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C’est en octobre dernier, à l’occasion du dernier Salon de Paris, que Nissan a lancé son alternative aux cadors français du segment C : la Pulsar. En neuf mois, le constructeur nippon a vendu 3700 exemplaires de sa compacte, et compte en écouler très humblement 1000 de plus d’ici la fin de l’année. Nissan est en grande forme et, loin de vouloir atteindre le succès rencontré par ses trois SUV, a souhaité se positionner sur le segment des compactes dynamiques en mettant au point la Pulsar GT.

De façon à dynamiser la gamme et à proposer une alternative aux deux petites motorisations diesel et essence (110 et 115 ch), le constructeur nippon vient de sortir la Pulsar GT dotée d’un moteur essence de 190 chevaux, en attendant une espérée Pulsar Nismo… Pour le moment, nous devrons nous « contenter » de cette déclinaison, que Nissan nous a convié à découvrir sur les routes de la Vallée de Kaysersberg et outre-Rhin.

Les compactes « GT » sont à la mode : tous les grands constructeurs s’y mettent et sortent des déclinaisons mi-sportives mi-GT de leurs modèles phares. À la manière de Peugeot avec sa 308 GT pour ne citer qu’elle, Nissan a doté sa compacte de discrètes appendices pour la différencier d’un modèle traditionnel. On ne va pas se le cacher (et le constructeur ne s’en cache pas non plus), la Pulsar n’est pas sexy : c’est une voiture consensuelle, trop même, et pas franchement tournée vers le coup-de-cœur avec sa ligne pas vraiment harmonieuse. La version GT se voit dotée de quelques améliorations bienvenues comme des optiques avant retravaillées et assombries avec une signature LED, une nouvelle calandre en V en nid d’abeille, de superbes jantes 18 pouces bi-ton et d’un diffuseur façon plastique carbone sous lequel se cache une ridicule petite sortie d’échappement chromée. La Pulsar GT se veut dynamique tout en étant discrète, laissant à une future déclinaison Nismo le soin d’apporter à la compacte un peu de piquant. Au moins, elle ne se prend pas pour ce qu’elle n’est pas : une sportive. Pas de gros becquet, pas de bas de caisse spécifiques et pas de double sortie d’échappement (dont l’une des deux serait bouchée, coucou Audi).

À l’intérieur, pas de révolution non plus par rapport à une version standard où le noir et les plastiques sont légions. Quelques surpiqures blanches sur les sièges en cuir, le volant ou le soufflet du levier de vitesse viennent donner une pointe appréciable de clarté à cet habitacle, alors que les inserts en simili-carbone dynamisent un chouïa l’ensemble. La finition est correcte, sans plus, mais la présentation manque cruellement de fun et de petits clins d’œil au monde de la sportivité : ni compteurs spécifiques, ni volant dédié, ni sièges un minimum baquets (même si ces derniers maintiennent mieux que ceux d’une version « normale »). Dommage.

Côté équipements, la Pulsar GT se place juste en-dessous du haut-de-gamme, la finition Tekna, et propose une formule « all inclusive » en proposant de série le système multimédia NissanConnect et son petit écran de 5,8 pouces (presque autant qu’un iPhone 6 Plus) ou le freinage autonome d’urgence. Seule option disponible : le Pack Premium (1600 €) qui intègre :

  • Nissan Safety Shield : surveillance des angles morts, alerte de franchissement de ligne, détection des objets en mouvement.
  • Nissan AVM 360° : caméra 360 qui, par le biais de quatre caméras, vous aide à garer sans encombre la voiture.
  • Sellerie cuir et sièges chauffants.

La Pulsar est une compacte agréable à vivre et pratique au quotidien. Proposant le plus grand empattement de la catégorie (692 mm), elle offre une habitabilité record et gâte donc ses passagers arrières. Son coffre dispose quant à lui de 385 L de stockage, voire 1395 L en abaissant les sièges. Je vous laisse consulter ici l’excellent essai de Gabriel pour connaître toutes les qualités de notre compacte dans la vie de tous les jours.

Sous le capot, la Pulsar GT embarque le 1.6 L DIG-T de 190 ch déjà éprouvé dans le Qashqai (163 ch) ou encore le Juke Nismo RS (217 ch). Le quatre cylindres nippon propose un couple de 240 Nm à partir de 1600 tr/min et abat le 0-100 km/h en 7,7 secondes. Pour accompagner cette motorisation, Nissan a doté sa Pulsar GT d’une boîte manuelle à 6 vitesses aux rapports, sur le papier, raccourcis. Dans les faits, ceux-ci ne le sont pas vraiment et il faut emmener la voiture au-delà des 5000 tr/min pour daigner avoir un peu de pêche et sentir les 190 chevaux au galop.

Les chevaux de la Pulsar GT sont timides et l’on se rend compte rapidement qu’elle est une compacte dynamique et polyvalente, pas une sportive. Alexandre et moi avons pu parcourir plus de 300 km à son volant parmi quelques cols vosgiens, mais aussi sur une portion libérée, délivrée (phrase sponsorisée par Disney) d’Autobahn.

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La première partie de la journée nous a fait partir de Strasbourg pour rejoindre Lapoutroie, au cœur du superbe Parc naturel régional des Ballons des Vosges. Ce trajet nous a permis d’arriver (assez rapidement) aux limites sportives de la Pulsar GT… Nissan a doté sa compacte d’une suspension adaptée, avec des ressorts avant re-dimensionnés et de nouveaux amortisseurs arrières, mais aussi d’un excellent châssis rigidifié, qui lui permettent de proposer un comportement extrêmement sain et de suivre la cadence dans les lacets du Col de la Charbonnière. Les Michel Pilot Sport 3 proposent quant à eux un très bon grip alors que la direction gagne en précision et en rigueur. Le train arrière de la compacte nippone est lui verrouillé alors que son museau reste collé au bitume. Du côté des déceptions, impossible de passer à côté du manque de tonus de la voiture, qui gagnerait à disposer de bien plus de chevaux, d’un freinage correct mais manquant de mordant et de l’absence totale de bruit provenant du moteur. La Pulsar GT ne procure pas de sensations à son volant et l’on s’ennuie finalement assez à la pousser, même si elle ne rechigne pas à être malmenée.

C’est sur les Autobahn, en deuxième partie de journée et après un bon repas d’altitude, que la Pulsar GT s’est trouvée dans son élément. Une fois le Saint-Graal passé (un panneau blanc composé d’un si beau 120 barré, véritable point de départ d’un terrain de jeu à ciel ouvert), on prend du plaisir à pousser la 5e, puis la 6e, jusqu’à la zone rouge et monter lentement mais sûrement vers les 229 km/h compteur, soit 217 km/h GPS. À cette vitesse, la compacte est extrêmement saine : elle ne souffre d’aucun mouvement de caisse ou de flou dans la direction, et l’on se retrouve à oublier l’allure à laquelle on est tant l’habitacle reste silencieux et le confort appréciable, et ce malgré une monte en 18 pouces. Au volant, la Pulsar GT est rassurante et l’on se plaît à rester à ces vitesses qui nous coûteraient le permis et quelques euros chez nous… Par ailleurs, Nissan annonce une consommation mixte de 5,9 L/100 km, score difficile à atteindre en profitant des capacités dynamiques de la japonaise. Notre journée s’est ainsi ponctuée d’une consommation moyenne de 8 L/100 km, franchement pas mauvaise vue la topographie de notre parcours et les vitesses atteintes.

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Retour en France et à l’aéroport pour finir cette virée et une question nous taraude : Mais pour qui cette voiture est-elle faite ? Proposée à partir de 25 640 euros (27 650 euros avec le Pack Premium), c’est assurément la compacte GT la moins chère du marché en restant par exemple moins couteuse de plus de 3000 euros qu’une 308 GT THP sans option. Elle peut également compter sur un positionnement intelligent : à seulement 1000 euros de plus qu’une Pulsar Tekna dotée du moteur essence de 115 ch, il est alors facile pour le commercial de vendre le surplus de chevaux et d’agrément de conduite au client venu se renseigner pour la compacte.

La Pulsar GT n’est donc ni une déception, ni une excellente surprise ; c’est une voiture polyvalente et donc efficace pour ce qu’on lui demande : être agréable en toutes circonstances en proposant une alternative dynamique à une compacte bien trop timide.

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Merci à Nissan pour l’organisation de cette journée et à Alexandre pour son co-pilotage.