Le petit constructeur américain Equus revient avec un second modèle. Cette fois-ci, plus d’inspiration Mustang, mais une transformation assez radicale de Corvette.

Je vais commencer par un petit mea culpa. J’ai déjà parlé d’Equus Automotive sur ce mirifique blog, au sujet de leur Bass770. Sorte de super muscle car moderne, elle s’inspirait grandement des Ford Mustang, Dodge Challenger et autres Chevrolet Camaro de la fin des années 60, mais remise au goût du jour, modernisée et avec une base technique inédite. J’étais plutôt sceptique sur l’aventure, d’autant que son histoire n’avait pas été simple. Tant de petits constructeurs sortis de nulle part promettent monts et merveilles à des clients crédules contre un chèque d’acompte avec quelques zéros. Et pourtant, il semble bien que non seulement Equus Automotive produise bel et bien sa voiture en toute petite série, mais qu’elle tourne plutôt fort. Elle a notamment été essayée par Top Gear USA qui n’a pas trouvé grand chose à en redire. Je vais donc m’autoflageller avec des orties afin d’expier mes pêchés.

Voilà, c’est fait. C’est donc d’une main quelque peu tremblotante que je vais rédiger cet article consacré au second modèle de chez Equus : la Throwback. Derrière ce terme signifiant quelque chose comme « retour » ou « retour en arrière » se dissimule en fait un véhicule très moderne : une bonne vieille Chevrolet Corvette C7 ! Hé oui. A l’instar de certains carrossiers européens comme Touring (relire par exemple nos articles sur la Shiadipersia ou la Disco Volante Spider), Equus se lance dans le recarrossage de modèles existants. Entreprise moins risquée financièrement que la conception complète d’un modèle ab nihilo.

La Throwback veut, par le biais de nouveaux panneaux de carrosserie en fibre de carbone, rendre hommage aux générations de Corvette précédentes (d’où le « Throwback » !). Les profondes moulures latérales évoquent ainsi les flancs des C1, les 4 feux arrières ronds les C3 et C4 et également la C3 pour la proue plutôt agressive. On y trouve même une réminiscence des premières C2 Split Window dans le dessin de la lunette arrière. Quant au reste, difficile d’y voir une référence évidente. Les 3 énormes sorties de pot me font plutôt penser à un concours de tuning qui a mal tourné. Et il en est de même des feux avants ajoutés dans le bouclier qui semblent tirés tout droit d’une Aston Martin GTE. L’effort de transformation est louable (on pourrait même y voir une ressemblance avec une Ferrari F12berlinetta) mais il n’évite pas certaines fautes de goût à mes yeux, là où la Bass770 réalisait un quasi sans faute. Allez, un petit effort à fournir et ce sera bon, à moins que le programme de personnalisation de la marque ne permette d’éviter ces quelques écueils.

Sans surprise, l’habitacle est repris intégralement d’une Corvette C7, en modifiant simplement les habillages. Au revoir le cuir et le plastique, bienvenue à l’Alcantara et à aluminium bouchonné. Vous avez d’ailleurs intérêt à aimer l’Alcantara car il y en a vraiment partout, en rouge, en gris, en noir. Cela doit être configurable, heureusement. Sur le volant, le logo d’Equus : un habile mélange de cheval cabré et de taureau qui charge. Déjà vu, vous dites ?

Sous le capot, il y a par contre un peu de nouveau : le V8 atmo reçoit le prompt renfort d’un compresseur et développe à présent 1000 ch et 1114 Nm de couple. Le tout sur les seules pauvres roues arrières qui vont faire de leur mieux pour claquer le 0 à 100 km/h en 2,5 secondes et atteindre 354 km/h. De belles performances, mais qui restent à confirmer.

Equus souhaite conférer une certaine exclusivité à sa création, qui sera limitée à 25 exemplaires, vendus au prix (minimum, j’imagine) de 130 000 $, soit environ 10 000 $ de plus que la toute récente ZR1, qui est probablement d’une toute autre trempe en conduite rapide.

Crédits photos : Equus Automotive