Malgré son immense succès (25 ans de carrière, 7.5 millions d’exemplaires produits -soit 1/5° des ventes mondiales de la marque), je n’avais jamais essayé d’Audi A4 pour le blog. Un oubli dorénavant réparé.

Qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit de la phase deux de l’Audi A4, essayée ici en version Avant (comprenez : break) finition S-Line et motorisée par le vaillant 40 TFSI de 190 ch.

Phase 2 ? Qu’est-ce qui change ?

Houlà, beaucoup de choses ! Une refonte quasi totale de la carrosserie, un nouvel écran tactile dans l’habitacle et l’arrivée de la micro-hybridation sous le capot de l’A4.

Wo wo wo, une chose à la fois. Parle-nous de l’extérieur.

En ce qui concerne le dessin extérieur, Audi n’a pas fait les choses à moitié. Jugez plutôt : pas un seul panneau de carrosserie n’est repris de la phase 1 ! C’est d’ailleurs le restylage le plus lourd opéré par la marque de son histoire. Du coup…tout y passe. Commençons par l’avant : les optiques passent au LED sur l’ensemble de la gamme et en profitent pour reprendre les codes des dernières créations de la marque ; la célèbre calandre Single Frame s’élargit ; les boucliers adoptent des dessins plus agressifs ; même le capot est revu, avec plus de modelés.

Le reste de la carrosserie n’échappe pas au bistouri. C’est d’ailleurs rarissime, mais les flancs ont été modifiés à l’occasion de ce restylage ! Les ailes paraissent plus larges avec l’apparition des quattro clusters (ces décrochés sensés rappeler l’Audi quattro de la belle époque), la ceinture de caisse est abaissée, même la custode arrière est modifiée. Les changements à l’arrière, en revanche, sont bien plus ténus : une petite barre de chrome joint les feux au graphisme retouché, le pare-chocs devient plus agressif et basta.

T’en penses quoi ?

Je suis mitigé. La ligne générale de l’A4 est fort plaisante, classique mais avec juste ce qu’il faut de muscles pour ne pas faire papy. Les nouvelles optiques ajoutent une réelle sophistication à l’ensemble ; non, vraiment, ce qui me gêne, c’est la finition S-Line. C’est à la fois fake et inutilement agressif (je n’invente pas le terme, c’est sorti de la bouche même de l’attachée de presse) : tout ce que je n’aime pas. Par exemple, les entrées d’air complètement démesurées…sont factices. L’entrée d’air “quattro”, déjà vue sur l’A1, est tout aussi fake et fait simplement croire que le capot est mal fermé.

Je n’aurai pas grand chose à dire sur l’intérieur en revanche. Audi prouve bien son avance sur la qualité de la présentation : tout ce qui est à portée de main ou d’œil est joli et bien assemblé. On peut éventuellement discuter sur l’ambiance chirurgicalement froide de la planche de bord mais je peux tout à fait comprendre que cela plaise. L’écran central, comme dit plus haut, devient tactile, ce qui ne pose aucun souci : la dalle est idéalement placée pour le conducteur, ni trop proche ni trop loin de son œil ou de sa main. Les menus sont clairs, la navigation intelligente ; non, vraiment, pas grand chose à lui reprocher.

Tu nous parlais tout à l’heure de micro-hybridation. Tu pourrais développer ?

Avec plaisir ! La micro-hybridation, les enfants, consiste à remplacer le démarreur “classique” par un alterno-démarreur couplé à une batterie 12V. L’intérêt ? Non pas de pouvoir rouler en tout-électrique (le système est trop léger pour le permettre) mais plutôt de pouvoir soulager le moteur thermique dans certains cas. Par exemple, les freinages et décélérations permettent de récupérer jusqu’à 8 kW d’énergie. Cette énergie emmagasinée permet plusieurs choses, comme le désaccouplement du moteur thermique et de la boîte de vitesses entre 55 et 160 km/h (afin de partir sur un effet “roue libre”) ou d’avoir un stop&start évolué, permettant au moteur de se couper dès 22 km/h. Ce dernier point me fait doucement sourire : ce même système était utilisé par PSA il y a une dizaine d’année…avant que le Groupe ne décide de passer à un simple démarreur renforcé par souci d’économies. Encore un exemple de l’ingéniosité gâchée de nos services R&D…

Et c’est comment à conduire ?

Oh fort bien, merci de vous en inquiéter. J’avais donc à l’essai la version 40 TFSI, un quatre cylindres essence 2.0 de 190 ch. Un bloc appelé à se vendre quand même un peu, car la proportion des A4 essence vendues en France est passé de 5 % (oui oui, 95 % des A4 vendues chez nous étaient des diesel) à 24 % l’année dernière. Un bloc absolument sans histoire, sans grand caractère mais fort à propos pour tirer les 1 580 kg de la bête ; pour preuve, le 0 à 100 km/h est expédié en 7.5 s.

Le reste ? Sans grande histoire non plus -ce qui, attention, est loin d’être un défaut. C’est juste que l’A4 40 TFSI fait tout bien, sans excès de zèle. On peut ici remercier le drive select, ces deux petits boutons un peu cachés sur la planche de bord : confort, sport ou auto, tout se configure à votre goût. Ainsi, en mode dynamic, l’A4 se joue des virolos basques avec une belle agilité au prix d’une certaine fermeté des suspensions ; au contraire, en mode efficiency, l’Audi fera tout pour économiser la moindre goutte de sans-plomb. Les aides à la conduite sont à l’avenant : j’ai par exemple été bluffé par le régulateur de vitesse adaptatif qui se fie au GPS pour se maintenir ou non à la vitesse désirée. Un virage un peu serré ? Un rond-point qui s’approche ? Hop, l’A4 ralentira d’elle-même. Spectaculaire.

Et ça coûte combien ?

A partir de 33 600 € mon cher monsieur, en berline 35 TFSI. Je n’ai pas la liste complète des équipements de mon modèle d’essai mais une A4 Avant 40 TSFI S-Line débute à 49 875 € hors options. Voilà.

Et au final, t’en penses quoi ?

Vous l’aurez sûrement compris : cette nouvelle Audi A4 me plaît sans m’emballer. C’est une bonne voiture, c’est sincèrement une bonne voiture. C’est juste qu’elle manque un peu d’âme à mon goût ; mais avons-nous besoin d’une voiture avec une âme pour aller tous les jours au boulot, la question se pose. Reste que je n’arrive pas à effacer de ma mémoire la Peugeot 508 SW…et je dois dire que, si jamais je devais faire un choix, je pense bien que la française l’emporterait. Elle a un truc en plus que l’allemande n’a pas, je trouve. Il faudra que je vous parle plus en profondeur de ma relation avec Audi dans un prochain article ; d’ici là, disons simplement que je conçois désormais très bien pourquoi autant de gens achètent une A4. Pourquoi ? Parce que c’est une bonne caisse, un point c’est tout.

Crédits photos : Jean-Baptiste Passieux

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