Il y a déjà bientôt 2 ans, du côté de Spielberg en Autriche, j’avais eu la chance de découvrir le nouveau Jeep Wrangler JL et ses capacités hors normes. À ce moment-là, seul le bloc diesel était disponible. J’ai alors profité de sa seconde motorisation, le 2.0 turbo essence de 272 chevaux, pour le ramener à la maison.

Cet essai a été effectué bien avant les mesures de confinement prises par le gouvernement. 

Pour rappel, cette nouvelle lignée changeait beaucoup de choses… tout en restant le même. Ainsi, le pare-brise ou la calandre ont été légèrement inclinés pour améliorer l’aérodynamisme. Des pièces ont été allégées pour gagner en dynamisme. Il a également poussé de quelques centimètres et s’est vu greffer des feux plus modernes. Mais dans l’ensemble il reste le bon vieux Wrangler qu’on connaît tous. On retrouve donc évidemment la calandre à 7 fentes, une carrure bien musclée et des gros pneus. S’il conserve toujours son apparence aussi rustique, il arrive à faire son petit effet auprès du plus grand nombre. Surtout que son habitacle a été modernisé, avec un écran tactile de 8,4 pouces.

Surement pour son côté « rêve américain », je suis d’ailleurs fan de ce Wrangler alors qu’il n’est pas un canon de beauté. Mais on apprécie surtout son côté statutaire et très autoritaire sur la route. Les autres automobilistes, probablement aussi impressionnés, cèdent facilement le passage et évitent d’entrer dans votre zone de confort. Avec une belle vision panoramique, on domine la chaussée, offrant un sentiment agréable à ses commandes. La conduite sur de l’asphalte justement, est le point fort de cette dernière génération. Cet aspect a été largement amélioré depuis le JK et il n’a pas grand-chose à envier aux SUV haut de gamme. Certes il prend un peu plus de roulis, son insonorisation est moins travaillée et l’amortissement joue au yo-yo mais on profite d’un confort tout à fait raisonnable. La boîte automatique à 8 rapports par exemple, bien que perfectible dans certaines conditions, est plutôt lisse et sans à-coup. Puis, c’est surtout son moteur qui lui donne des points. Très coupleux (400 Nm) et souple, il permet des relances énergiques tout en étant docile le reste du temps.

Derrière le volant, on ressent bien le typage propulsion. Si c’est parfois amusant il faut être très prudent sur du mouillé, dans un rond-point par exemple ; sinon il aura tendance à jouer les danseuses. Et avec un tel gabarit ce n’est pas une danseuse étoile. Pour continuer sur ses petits défauts, parlons de son poids élevé. Avec plus de 2 tonnes sur la balance, le freinage n’est pas des plus mordants. Vous devez donc faire preuve d’anticipation et concentration, plus encore que d’habitude. Mais dans l’ensemble, on apprécie sa bonne tenue de route et son agrément général.

Tandis que je n’ai malheureusement pas pu m’amuser autant qu’en Autriche sur un parcours 4×4, j’ai quand même réussi à gambader dans les champs. Là où je me serais arrêté bien avant avec tout autre SUV. Je vous épargne tout l’attirail technique dont il dispose (châssis échelle, gamme courte, barres stabilisatrices, …), mais on apprécie sa capacité à grimper où on veut, même quand c’est gras, à descendre des pentes abruptes, à se mettre en équilibre sur 2 roues ou encore à faire trempette, sans craindre de le mettre au tapis. Comme je le disais dans mon précédent essai, ce nouveau Wrangler JL garde tous les ingrédients offroad qui ont construit sa légende. Et si les clients français sont nombreux à le garder pour la ville, il saura satisfaire ceux qui ont pleinement besoin d’aventure.  

Financièrement, malgré sa cavalerie plus importante, le tarif le positionne presque au même niveau que son cousin diesel. Son prix débute à 47 300 € pour le Wrangler Sport 2 Portes ou 49 800 € pour la version 4 Portes. Quant à mon modèle d’essai, en Unlimited Overland, il s’établit à 61 850 € avec presque tout de série et une peinture à 1500 €. En revanche, il se prend le malus écologique maximal, qui depuis le 1er mars fait très mal en atteignant les 20 000 €. Enfin, c’est surtout la consommation qui effraie le plus. Alors qu’il est homologué pour 7,5 litres aux 100 km en extra-urbain, je n’ai pas réussi à descendre sous les 10l/100. Il peut même se stabiliser à 15l/100 en bouchon ou lors d’un petit tour en ville.

S’il n’est pas le roi de la route, il m’aura apporté entière satisfaction pendant ces quelques jours d’essais. Bien meilleur que la précédente génération dans la vie quotidienne, le Jeep Wrangler JL confirme son statut de franchiseur hors-pair. Et c’est pour ça qu’on l’aime !

Crédits photos : Julien Fautrat & Thomas D.