Essai Hyundai i30 Fastback N-Line Facelift : l’offre unique qui fait mouche

Si l’année 2020 fut particulière pour l’ensemble du secteur automobile avec une baisse des ventes avoisinant les 20% dans le monde entier et que les résultats 2020 ne sont pas encore connus pour la plupart des constructeurs, nul doute que Hyundai aura su tirer son épingle du jeu grâce à une gamme de plus en plus large, actualisée et même pour partie renouvelée. Il y a un peu moins d’un an, le constructeur coréen dévoile ainsi la version facelift de sa compacte qui gagne au passage une finition N-Line disponible sur l’ensemble des 3 carrosseries du catalogue (hatchback, break & fastback). C’est d’ailleurs la seule finition disponible pour la version Fastback que nous essayons avec sa motorisation (elle aussi unique pour la Fastback) 1.5 L T-GDI à micro-hybridation 48V.

Les coréennes moches, c’est terminé depuis plusieurs années et la Hyundai i30 en est l’illustration parfaite. Depuis au moins 2 générations, la compacte bénéficie d’un ratio prix/équipements particulièrement avantageux et d’un style plutôt gratifiant qui fait son petit effet à sa sortie. Notre i30 en question est la déclinaison tricorps dénommée Fastback du modèle dévoilé en 2017 et bénéficie donc du facelift opéré l’année dernière. Ce type de carrosserie fait mouche auprès d’une clientèle bien précise en suivant la mode des compactes “coupées” initiée par la Mercedes CLA et rapidement suivie par la BMW Série 2 GranCoupé (élue plus belle voiture de l’année 2020  à l’occasion du Festival Automobile International, rien que ça). En prenant le pas aux marques premium, Hyundai affiche une fois de plus ses grandes ambitions sur le vieux continent avec une croissance à deux chiffres l’année dernière en France.

Retouches mineures

Signe que l’i30 est un produit qui arrive à maturité, le facelift de mi-carrière opéré reste mesuré et principalement esthétique. La face avant évolue en douceur avec une nouvelle signature lumineuse en forme de chevron (un dans chaque optique) et une calandre en nid d’abeille bien plus ajourée qu’auparavant. Le style de la version Fastback est à mon sens le plus réussi. Élégant, moderne et sans fioriture, il incarne à mon sens la percée réussie du constructeur coréen sur le marché des généralistes pour devenir une alternative cohérente face aux français ou à VW et non plus un choix par défaut pour une raison de budget sans pour autant tomber du côté de chez Dacia. Un seul reproche à faire, la bande de catadioptre apposée sur le diffuseur arrière. Une fois remarquée, vous ne verrez plus qu’elle…

Les appendices esthétiques spécifiques à la finition N-Line tels que le bouclier avant et le diffuseur arrière participent à cette impression “premium”, de même que les jantes 18 pouces. À l’intérieur, on retrouve également la panoplie complète d’une compacte sportive, mais sans le ramage de la tonitruante i30 N. Sièges enveloppants à la finition cuir/alcantara, logos N brodés, surpiqûres rouges, volant et pommeau de levier de vitesses badges N, le résultat est particulièrement réussi. Je regrette toutefois que le même traitement n’ait pas été apporté aux contreportes qui semblent avoir été complètement délaissés et jurent même quelque peu. Pour ce qui est des mises à jour intérieures, l’écran multimédia principal est agrandi pour atteindre la taille généreuse et respectable de 10,25 pouces tandis que la liste des services connectés Bluelink se trouve elle également mieux fournie et surtout disponible pendant 5 ans, la durée de garantie, une belle exclusivité sur le segment où les abonnements après-vente payants prennent le relais au bout de 3 ans maximum.

Sous le capot, l’ensemble des motorisations adopte la micro-hybridation 48V tandis que le 1.4 L 140 ch est remplacé par un 1.5 L 160 ch, lui aussi secondé par la dite micro-hybridation permettant de limiter les rejets de CO2 à 138 g, soit un malus 2021 de seulement 170 € et une consommation mixte annoncée à 5.4 L / 100 kms. Pas mal du tout pour ce niveau de puissance. Le 1.5 L associé à une boite automatique DCT à 7 rapports permet d’abattre le 0 à 100 km/h en 8,8 secondes et d’atteindre une vitesse max de 210 km/h. De quoi être dans la première moitié pour vos départs aux péages tonitruants sur la route des vacances.

Prestations de haut vol

Une plastique aguicheuse, une fiche technique honnête pour la catégorie, on se rapproche du benchmark idéal sur le segment. Simplement, il faudra plus à la i30 qu’une belle carrosserie pour venir taquiner les références du marché. En montant à bord de l’i30 Fastback, je trouve avec plaisir une position de conduite basse, réglable à l’envie électriquement avec une fonction de mémorisation (on sous-estime cette fonctionnalité jusqu’à ce que l’on doive changer de conducteur régulièrement). Seul bémol, il m’apparait bien difficile malgré ma grande taille de jauger de la longueur du capot, ce dernier s’avérant complètement invisible depuis le poste de conduite. Les radars à l’avant viennent toutefois palier à ce léger désagrément.

La dotation de série comprend les sièges ainsi que le volant chauffants. Les voyages au long-court semblent de bonne augure, sentiment confirmé lors de mes premiers tours de roues à vitesse stabilisée sur voie rapide où le 1.5 L s’avère tout ce qu’il y a de plus discret. Une attention toute particulière a été portée du côté de l’insonorisation de l’habitacle. Ajoutez à cela une finition de bon standing, fermez un instant les yeux et vous vous croyez sans mal au volant d’une Golf 7, la 8 ne semblant plus faire office de référence en matière de qualité perçue.

3 modes de conduite sont disponibles, Eco, Normal & Sport. Si la réponse de l’accélérateur ne se trouve pas dégradée en mode Eco par rapport au mode Normal (seul le kick-down semble plus paresseux), la recherche d’économie de quelques précieux centilitres de carburants s’en trouve optimisée tout comme la discrétion du 4 cylindres, c’est donc le mode que j’ai utilisé la plupart du temps quels que soient mes parcours. Sur voie rapide à rythme stabilisé autour de 110 km/h, la i30 brille par la frugalité de son 1.5 L et passe sans mal sous la barre des 5.0 L / 100 kms de moyenne. La sensibilité de la direction semble idéale pour un maintien de cap aux petits oignons, secondé par la conduite semi-autonome de niveau 2 qui fait son apparition sur le modèle et les bruits aérodynamiques se font aux abonnés absents, c’est du très bon travail.

Sur le réseau secondaire, la i30 Fastback n’est pas en reste. Son châssis brille par un dynamisme remarquable et une prise de roulis étonnement bien maitrisée. Le mode Sport n’a pas grand intérêt si ce n’est de prendre le contrôle (en partie seulement) de la boite de vitesses, surtout que le bruit du bloc n’a pas du tout été travaillé pour satisfaire les mélomanes. Le train avant, sur un rail, met en confiance le conducteur. La direction bien que consistante au premier abord semble manquer de précision, la faute sûrement aux Michelin Pilot Sport 4 qui ne réagissent pas si bien aux températures négatives rencontrées lors de l’essai.

Bilan routier, la i30 Fastback joue dans la cour des grands et fait preuve de la meilleure polyvalence que l’on peut s’attendre à trouver sur le segment. La consommation, plafonnant à 5.8 L sur l’ensemble de mon essai achèvera sûrement de vous convaincre sur ce point.

Dans le mille

Prestations routières dignes des références historiques du segment, équipement pléthorique, consommation respectable, style gratifiant, la i30 Fastback sous sa déclinaison unique 1.5 L T-GDI met dans le mille et constitue à mes yeux l’une des alternatives les plus pragmatiques aux stars VW Golf et Peugeot 308 tout en proposant une once d’originalité en plus, que ce soit à travers le blason porté ou le type de carrosserie arboré. À 32 550 € hors remise et 55 litres de plus qu’une i30 compacte standard, démarquez vous et optez pour la Fastback !

Quelques chiffres

Dimensions : 4455x1795x1430
Poids à vide : 1497 kg
Volume coffre :  450 L
Volume réservoir : 50 L 
Consommation mixte constatée  : 5.8 L/100 kms (5.4 annoncés)
Rejet CO2 moyen annoncé : 138 gCO2/km 
Cylindrée : 1482 cc
Puissance max : 160 ch au régime de 5500 trs/min
Couple max : 253 Nm au régime de 1500 trs/min
Vitesse max : 210 km/h
0 à 100 km/h : 8.8 sec

Crédits Photos : Maurice Cernay

Total
0
Shares
Previous Post

Porsche 911 GT3 (type 992) : du nouveau mais pas trop

Next Post

McLaren Artura : place au V6 hybride

Related Posts