Comme si bien introduit lors de la conférence de presse : il y a dix ans, un client achetait Hyundai car “il ne revenait pas avant 5 ans (sous-entendu il partait avec une voiture fiable et garantie – ndlr), il avait une voiture économique et moche”. C’est dire la prise de conscience qu’a eu la marque coréenne ces dernières années pour progresser sans cesse dans sa captation de parts de marché. Il est vrai que le Santa Fe premier du nom (dont nous reparlerons dans quelques semaines) et la Tiburon GT pour ne citer que ces deux modèles n’étaient pas – soyons francs – des purs canons de beauté. Aujourd’hui, la marque réalise des performances honorables en France et affiche plus de 35 000 modèles écoulés au sein de l’Hexagone l’année passée, soit une croissance à deux chiffres par rapport à 2017. C’est bien, très bien même, surtout dans le contexte actuel. Contexte duquel profite plutôt bien Hyundai en proposant aujourd’hui la gamme “électrifiée” la plus large du marché, dont le Kona est incontestablement la guest-star. Le Kona, ce petit SUV urbain qui commence à fleurir dans nos rues petit à petit se décline désormais en 4 types de motorisation différents (Essence, Diesel, Hybride, Electrique) et obtient sans aucun doute la palme de la plateforme la plus optimisée pour un même modèle, juste derrière la Golf 7 qui propose à qui l’osera de rouler à l’Ethanol. Fin 2017, Blogautomobile vous emmenait dans le sud de la France découvrir ce nouveau venu du segment B (à relire ici). Mieux, notre intrépide essayeur au grand cœur Ugo s’est dévoué pour mettre à l’épreuve le Kona electric 64 kWh à travers un roadtrip de plus de 2000 kms pour rejoindre Oslo (à redécouvrir ici). Ecore mieux ! Jean-Baptiste, amateur invétéré de la propreté (dans ses modes de propulsion favoris pour se mouvoir j’entends) mit à l’épreuve en juin dernier le Kona electric dans sa version 39 kWh, à la puissance et autonomie moindres mais au prix d’appel plus attrayant (à relire ici). Si vous ne supportez pas le suspense et que relire 3 articles entiers avant de vous atteler à celui que dévorez en ce moment même vous effraie, je vais vous orienter un peu : vous ne lirez que du positif sur le Kona, quelle que soit sa version essayée jusqu’alors. Mais qu’est que va bien pouvoir donc pouvoir vous apporter cette 4ème dissertation qui a pour objet un SUV coréen dont l’intérêt que vous lui portez ne dépasse sûrement pas celui de tant d’autres ?
1/ La vision d’un néophyte absolu Hyundai
2/ La vision d’un “je roule et je pollue mais je me soigne” à propos des dernières propositions électrifiées de la marque coréenne
3/ Quelques éléments nouveaux sur ce fameux B-SUV qui voit l’arrivée d’une motorisation hybride dans la gamme
Et tout ça sur votre blog préféré, elle n’est pas belle la vie ?

Hyundai entendait bien profiter de cette position de néophyte comme nombre de mes compères essayeurs de différents médias autres pour nous faire découvrir, à leur manière, l’univers Hyundai et plus particulièrement l’univers BlueDrive, appellation produit qualifiant la gamme Hyundai électrifiée, allant de l’hybridation légère 48V sur le Tucson, en passant par l’hybridation et l’hybride rechargeable pour arriver aux modèles 100% électriques que proposent la gamme Ioniq et Kona. Si les premiers kilomètres ont démarré au volant d’une Ioniq hybride, c’est au volant des Kona hybrid et electric 64 kWh que j’ai passé le plus clair de mon temps. 

Monsieur Kona Hybrid et moi même faisons donc connaissance, non sans mal au début tant la teinte Acid Yellow (que je vois verte, votre avis m’intéresse sur ce point) m’agresse les pupilles. Ok j’ai déjà eu deux voitures jaunes dans ma courte vie de conducteur mais quand même, faut oser. Tout comme le style d’ailleurs. Dites adieu à toute consensualité, Les optiques avant imitent quelque peu le style Citroën inauguré sur la gamme C4 tandis que la grande calandre singe celle des Audi. L’ouverture factice entre cette dernière et le capot n’est pas sans rappeler d’ailleurs la face avant de l’Audi A1 (sauf que le Kona est sorti en 2017, donc c’est Audi qui a copié, breeeeeef, on s’en fiche). C’est osé, on y voit des inspirations puisées ça et là chez d’autres constructeurs, et on s’aperçoit surtout que Hyundai peine à trouver une identité de marque, une véritable signature visuelle. J’admire le travaille effectué par Kia de ce côté là. Les assemblages sont en revanche tout ce qu’il y a de mieux. Avec autant d’éléments de carrosserie, ce serait dommage qu’il en soit autrement.

L’intérieur bénéficie des dernières mises à jour, contrairement à celui du Kona electric. On retrouve donc une large dalle numérique de 10,25 pouces en diagonale, présente également sur la Ioniq. La comparaison s’arrête là puisqu’à motorisation équivalente, le Kona Hybrid prend le parti de revenir à des compteurs à aiguilles tandis que la Ioniq Hybrid 2019 utilise une instrumentation 100% digitale, identique à celle du Kona electric d’ailleurs. Ça va vous suivez ? Non ? Il faut dire que ça manque un peu de rationalisation, Hyundai si vous me lisez.

Le système Infotainment & Multimédia ne souffre d’aucune critique. L’affichage est on ne peut plus précis, le tactile réactif et la liste de services connectés proposés au niveau de ce que l’on retrouve sur des modèles de gamme supérieure. Regroupés sous la bannière “Hyundai Live”, vous accédez selon l’envie à la localisation des stations-service, stationnements et distributeurs Hyundai,  au prix des carburants, aux informations trafic ou encore aux prévisions météorologiques. Si l’intérieur transpire le fun grâce aux touches Acid Yellow assorties, l’habitacle n’y perd pas en qualité de finition pour autant. Plastiques moussés, matériaux de première qualité et du cuir / simili cuir aux surpiqures fines, Hyundai soigne sa présentation. On retrouve le même sérieux dans l’assemblage intérieur sur le Kona electric, seule la dalle numérique trahissant la conception antérieure et le levier diffèrent, pour laisser place sur la version 100% électrique à des boutons. 

Sous le capot du Kona Hybrid, on retrouve le même bloc que sur la Ioniq Hybrid : un 1.6 L essence atmosphérique de 105 ch couplé à un moteur électrique qui prend la main automatiquement en fonction de la situation ou agit en complément du moteur thermique. On reste donc sur un premier niveau d’hybridation pour une puissance combinée de 141 ch, le tout géré par une boite robotisée pas franchement agréable. En conditions de conduite “normales”, le bloc est un peu à la peine en relance et les performances restent très modestes. 11,6 secondes pour le 0 à 100 km/h, la conduite pépère est de mise et il est alors extrêmement aisé de descendre sous les 5.0 L de consommation moyenne aux 100 kms. En plus d’afficher fièrement vos records de consommation à vos collègues de bureau, vous bénéficiez d’une ambiance zen, grâce à une insonorisation admirablement maitrisée et à des bruits d’air et de roulement qui brillent par leur absence quasi totale.

Mais là ou Hyundai équipe son Kona Hybrid en Michelin Pilot Sport 4 on ne sait pour quelle raison, Le Kona electric se voit reléguer au rang des pneus de basse naissance qui ont pour nom obscur Nexen. Je ne vais pas y aller par 4 chemins, c’est très médiocre. Sur le gras, un coup de pied au plancher et ça patine déjà lancé à 80 km/h. Même en conduite coulée, le sous virage guète à chaque instant. Dangereux. C’est extrêmement dommage car comme vous pourrez le découvrir dans la vidéo ci-après, les qualités routières du Kona electric m’ont totalement convaincues. Des performances de premier ordre, une qualité de finition associée à une insonorisation exemplaire et un système d’Infotainment bien conçu. Cerise sur le gâteau, les 449 kms annoncés en autonomie (chiffres WLTP) semblent réalistes. Bon à 44 400 € en prix de départ, c’est un minimum, surtout face à une Tesla Model 3 qui continue de battre des records de vente en Europe et qui dispose d’une version d’entrée de gamme à 43 000 €. À moins que vous ne soyez pas encore prêts pour le 100% électrique, auquel cas je vous invite à aller regarder le configurateur Hyundai et cliquer sur “Kona Hybrid”, mon petit doigt me dit qu’il démarre à moins de 25 000 €. On vous laisse réfléchir à ça tranquillement en regardant notre vidéo des plus complètes :

Merci à Hyundai France pour la belle découverte.
Crédits Photos : Maurice Cernay