Le C_42 de Citroën sur l’Avenue des Champs Élysées tient pour sa vingt-et-unième saison à nous exposer la gamme bien ancrée dans le XXIème siècle du constructeur. Nul concept car ou véhicule de collection, que des véhicules de production ! Il s’agit pour la marque de créer une continuité avec le Mondial de l’Automobile, où Citroën engrangea de nombreuses promesses d’achat. Cette collection 2012/2013 est également l’occasion de faire un récapitulatif des nouveautés aux Chevrons présentées ces derniers mois : DS5-Hybrid4 Pure Pearl, C5 Tourer restylée, C4 Aircross, DS4 Just Mat, et pour la première fois depuis le Mondial de l’Automobile les C3 Picasso restylé et DS3 Cabrio!

C’est l’une des deux grandes nouveautés (peut-on encore parler de « première mondiale » puisqu’elles ont été révélées au Salon ?) présentes au C_42, le C3 Picasso Restylé. Le minispace dévoile entre le premier et le deuxième étage son nouveau design. Ce qui saute aux yeux, c’est bien-sûr le retour du cerclage des chevrons avec des barres chromées, un raffinement qu’on croyait réservé aux modèles « DS » (comparez les calandres des C4 et DS4) mais qui fait son retour sur les modèles de la gamme « C » et utilitaires (Berlingo et Jumpy reliftés). Plus prosaïquement, il s’agit surtout de l’adaptation de la face avant du C3 Picasso vendu dans les pays du Mercosur au C3 Picasso fabriqué en Europe, à Trnava en Slovaquie. Pour répondre aux normes européennes, des diodes pour les feux de jour sont ajoutées en bas de pare-choc, tandis que les antibrouillards conservent leur position haute. Le monogramme « Picasso » conserve sa place au bout du capot, et les optiques tout comme les jantes ne sont pas modifiées. La « Space Box » reste ainsi au goût du jour.

Montons dans la gamme et dans le C_42 : entre le deuxième et le troisième étage est exposé le C4 Aircross, le nouveau tout chemins de Citroën. Conçu en partenariat avec Mitsubishi, le C4 Aircross connaît deux clones : le Mitsu ASX et le Peugeot 4008. A la différence de ce dernier, uniquement proposé en transmission 4×4 pour ne pas faire d’ombre au 3008, le C4 Aircross est « 4×4 à la demande » ainsi que Citroën le présente dans ses publicités. Il faut comprendre que le C4 Aircross possède une molette qui permet au conducteur de choisir le châssis qu’il veut : 4×2, 4×4 (avec 50% de couple sur chaque essieu), ou un mode bloqué où le couple est converti électroniquement entre les deux essieux, majoritairement sur l’essieu arrière. Pour contenir les tarifs et répondre à une utilisation urbaine du C4 Aircross, Citroën propose une version uniquement en transmission avant.

Le modèle exposé au C_42 présente la finition haut de gamme, nommée Vapor Grey. Elle se singularise par la présence d’une teinte « Ice vapor grey », dont la texture est annoncée comme « givrée », donnant des reflets mats. D’autres artifices stylistiques équipent cette version, comme une grille de calandre et des montants laqués noir, des vitres surteintées, des touches de chrome sur les poignées de portières, barres de toit, et les rétroviseurs, tandis que les jantes sont bicolores et montées en 18′.

Toujours plus haut dans la gamme, mais présentée au deuxième étage, la nouvelle C5 Tourer restylée. De restylage il ne s’agit que de retouches minimes : les chevrons sont désormais conformes au nouveau logo de la marque, la typographie « C5 » est renouvelée, et les feux sont dotés d’une partie intérieure plus claire. Le moins que l’on puisse dire est que Citroën ne révolutionne pas sa berline ! Mais, en avait-elle besoin ? La C5 se vend toujours aussi bien quatre ans après son lancement, et n’a pas été balayée par le lancement de la cousine Peugeot 508. Son design est toujours d’actualité, ses prestations également, et avec la disparition prochaine de la C6 elle sera l’ultime Citroën à suspension hydropneumatique et à moteur V6 HDi. Dans la force de l’âge, judicieusement mise à jour, la C5, surtout dans cette magnifique version Tourer Exclusive avec jantes Adriatique 19′, est toujours aussi séduisante.

L’avenir de la C5 est assuré, mais il lui faudra être patiente puisque la relève n’est pas prévue avant 2016 dans l’usine de Rennes. Autant dire que ce restylage n’est peut-être pas le dernier. En Chine, l’autre marché où la C5 est commercialisée, une refonte de la calandre et des feux semble imminente.

L’autre haut de gamme Citroën, c’est la DS5. Elle trône au C_42 depuis presque un an déjà : elle était intronisée au printemps lors de l’exposition « DS World » ; puis lors de la dix-neuvième saison consacrée aux Citroën présidentielles elle se posait comme alternative à la C6, devenant réalité lors de l’investiture de François Hollande le 15 mai ; enfin, la précédente saison « New Future » la mettait en avant comme concept devenu réalité, eu égard à son inspirateur le concept C-Sportlounge de 2005. Depuis, la DS5 a changé : elle n’est plus noire mais blanche, en série limitée Pure Pearl ; en revanche, sa mise en valeur avec un « car scan » déshabillant son architecture Hybride est restée.

Près de la DS5, une vitrine « color & trim » permet d’admirer quelques unes des pièces qui habillent l’intérieur de la voiture, notamment les poignées de contre-porte. Une plongée de l’autre côté du miroir, dans le process industriel du véhicule, qui permet de comprendre de quelles matières sont faits certains équipements et comment les designers ont pensé les textures de ce qui devient le quotidien des propriétaires de DS5.

Juste en dessous de la DS5, à l’entre sol avec le rez-de-chaussée, c’est une DS4 qui prend la lumière… Mais ne la renvoie pas ! Sa teinte Hickory mate est spécifique à la finition « Just Mat », limitée à 500 exemplaires, et met en avant ces reflets d’un nouveau genre pour attirer les clients. La DS4 est la version « DS » de la C4, elle n’en reprend que les optiques avant et le tableau de bord. Le reste de la carrosserie est totalement différent, notamment l’architecture de « coupé 5 portes » où les portes arrières voient leurs poignées dissimulées dans le profil du vitrage. Le châssis est raccourci, au grand dam des passagers installés à l’arrière dont l’espace de vie est réduit… sans espoir de pouvoir s’échapper à l’extérieur puisque les vitres sont fixes ! Dotée d’un raffinement typiquement Citroën (le pare-brise Zénith), la DS4 joue également l’originalité par son châssis surélevé, que ne compense pas la monte pneumatique 19′ et ses impressionnantes jantes « Faucheuses » bicolores, reprises au concept-car Survolt. La DS4 se veut ainsi définitivement différente des autres productions automobiles.

Terminons au rez-de-chaussée par une autre première mondiale du C_42, la présence de la DS3 Cabrio. La petite citadine qui a lancé avec succès la gamme DS est désormais disponible en une version décapotable, façon Fiat 500 C, c’est-à-dire que le toit est capoté et que la toile se replie en coulissant contre les montants latéraux. A ceci près que la manœuvre est possible jusqu’à 120 km/h, ce qu’aucune autre marque ne propose sur le marché. La capote a deux positions de repli : au bout du toit, comme sur la photo ci-dessus, mais aussi au-dessus du volet de coffre. Dès lors, la rétrovision intérieure est difficile, tandis que l’accès au coffre est impossible.

La DS3 Cabrio aurait pu être l’occasion d’un restylage de la DS3, deux ans après son lancement et plus de trois ans après le concept DS Inside du salon de Genève 2009 qui la révéla. Proposée comme ultra personnalisable, la DS3 n’a guère vu sa gamme d’options évoluer depuis le lancement : la teinte mativoire a quitté le catalogue, quelques strippings de toit ont été renouvelés, mais les jantes n’ont connu aucune évolution. Au point que celles qu’arbore la DS3 Cabrio sont les mêmes que celles du concept DS Inside, ce qui est un peu dommage quand on connaît le talent imaginatif des designers Citroën et le pouvoir transformant des jantes sur l’impression créée par une voiture. Avec l’arrivée de la variante découvrable, une nouvelle teinte de toit apparaît : bleu Infini, un bleu marine également disponible comme teinte de capote. Le détail le plus notable reste cependant les feux.

Les feux de la nouvelle DS3 Cabrio conservent certes leur forme initiale, mais leur graphisme est totalement inédit : il propose un effet « 3D », grâce à un filament de diode réfléchi dans les feux de stop, qui produit une impression de profondeur inégalée sur une voiture de production. Un petit détail, mais un grand effet.

Vous l’aurez compris, cette 21ème saison du C_42 ne va pas surprendre les connaisseurs de la marque Citroën. Elle est, tout au plus, un bon moyen de réviser ses classiques, et de découvrir -voire redécouvrir- une gamme qui par certains modèles évolue vite (deux nouveautés) et par d’autres vieillit bien -C5 Tourer. L’objectif de Citroën est clair : il faut frapper fort auprès des néophytes et des amateurs de passage dans la capitale, afin de vendre ses modèles. On ne peut guère le reprocher à la marque, qui en a plus que jamais besoin. Elle n’hésite d’ailleurs pas, au deuxième étage, à exposer au mur l’ensemble de sa gamme,découvrable à travers une animation en 3D, tandis que des hôtes proposent des essais aux visiteurs. On espère donc que ces efforts seront récompensés. Vous avez jusqu’à la fin de l’année pour retrouver cette saison au C_42, avenue des Champs Élysées à Paris.

Crédit photographique : François M.
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Court bonus WRC habituel, au sous-sol du C_42 : c’est toujours la DS3 WRC qui reçoit les visiteurs, avant que ceux-ci n’aillent expérimenter le cinéma 4D, qui vous fait monter à bord d’une DS3 WRC en plein tests avec S. Loeb. Un détail a cependant changé : l’arche, qui jusqu’au dernier Rallye d’Alsace indiquait « Champion du Monde 2011 » a remplacé la date par « 2012 », et c’est bien le minimum pour célébrer le neuvième titre du plus grand pilote de rallye de tous les temps !