Essai Lexus LC 500 Cabriolet : comme un air de concept car…

Qui n’a pas un jour rêvé de conduire sur route un concept car ? Moi oui en tout cas… La nouvelle Lexus LC 500 Cabriolet m’en laisse presque l’occasion. Place tout de suite à l’essai !

Et du rêve, elle m’en a apporté par de très nombreuses manières. En ces temps de malus, émissions de CO², batteries et autres joyeusetés, c’est un bon vieux V8 atmosphérique « à l’ancienne » qui anime cette bombe japonaise. Point donc ici de moteur hybride comme le propose le coupé, mais bel et bien un glouton de SP98, à aspiration naturelle, développant 464 ch et 540 Nm de couple. Avec ça, je ne sais pas vous, mais je suis déjà conquis. Elle aura beau avoir des défauts, ou ne pas être la plus chirurgicale sur piste, vous êtes prévenus, je m’en moque !

En plus, il suffit de 15 petites secondes jusqu’à 50 km/h, pour se retrouver à l’air libre et poursuivre notre rêve d’évasion. Sous un grand soleil d’hiver, par un seul petit degré, je ne sais pas combien de personnes ont sûrement pu me juger un instant, mais le sourire bien fixé à mes lèvres aura fini de les convaincre. Un siège chauffant, un gros manteau, une écharpe et un divin chauffage de nuque, voilà tout ce qu’il faut pour en profiter pleinement. Malgré l’absence du filet anti-remous (option à 1022 €), les perturbations à l’intérieur sont suffisamment contenues pour ne pas être importuné, même à haute vitesse, et recapoter n’est alors jamais envisagé. La suppression du toit n’a pas eu non plus de conséquence sur le comportement général de l’auto. Cette dernière reste bien équilibrée et saine quand le bitume le permet.

Cheveux au vent comme ça, un nouveau gros point positif pointe très rapidement le bout de son nez : ses belles vocalises. C’est malheureusement de plus en plus rare, mais la LC 500 Cabriolet joue le jeu et nous gratifie d’une bonne sonorité de V8. Il y en a pour tous les goûts, du glouglou à l’américaine, des envolées lyriques à l’italienne, en passant par des crépitements à l’allemande. Chaque rétrogradage flatte les oreilles d’un son inédit. Puis, la magie opère, elle grimpe dans les tours à plus de 7000 tr/min, et ne passe pas les vitesses toutes seules si on prend les choses en main. Oh qu’elle me rappelle ma belle Godzilla ! Avec ses grosses palettes au volant, on apprécie contrôler l’engin du bout des doigts. En enclenchant les modes Sport et Sport+, la boîte automatique DirectShift à 10 rapports dévoile donc un caractère agressif, la nuque en prend pour son grade. En matière de sensations, les Porsche 911 Cab’ & Co. n’ont qu’à bien se tenir !

Plus GT que supercar tout de même, elle ne sera pour autant pas à mettre entre toutes les mains, surtout par temps humide et gras comme ce début d’année 2021. Heureusement, il n’est pas utile de grimper à des vitesses répréhensibles – qu’elle atteindra pourtant sans se faire prier – pour prendre un plaisir fou au volant de cette voiture. Un lâché (ou deux) de rapport, une pression ferme sur l’accélérateur, des virolos à perte de vue et c’est la banane assurée. Avec ses bonnes accélérations (0 à 100 km/h en 5s) et relances, on saute de virages en virages avec panache ; et c’est bien l’essentiel. Mais attention, il n’est pas non plus utile de grimper à des vitesses répréhensibles pour se mettre en difficulté. Avec autant de cavalerie directement expédiée aux roues arrière, le rodéo comme vous le disait Maurice ne se fait pas attendre. Dans ces conditions, les pneus Bridgestone Potenza S001 ont du mal à suivre et il faut pleinement rester concentré. À force de l’apprivoiser, en dosant bien l’accélérateur, elle fait malgré tout preuve d’agilité et on oublie tout de suite son poids conséquent de plus de 2 tonnes. Avec l’électronique qui agit sur les freins intérieurs dans les courbes, elle se laisse maltraiter sans rechigner et se place avec une certaine précision, sans souffrir d’un transfert de masse trop pénalisant. C’est surprenant. Même les gros disques répondent présent quand on les sollicite, et surtout, ils s’avèrent étonnamment endurants.

Avec sa double casquette, son tempérament Grand Tourisme se ressent très vite quand on calme le jeu. Grâce à son amortissement piloté, on se croirait presque dans la grande LS tant elle fait preuve de confort. La boîte égrène les rapports de façon totalement invisible et la direction souple permet de diriger l’engin à une main. Les manœuvres sont par conséquent une formalité et elle ne devient même pas désagréable à conduire en ville. Ce nouvel agrément est d’autant plus flagrant une fois la capote fermée. Cette dernière nous enferme en effet dans un petit cocon de calme, silence et douceur grâce au travail tout particulier réalisé sur la fabrication et l’insonorisation. On cruise tranquillement, en attendant le prochain terrain de jeu… [Ça permet de faire quelques économies de carburant, 11l/100 contre plus de 20 l/100 en taquinant la pédale de droite.]

À force de faire vrombir le V8, je ne vous ai même pas encore parlé du style, et pourtant, waouh quelle beauté ! Posée sur ses énormes jantes 21 pouces chromées, le look manga fait des ravages. Elle nous accueille par une très large calandre alvéolée et un regard perçant. Son long capot plongeant se faufile dans des lignes plus fluides jusqu’à l’arrière. Dans le rétro, on observe ses hanches proéminentes et on envie presque l’automobiliste de derrière qui profite de ses courbes redevenues plus acérées. Ses dimensions dignes d’une berline, 4m77 de long et 1m92 de large, la rendent toujours plus impressionnante. Puis il faut l’admettre, le tout est parfaitement sublimé par cette édition limitée de lancement, appelée Regatta. Elle arbore un magnifique « Structural Blue » et un habitacle blanc et bleu du plus bel effet. Enfin, la capote habituellement noire, devient pour l’occasion bleu marine.

À l’intérieur, c’est un nouveau festival pour les yeux. L’association de couleurs citée juste au-dessus y est pour beaucoup, mais est renforcée par une qualité d’assemblage frappante, avec des matériaux haut de gamme de partout. Le plastique est presque aux abonnés absents et c’est le cuir qui prend le lead. Bon par contre, c’est beau, mais ce n’est pas vraiment ce qu’il y a de plus moderne et ergonomique. La faute à un écran pas tactile, qui se commande via un touchpad sur la console centrale, et des menus bordéliques. L’infodivertissement est assez joli, mais on s’y perd vite et rien n’est vraiment intuitif. Enfin, vous aurez sûrement remarqué sur les photos, la présence de deux places arrière. Pas de suspens, elles sont symboliques. Avec ma position de conduite, il est impossible d’y glisser des jambes, même d’un enfant. Elles serviront plutôt à accroître le volume de coffre qui n’est que de 149 litres.

En affichant 130 990 € au catalogue, la Lexus LC 500 Cabriolet, directement en finition Sport+, paraîtrait presque bon marché au vu de son rapport prestations/qualité/performances. Hormis quelques accessoires (filet anti-remous, cendrier, tapis de sol en caoutchouc, …), il n’y a pas d’options à ajouter pour faire grimper la facture. À ce prix-là de toute façon, vous avez déjà tout ce qu’il faut (Audio Mark Levinson à 13 haut-parleurs, sièges ventilés, aides à la conduite, alarme, …). Par contre le malus, lui, est bien de la partie. Avec une homologation à 275 g de CO²/100 km, c’est un surplus de 30 000 € qui vous attend.  

Vous voulez faire preuve d’originalité, attirer l’œil tout en passant pour une personne de goût, c’est assurément la Lexus LC 500 Cabriolet qu’il vous faut. Son style ravageur, associé à une mécanique presque noble, n’aura de cesse de vous combler. En l’espace d’un week-end, ce fut le cas pour moi.

[Malheureusement, les routes salées auront eu raison de l’état du capot avant même de commencer les photos. Toutes mes confuses…]

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)