Une vague rouge passion déferle chez Renault. Les prochaines années vont être chaudes.

Initialement Muse de l’Histoire et du Passé, Renault fait de Clio une Muse de la Passion en charge de son devenir commercial. Rien de moins. La pérennité industrielle du constructeur au losange dépend en grande partie du succès de ce nouvel opus.

C’est fun, c’est coloré, mais attention, la qualité n’y est pas .

 

On perçoit pourtant une prise de risque dans la présentation audacieuse de cette Clio IV. A voir la nouvelle version du best seller Renault qui s’est déjà vendu à plus de 12 millions d’exemplaires, on imagine qu’elle a du renverser pas mal de tables au Technocentre avant de pouvoir se glorifier aujourd’hui d’avoir cassé le moule d’une lignée en perte de personnalité. Depuis que la Clio 1 est sortie de son oeuf, la concurrence est devenue intrépide et la petite Renault, elle, n’a cessé de perdre de sa pétulance. Antony Villain, designer en chef du projet, nous révèle que les maquettes intérieures et extérieures ont soulevé un enthousiasme inédit à tous les niveaux de l’entreprise, et le projet a emporté avec lui la motivation de toute la maison Renault, impatiente de redevenir fière de ses produits face à un Citroën tonitruant et couvert de lauriers. Cette toute nouvelle Clio porte fièrement le titre de première Renault entièrement conçue sous la direction de Laurens Van Den Acker. Finies la froideur de Laguna, la fadeur de Twingo, finies les questions, les doutes, les hésitations, priorité est aujourd’hui donnée au style et la Clio IV annonce une future gamme où le design aura toujours le dernier mot dans les differentes étapes du développement d’un modèle. Il ne s’agit donc là que d’une mise en bouche ! Bon appêtit Mesdames, Messieurs, la future gamme au losange s’apprête à réveiller nos sens .

 

Les feux immenses n’accueillent pas les leds des feux de jour. Leur implantation est discutable.

 

Pas de leds à l’arrière. Dommage …

 

La dégustation de ce fruit alléchant et heureusement non défendu, a lieu en Toscane, sur une terre italienne, mère des plus grands carrossiers automobiles. Il n’y a plus de doutes, la passion est belle et bien de retour chez Renault.

La chevauchée mécanique s’avère alléchante, je vais goûter à une motorisation inédite, le trois cylindres Energy 0.9 TCe  12s développant 90ch pour 104g CO2/km. La version d’essai est une magnifique Clio habillée d’un jaune éclair gourmand en finition dynamique sport, magnifiquement chaussée en 195/55 R16 87H avec jantes diamantées noires. Pour les raisonnables, elle est équipée d’un Stop&Start et d’un mode ECO aussi futile que politiquement correct. En fait la Clio 0.9l s’apprécie en dévergondée quand elle monte haut dans les tours en émettant un râle de plaisir encore inconnu à ce niveau de gamme chez Renault. La Clio affiche enfin une personnalité vivace et enjouée. La direction éléctrique à assistance variable qui parait très légère de prime abord, s’avère précise et efficace. La boîte 5 souffre d’un étagement de rapport plutôt long mais les reprises, certes modestes, s’avèrent suffisantes pour la catégorie et l’usage supposé d’une Clio au quotidien …. Les pilotes plus exigeants attendront le 1.2l de 12Och, et les fortunés la RS et sa cavalerie de 200ch ! Fidèle à sa réputation de « grande » petite, la Clio distille un confort en phase avec ses ambitions, en offrir toujours plus dans sa catégorie. Longue de 4.06m, la nouvelle Clio joue les mannequins de haute volée dans une catégorie en cure de centimètres sans peur de faire de l’ombre à la Mégane. La Clio capte plus de nouveaux clients dans les possesseurs de compactes que de petites citadines. Le niveau d’équipement et de prestations élevées est là pour maintenir cette captation à son meilleur niveau malgré une habitabilité en retrait. Le nouveau style sensuel de la citadine de référence s’appuie sur sur une plate forme connue mais dont les voies ont été élargies de 34 à 36 mm selon les versions.

 

Renault fait fort en présentation, à la limite du bling bling …

Une face avant expressive, un logo décomplexé, vous allez aimer votre Renault !

 

Si le coffre a grandi, l’espace intérieur est juste correct, et même insuffisant en garde au toit à l’arrière. La Clio est une voiture de designer née pour plaire, le style n’a pas toujours raison. Le tableau de bord ancre résolument le style Renault dans une ère moderne et technologique. Les cadrans futuristes offrent une visibilité parfaite. Pour le reste on regrette que le levier de vitesse n’ai pas fait l’objet de plus de soin, et on apprécie le motif résilles ( on vous l’a dit que Clio voulait être la plus sexy !) sur la planche de bord et le dossier des sièges avant. L’ecran tactile Media Nav est monté en série avec toute la connectique nécéssaire ( prises Jack-USB ). Comme chez la concurrence, l’effort de qualité des matériaux est concentré sur le dessus de la planche de bord. Le reste du mobilier s’avère trop brillant et sonne creux. Sur ce point, la Clio III faisait beaucoup mieux. Des enjoliveurs personnalisables sont répartis à la base du volant, autour du levier de vitesses et sous l’accoudoir des portes avant. L’effort est louable, mais la qualité et la pertinence esthétique du résultat est plus que discutable. Ces matérieux sensés être funs et valorisants sont souvent cheap et salissants … L’austérité à la VW a encore de beaux jours devant elle, malheureusement.

 

Comme Ford avec la Fiesta et Opel avec la Corsa, Renault propose un intérieur coloré. Combien de Clio vendues en seront équipées ?

La platine laquée noire autour de l’écran tactile est très salissante.

Fabriquée à Flins dans les Yvelines et à Bursa en Turquie, la Clio porte fièrement la cocarde tricolore …

 

Dans le détail, je m’interroge sur certains choix budgétaires, comme celle d’équiper le capot d’un magnifique vérin qui assiste superbement l’ouverture vers le moteur alors que le volet de coffre ne dispose d’aucun moyen ergonomique pour être fermé facilement d’un seul geste. Cette Clio se veut certes passionnante, mais je ne pense pas qu’à l’usage on ait à admirer plus souvent l’intimité de sa mécanique qu’à charger le coffre quotidiennement…

 

Vos mains resterons propres en ouvrant le capot. Pour ce qui est du coffre c’est moins sûr …

 

Une proposition de personnalisation osée et réussie.

Sous certains angles, la nouvelle CLIO semble faire la synthèse de plusieurs modèles SEAT … Pour apparaître plus latine ?

Habitabilité correcte à l’arrière, sauf en hauteur. L’accès n’est pas très large.

Le levier de vitesse connu depuis longtemps sur d’autres productions du losange n’a pas sa place ici.

 

 

Le mot de la fin revient à Carlos Tavares qui disait vrai dans son interview au BlogAutomobile ( à lire ou relire ici : http://blogautomobile.fr/entretien-carlos-tavares-164119#axzz2A26dDjuP ). Renault est de retour avec « un design plus sensuel, plus sculptural et émotionnel. » Une « love machine » sur quatres roues pour un quotidien en citadine plus excitant qua jamais.  La Clio IV va sans doute changer le cours du match de catch qui voit s’opposer les petites demoiselles Renault et Peugeot sur le marché des citadines en France. A même le bitume et dans le plus simple appareil, elles se rendent coups sur coups de mères en filles depuis plusieurs décennies. Aujourd’hui, avec une 208 devenue plus pudique que ne l’était la 207, la partie semble prendre un nouveau tournant à l’avantage de la frondeuse Clio qui joue à fond et sans vergogne la carte de la séduction. Les courbes de la Clio IV s’apprécient beaucoup plus en vrai que sur papier glacé. Sitôt cet article lu, courrez en concessions poser votre regard et vos mains curieuses sur les courbes de cette Muse. Elles n’ont d’autres raisons que de vous faire succomber. La passion est de retour, la sensualité aussi ! Saurez-vous y résister ? La Clio vous allume par sa carrosserie affriolante, elle vous reçoit dans un intérieur moderne et attrayant. Attention, à la fin de cette phase d’approche préliminaire, c’est un vendeur Renault qui vous tendera un bon de commande avec son plus beau sourire. Mais, vous auriez tort de ne pas y succomber …

 

Accès carte mains libres, la carte Renault enfin proposée sur Clio.

 

 

Bonus :

Chez Renault on défend fermement que le design de la nouvelle Clio 5 portes se suffit à lui même pour ne pas proposer de version 3 portes. Cette offre est pourtant  jugée plus attractive par une clientèle exigeante en terme d’image. En voyant, ci-dessous, les illustration de notre ami Theophilus Chin on peut trouver que cette version est encore plus aguicheuse que l’officielle, notamment pour ceux qui, comme moi, trouvent un intérêt très limité à la 3ème et minuscule vitre latérale. J’espère plutôt que cette abscence d’une 3 portes dans la gamme tient surtout dans le besoin de laisser sa place au projet d’une R5 revenue d’outre tombe pour mettre la zizanie dans le ballet chic et urbain où brillent les Mini et DS3.

Une proposition plus équilibrée et séductrice que le faux coupé 5 portes.

Sexy non ?

 

En savoir plus sur Theophilus : http://www.theophiluschin.com

Son portrait pour le BlogAutomobile : http://blogautomobile.fr/portrait-de-theophilus-chinautomotive-manipulator-114398#axzz2A26dDjuP

 

 

Attention, toutes les Clio ne seront pas jaunes, rouges ou bleues ; ce gris devrait malheureusement faire partie des meilleures ventes.

En savoir plus sur la gamme CLIO IV : http://www.renault.fr/gamme-renault/mini-sites-vehicules/nouvelle-clio-IV/fallback/index.jsp

 

Séquence émotion avec les Clio 1, 2, 3 et 4 réunies sur la place de Volpoia , petit village dans le Chianti.

 

 

Antony Villain défend avec passion et professionalisme les choix stylistiques de la Clio IV.