MotorVillage Maserati (3)L’avenir s’annonce tumultueux pour Maserati. Sa gamme, actuellement composée de trois modèles, va connaître d’ici 2015 un renouvellement et deux lancements. En 2014 doit être lancée la Ghibli, berline du segment E qui sera révélée dès le salon de Shanghai, et en 2015 viendra le Levante, un SUV sportif se posant en alternative au Porsche Cayenne. A l’issu de ces lancements, Maserati doit atteindre les 50 000 ventes par an, une valeur qui sera soutenue en 2016 par le renouvellement des GranTurismo et GranCabrio. Mais avant cela, cette année, c’est la Quattroporte qui est renouvelée. Le nouveau modèle est une véritable limousine de plus de 5,10 m, à l’agilité remarquable. Avec une telle actualité, il n’est pas étonnant que le MotorVillage du Rond-point des Champs Elysées dédie sa première exposition de 2013 à la marque au Trident. Appelée « Maserati introducing the new Quattroporte », elle présente nombre de véhicules du présent et du passé, pour le plaisir des yeux.

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Commençons cette visite par la plus ancienne des voitures présentes mais aussi l’une des plus sportives : la Maserati 6C de 1934. A une époque où les succès en sport automobile sont autant de renommée nationale en Europe, la 6C Maserati revêt la teinte rouge vif réservée à l’Italie pour mieux se différencier des belles bleues de France Bugatti ou des Flèches d’Argent allemandes que sont les Mercedes et Auto Union, dont la domination commence. Cela se fait au détriment de la Maserati 6C, qui bien que dotée d’un 6 Cylindres 3,2 l de 260 chevaux, ne remporte pas de succès en Formule 750 (une catégorie réservée aux voitures de moins de 750 kg).

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Poursuivons notre visite avec, au rez-de-chaussée, la 3500 GT Spyder. C’est une décapotable qui fut produite de 1957 à 1964. C’est une Maserati importante pour l’histoire de la marque, car c’est la première à avoir été construite en série, et aussi la première à rencontrer un grand succès commercial auquel l’équilibre et la pureté de ses lignes, née de la collaboration entre Touring et Giulio Alfieri, n’est pas étranger. Il s’agissait pour le Trident de concurrencer la série des Ferrari 250 GT. Si le coupé s’écoula à plus de 2200 exemplaires, le Spyder eut une diffusion plus limitée, entre 242 et 253 modèles fabriqués.

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Parler de Maserati ces dernières semaines, c’est parler de la Quattroporte. Contrairement à Porsche et sa Panamera, Maserati n’est pas un nouveau venu sur cette niche du grand tourisme que sont les « coupés 4 portes » ou « limousines de sport ». Lancée il y a tout juste cinquante ans, le label des sportives à « quatre portes » lancera bientôt sa sixième génération. Aux entre-sols du MotorVillage, c’est cette Génération 1 de 1963 ainsi qu’une Génération V de 2004 qui sont exposées. Produite à 776 exemplaires jusqu’en 1969, elle doit ses lignes à Pietro Frua. Cette Quattroporte était mue par un V8 4,2 l de 260 chevaux puis 4,7 l de 290 ch à partir de 1966. C’est à cette version, écoulée à 561 unités et reconnaissable à ses double-optiques à l’avant, que le modèle présenté à Paris appartient.

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Restons en 1966 avec un autre patronyme légendaire bientôt renouvelé : la Ghibli. Motorisée par le V8 4,7 de la Quattroporte I.2 (mais poussé à 320 chevaux) puis par un 5,0 l de 355 chevaux, la Ghibli est la réplique du Trident aux Ferrari 365 GTB/4 (Daytona) et Lambroghini Miura. Son design fastback est réalisé par Giugiaro, c’est une ligne pure esthétiquement, mais qui réduit surtout les perturbations aérodynamiques, un détail peu anodin quand la Ghibli doit pouvoir monter à 255 km/h. Au total, 1149 coupés tels que le jaune du MotorVillage sont produits, tandis qu’une centaine de cabriolets seulement voit le jour.

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Après le Ghibli, un autre vent égyptien : le Khamsin ! Ou plutôt, la Khamsin puisque entre 1974 et 1983 ce coupé fait souffler un vent tempétueux chez Maserati. En effet, la Khamsin naît en pleine période de séparation avec Citroën, qui va jusqu’au dépôt de bilan en 1975. Refusée par la justice italienne, cette procédure est lourde de conséquence pour le constructeur italien qui se retrouve sans moyens. Ainsi toutes les commandes de Khamsin ne seront pas honorées, et seuls 435 exemplaires seront produits. Sous son capot, on retrouve le V8 4,9 l de la Ghibli, dégonflé à 320 chevaux, mais suffisant pour atteindre 275 km/h.

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Sautons trois décennies et atterrissons en 2003, année de la présentation à Francfort de la cinquième génération de Quattroporte. Cette fois due au dessin de Pininfarina, la berline italienne est le premier fruit Maserati conçu avec Ferrari, qui fournit le V8 4,2 de 400 chevaux. Au cours de sa carrière, qui s’est terminée tout récemment, la Quattroporte a vu sa puissance grimper (405, 440, 460 chevaux) selon les versions, lui permettant d’aller jusqu’à 270 / 285 km/h. Appréciée pour l’équilibre de son design, elle est restylée en 2008 et c’est une version GTS qui est présentée au MotorVillage.

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La gamme Maserati se complète avec le duo GranTurismo/GranCabrio. Présentée en 2007, la GranTurismo remplace la série 3200 GT/Coupe. Propulsée par les mêmes moteurs que la Quattroporte (V8 4,2 l de 405 ou 4,7 l de 460 chevaux), c’est en version Sport qu’elle est exposée à Paris, qui a commencé sa carrière commerciale l’an passé. Elle doit assurer encore sa présence dans la gamme jusqu’en 2016. Pas d’inquiétude donc, ses belles lignes rebondies (toujours l’œuvre de Pininfarina) ne vont pas disparaître sous peu.

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Dérivée de la GranTurismo S, la GranCabrio naît en 2009 et n’est proposée qu’en version V8 4,7 l de 440 et 450 chevaux. Sportive, elle n’en reste pas moins un agréable cabriolet pour rouler tignasse au vent. Gare toutefois aux coups de gaz : elle peut monter jusqu’à 285 km/h, et passer le 0 à 100 km/h en 5,2 secondes !

La GranTurismo se décline en version de compétition, baptisée MC Trofeo. Il s’agit pour Maserati de prouver ses aptitudes sportives, et de faire parler de ses produits en créant un événement sportif. Depuis 2010, le Trofeo Maserati propose des GranTurismo S retravaillées par les techniciens de la marque. Allégées, elles possèdent un V8 de 488 chevaux et sont vendues en 155 et 158 000 euros.

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Enfin, l’exception qui confirme la règle : Maserati produit bien des coupés, berlines et voitures de compétition… Sauf lorsqu’il collabore avec Abarth. De leur rencontre naît la 695 Edizione Maserati, une Fiat 500 très revue produite à 499 exemplaires et mue par un 1,4 l Turbo T-Jet de 180 chevaux. Sa finition est retravaillée pour être luxueuse, avec des dotations de marque (audio JBL, instrumentation Jaeger), tandis que l’habitacle est tendu de cuir sable. Les teintes extérieures sont uniques à ce modèle.

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Deux regrets sont à formuler au sujet de cette exposition. D’une part l’éclairage et la mise en scène des voitures sont ratés. Le vitrage courbé se marie très mal avec les spots à diodes, et les reflets sont du plus mauvais effet pour prendre des photographies, d’autant qu’en soirée l’espace devient vraiment sombre. D’autre part, l’intitulé de l’exposition est légèrement trompeur. En mentionnant « the new Quattroporte », on s’attend à la découvrir sur place, alors que le verbe « introducing » (amener, préparer, présenter en Anglais) signifie davantage que Maserati fait parler de ses productions pour mieux lancer la grande berline au printemps prochain.

Pour ne pas terminer cet article sur une note fâcheuse, voici d’autres photographies.


Edition 25 février.

Pour être complet, sachez qu’une Quattroporte 2013 a rejoint le MotorVillage à la fin du mois de février : elle remplace au premier étage (toujours aussi mal éclairé) la Quattroporte GTS qui migre au sous-sol, en lieu et place de la GranCabrio rouge.

Maserati Quattroporte 2013 (7)

C’est l’occasion de faire un retour en photos sur quelques de ces Maserati, avec donc la nouvelle Quattroporte 2013.

L’exposition se termine le 17 Mars 2013.

Crédit Photographique : François M.