suffisantes qui déploie parfaitement son tempérament sportif. Serions-nous en face du parfait équilibre automobile ?

Les roues (chaussées en 225/45 R18 sur notre modèle -en option à 250€-) portent la plateforme VW MQB que l’on retrouve sur la Golf 7, l’Audi A3 et la Seat Leon. Un engagement de qualité pour la tenue de route de la nouvelle tchèque tant les autres modèles équivalents du groupe sont salués par les médias pour avoir une bonne attitude sur l’asphalte. Sachez toutefois que l’Octavia RS propose des jantes de 17 pouces en série… ce qui me paraît un peu moins harmonieux visuellement sur une telle voiture qui a besoin d’une assise large, cependant, les roues 17 conviennent parfaitement à l’Octavia… sauf la RS !

Ce qui différencie l’Octavia est certes sa motorisation mais aussi son empattement. Avec 4,68 m de long, l’Octavia combi RS est parmi les plus grandes de son segment. Cette familiale devient aussi spacieuse qu’un monospace ! Les passagers arrières gagnent plus de 10 cm d’espace pour les jambes. Nous savons tous que dans les temps à venir, les citadines et les compactes actuelles tendent à grandir pour devenir des voitures spacieuses qui permettent une sorte de transport en commun « privatif ».

L’espace de vie pour les occupants arrières est incroyable, le seul frein à ma sieste fût la raideur des sièges. Une assise tout à fait confortable qui l’est moins en mode allongé. Bien sur nous n’achetons pas une voiture pour s’y allonger me direz-vous, mais nous avons tous une bonne raison un jour ou l’autre de le faire ou pas. Les sièges avant deviennent très élégants mais surtout sportifs et extrêmement bien terminés au même titre que ceux de la la gamme S-Line de Audi.

Le coffre de la berline propose une belle dimension avec 590 dm3, le Combi en offre un peu plus avec 610 dm3 (sièges non rabattus). C’est surtout le côté pratique qui facilite la vie. Le Combi optimise l’accès avec un seuil plus bas et des fonctionnalités de double plancher (Recto moquette verso plastique utile en cas de pluie ou de chargement de saletés) ou de fixations cargo, l’esprit Simply Clever. Le volume du coffre en particulier et celui de l’habitacle de la nouvelle Octavia en général impressionnent ! Exactement le profil de voiture qui accueille une grande famille, une bande de potes sans se préoccuper du volume destiné à charger les bagages!

Skoda propose deux motorisations pour la version RS: en 220 ch TFSI ou en 184 ch TDI (boîte mécanique ou DSG). J’ai pu essayer la version TFSI sur circuit. Souple, une reprise hyper dynamique, ça ne pouvait pas être autrement avec 350 Nm et entre 1500 et 4500 trs/min. N’étant pas pilote, je ne m’amuse pas à pousser une voiture au-delà de mes limites, et , entre nous, comme beaucoup je conduis sur route dans mon quotidien, donc l’atteinte du 0 à 100 km/h en 6.8 sec, je ne l’ai pas vérifié car je ne compte pas faire un départ arrêté devant la grille de l’école ou sur le parking de Carrefour. De toute façon, celle qui m’intéressait pour un tête à tête quasi endiablé était la motorisation TDI !

Le voilà, l’Octavia RS Combi 2.0 L TDI  184 ch… oui, celui de l’Audi A3 et de la Golf GTD. C’est  « ze » bloc quatre cylindres diesel que le groupe VW fournit à toutes ses marques et il n’en demeure pas moins le meilleur des L4 diesel de la firme. Nous sommes du même avis si vous pensez que le TDI est bien moins fluide et moins performant que le TFSI. Mais que ce soit Skoda ou pas, le comportement entre une diesel et une essence connait (presque) la même remarque. Le TDi (1968 cm3, 184 ch à 3500 trs/min, 380 Nm de 1750 à 3050 trs/min, 4.6 L/100 km et 119 g de CO2/km avec la BVM6) associé à la boîte DSG6 à double embrayage est efficace lorsqu’il s’agit d’accélérer de 0 à 100 en 8.2 secondes et d’atteindre les 230 km/h.

La boîte DSG est un vrai confort de conduite sur route (ou pendant un tour de refroidissement sur circuit 🙂 ce que je maîtrise peut-être le mieux) mais peut s’avérer gênante sur circuit pour un « vrai » pilote dixit Paul Belmondo présent lors du roulage au Circuit du Laquais. La garde au sol est diminuée d’une hauteur de 13 mm par rapport à celle de l’Octavia non RS. Ses trajectoires ainsi que sa tenue de route gagnent en adhérence et mais surtout en précision et en ressenti de l’état du macadam.

L’habitacle est en net progression. Le style germanique est toutefois toujours aussi présent. Skoda n’use et n’abuse pas de boutons inutiles et parfois franchement inesthétiques ou anti ergonomiques, ce que j’apprécie chez ce constructeur. Le tableau de bord est smart, presqu’épuré, optimisé façon grande dame discrète. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est ce sentiment sécuritaire même ayant en main une RS. Serait-ce justement l’imposant tableau de bord qui inspire confiance? La position de conduite est bonne, l’appui-tête est intégré dans le siège sport agrémenté de surpiqûres rouges. La finition ne laisse rien au hasard. Siège, volant, toit vitré, tout est bien ajusté mais aussi réglable. Une fois bien installée, je me suis penchée sur l’ordinateur de bord « Columbus », déjà connu sur les autres versions. J’opte pour la version sport plutôt que la version Eco. Mes repères et l’essentiel du tableau de bord étaient maîtrisés en quelques minutes grâce à des menus faciles à utiliser (à l’arrêt de préférence). Sa prise en main est excellente et hyper rapide. Effectuer un essai en cherchant tout le temps de l’opération les boutons, le réglage de l’infotainment est désagréable voire agaçant. Même si l’on m’a répondu sur d’autres essais que le conducteur apprend le livret de la voiture lors de l’achat, moi, pas et c’est bien la réalité des choses puisque cet accessoire tant à disparaître des boites à gants ! Selon certains services de communication ou marketing c’est un peu comme le forgeron qui le devient en forgeant…

Je sors paisiblement de Lyon Saint Exupery, direction la ville et là aucun problème majeur. Le S&S entre en fonction sans à coup et surtout permet le silence au feu rouge. A mon habitude, je ne peux pas conduire sans musique, bien bonne idée (désormais répandue) que l’accès par port USB. Rien à dire sur la conduite en ville, tout ce passe dans un confort de conduite tout à fait actuel.

Entrée sur l’autoroute, l‘Octavia RS adapte sa nervosité sans embûche, elle accélère franchement lors des dépassements même si je dois attendre une micro seconde pour laisser sur place mes congénères. Une fois lancée, si je n’étais pas en France, je l’aurais laissé se libérer du code de la route. Même sur autoroute, j’ai été surprise des têtes qui se dévissaient pour regarder le Combi… sur la file de gauche et conduit de surcroît par une femme. Je me retourne bien sur des voitures, au grand désespoir de mes amis masculins, mais jamais je me serais vu le faire sur un break. Voilà, la preuve est bien que cette familiale n’entre pas forcément dans la case  » famille Nutella puissance 10″ mais garde une réelle attractivité mécanique et visuelle. Enfin, sortie d’autoroute en vue, m’étant trompé sur la première sortie, j’entame alors une balade sur les routes d’Isère. Pas celles du Monte Carlo du coté de St Jean en Royans mais d’autres sinueuses, vallonnées et d’assez bonnes qualités tant pour les nationales que les départementales. Lorsque la visibilité me le permettait, je n’hésitais pas à tester les capacités de cette RS TDI. Et même si  effectivement le son me rappelait que j’avais un diesel en main, l’agrément est bien là notamment dans les capacités de reprise ou la facilité du comportement routier jamais piégeux. Sous-vireuse, le poids est sur l’avant, l’accroche de l’Octavia est bonne, les imperfections de la chaussée sont bien sur ressenties dans le volant mais surtout dans un « esprit » informatif plus que vibratoire. Sur cette RS on sent que l’angle de braquage est plus fin, la direction plus sensible mais aussi respectueuse de l’intention du conducteur. Parfois raide sur les suspensions en mode sport, le mode confort efface cette particularité et permet de s’aventurer hors des nationales et des autoroutes sans appréhension.

Surprise dans un virage en descente, en écrasant le frein, j’ai cru ressentir l’arrière de la voiture vouloir m’envoyer dans le décor mais reprise sur l’instant par le système ESC recalibré ce ne fut qu’une vague sensation instinctive.  Même si, sur circuit, les pneus crissaient (pas les miens, je roulais presque comme une mamie face à mes collègues), seule une fois j’ai vu l’Octavia RS chasser du postérieur. Alors quand Paul Belmondo a pris le volant, ce fut propre, net, sans bavure et sans bruit ni odeur de caoutchouc surchauffé en décomposition, juste celui du moteur…

Lorsque l’on me donne un road-book, je ne sais pas faire autrement que le suivre qu’à moitié (Il va falloir que je change mes habitudes avec le Raid Femina dans 3 semaines !). Pour cela même que je me retrouve dans des situations parfois gênantes. Cette fois-ci j’ai eu de la chance, cependant, à l’entrée d’un camping pour trouver le bord du lac, je me suis arrêtée sans calculer la place pour un demi-tour. Les gérants du parking bras croisés attendaient de voir comment j’allais bien pouvoir me sortir de là, sachant que la marche arrière était dangereuse. J’ai pris mon air le plus sérieux du monde et commençais la manoeuvre. Pas le choix, soit je me faisais passer pour une gourde soit j’assurais, et bien entendu, la voiture serait l’excellence dans ce cas. Les paris furent ouverts et la voiture a gagné ! Un angle de braquage très court, une juste assistance qui m’ont permis de repartir avec aisance et non sans une certaine fierté toute féminine après la réussite d’une telle session de maniement du volant. Politesse oblige, j’ai remercié l’Octavia, ben oui je suis comme ça, je parle à l’oreille des voitures et alors ? 🙂

Lors du trajet retour, après le déjeuner, je n’avais pas l’instinct chafouin avec le TDI. Je me suis calée à 120 km/h en 6ème… sur route plane, ma consommation vacillait sur l’ordinateur de bord  entre 4.2 et 4.8 L/100 km. En descente je suis même parvenue à passer sous les 3.8 L… et pas au point mort !

Le scepticisme toque à votre porte, la prochaine fois, promis, je lâche le volant ou presque, sors l’APN, fais le bon réglage et je vous montrerai le fameux cliché. Oui, non, je ne peux pas, je ne vois vraiment pas pourquoi ? Toutefois, dès que l’on appuie un peu, la consommation double, c’est qu’avec ses 1.490 kg, la tâche n’est pas toujours aisée surtout lorsque la voiture est chargée. Néanmoins le couple abondant et présent sur une longue plage d’utilisation aide à se sortir facilement de presque toutes les situations qu’un automobiliste rencontre au quotidien.

Pour conclure, l’Octavia RS Combi est un juste équilibre entre la familiale et la rebelle civilisée. Son habitabilité est toujours surprenante, l’espace de vie parfaitement adapté à une  famille, aux professions libérales et à tous ceux qui ont besoin de volume de chargement mais qui refusent de passer au SUV ou au monospace.

L’aspect RS en diesel parait une hérésie pour les puristes de la voiture de sport, pourtant, elle n’a pas à rougir. Sa tenue de route, son agilité, sa précision, son confort, sa réactivité et ses performances offrent un réel plaisir de conduite pour peu qu’elle soit dynamique, je n’ai pas dit bourrin ! La sportivité d’une voiture se qualifie en ces termes, toutes les sportives ne sont pas dédiées au circuit ou au temps chrono en spéciale dans les Cévennes. L’Octavia RS, berline ou Combi est un compromis qui saura séduire bon nombres d’automobilistes.

A noter, je retire mes idées préconçues sur les breaks, c’est comme tout, avant de juger, il faut les essayer.

Pour le pilote qui est, Paul Belmondo a un avis «  L’Octavia RS est une bonne voiture familiale et sportive sur route pour le quotidien et se faire plaisir de temps à autre. » Maintenant dire que nous allons la prendre pour le WEC ou un « fast lap » à Prenoisce, pas évident puisque ce n’est pas sa destination initiale.

La Skoda Octavia Combi RS TDi 184 ch avec DSG 6 est annoncée à un tarif de 32.990€ (hors options) et seulement 132 g/km de CO2, (bonus-malus neutre) … Un prix honorable et raisonnable qui saura certainement sensibiliser les hommes mais les femmes qui veulent une auto discrètement efficace et pratique.

Merci à toute l’équipe de Skoda pour son accueil et son professionnalisme. Merci à Paul Belmondo pour son agréable participation et son fameux coup de volant.

Crédit Photo: France Dholander / Blog Automobile