C’est vrai ça : c’est quoi, le luxe ? D’après le vénérable Larousse, il définit le « caractère de ce qui est coûteux, raffiné, somptueux ». Hmm. Ne pourrait-on pas aller plus loin ? Essayons, en prenant comme exemple la nouvelle Lexus LS 500h.

Le luxe, c’est…

…l’exclusivité ?

Dans ce cas, la LS convient parfaitement. Dans un marché ultra-dominé par la Mercedes-Benz Classe S, ne laissant que quelques miettes aux BMW Série 7 et Audi A8, il y a des chances pour que les ventes annuelles de la grande Lexus se comptent (en France, du moins) sur les doigts d’un manchot.

D’autant plus qu’elle sort du lot, la LS. On ne peut pas dire que je sois un fan du style Lexus, mais la LS 500h est la première depuis un bon bout de temps qui me plaise réellement. Alors OK, il y a toujours ces lignes un peu torturées et cette calandre gigantesque, mais le rendu final est très équilibré, avec juste ce qu’il faut d’originalité. Je trouve qu’il émane de cette voiture une sorte de…majesté. C’est plutôt rare, non ? Et les détails sont soignés, à l’image des feux de jours subtilement travaillés ou des jantes au dessin sophistiqué. La partie extérieure : un grand oui pour moi.

…les petites attentions ?

Le diable se cache dans les détails, paraît-il… Et j’avoue particulièrement apprécier les petites attentions ; vous savez, celles qu’on pourrait aisément rater mais qui témoignent d’un réel soin porté à l’autre. Ça tombe bien, la LS déborde de ces petits trucs, regroupés sous un seul terme : おもてなし – prononcez « Omotenashi ». D’après Lexus, il s’agit de l’art de l’hospitalité japonaise. Par où commencer ? Peut-être par la cérémonie d’accueil. Approchez de votre LS dans la pénombre et un doux halo illumine l’habitacle et les poignées de porte, tandis que la suspension pneumatique soulève la caisse de 40 mm pour vous faciliter l’accès à bord. Ouvrez la portière, le volant se rétracte, les coussins latéraux du siège se dégonflent et le boîtier de ceinture remonte pour s’attacher plus facilement. Fermez la porte, tout revient en place. Pratique, non ?

Une autre fonctionnalité m’a beaucoup étonné : celle du Climate Concierge. En gros, un capteur infrarouge analyse la température corporelle des occupants sur seize zones différentes (!) et peut en fonction moduler plusieurs paramètres. La température de la climatisation bien évidemment, mais aussi les nappes chauffantes des sièges, leurs ventilations ou même la chaleur du volant ! Ce qui fait que, sans toucher à rien, j’avais de temps en temps un peu de ventilation dans une certaine zone du dos ou les mains qui se réchauffaient agréablement pendant que je roulais. Magique.

…le raffinement ?

Le raffinement est un délicat équilibre bien compliqué à trouver. Où est-il, ce juste milieu entre l’ascétisme et le m’as-tu-vu ? La planche de bord de la LS 500h semble avoir trouvé une réponse tout à fait adaptée. C’est original, oui, ça change de d’habitude, oui, c’est reposant…oui. Dans cette harmonie crème/chocolat, la Lexus nous propose un dessin à la fois simple et sophistiqué. Evidemment, il n’y a de place que pour le cuir et le bois, mais notons tout de même ces bandes horizontales en magnésium qui permettent d’alléger l’ensemble.

L’histoire est la même pour le reste de l’habitacle, avec un superbe cuir semi-aniline livré de série sur notre finition Executive et un dessin tout en courbes reposantes. Mais focalisons-nous sur le cas des contre-portes : de série, ils accueillent un placage dans l’essence de bois choisie et le reste sera recouvert de cuir –notons le très réussi dessin de l’accoudoir qui semble flotter. Cependant, et si vous êtes prêts à y mettre 10 000 €, le placage en bois peut se transformer en verre Kiriko taillé à la main et le cuir…en immense origami. Vous avez bien lu, si l’option est cochée, chaque contre-porte sera recouverte d’un panneau d’Alcantara plié à la main.

Malheureusement, tout n’est pas aussi délicat : je pense à l’ergonomie générale, et notamment celle du gigantesque écran central de 12.3 pouces. S’y retrouver est…compliqué. Déjà parce que Lexus persiste avec son système de pavé tactile, à mon sens toujours moins pratique qu’une molette, mais également parce que l’enchevêtrement de menus et sous-menus complique énormément la navigation. Heureusement, la commande vocale est parmi les plus efficaces que j’aie pu essayer, et vous pourrez expédier bon nombre de fonctions par la voix.

Terminons le chapitre du raffinement avec le meilleur : le système son Mark Levinson Reference. Alors là, mes amis, on touche au divin. Au programme : 23 haut-parleurs, un amplificateur à seize canaux, 2 400 W et un système surround qui déchire. A tel point que le Bowers&Wilkins des Volvo 90 est détrôné dans mon classement personnel… Sérieusement, le rendu est juste sublime, d’une fidélité à peine croyable. Les voix, les percussions, les instruments à vent ou à corde… Tout y est, avec une justesse parfaite. Et le sentiment d’immersion est également fabuleux. Trouver mieux va être bien compliqué…

…l’espace ?

Bah oui, il fallait bien que je la fasse. Mais le fameux slogan n’a pas entièrement tort, ceci dit… C’est important de se sentir à l’aise. Pas de problème avec la LS, qui affiche des dimensions pour le moins généreuses : 5.24 m de long pour 1.90 m de large, ça nous fait du 9.96 m². On pourrait y caser un étudiant parisien pour 800 € par mois. Plus sérieusement, mais à peine moins absurde, les communicants Lexus se font une joie de mettre en valeur une mesure bien particulière : celle de l’inclinaison maximale du siège arrière droit. 48°, meilleure valeur du segment. D’un simple appui sur l’écran tactile de l’accoudoir central, le siège avant s’avance au maximum, le dossier s’incline à n’en plus finir et un repose-jambes se déploie. On est bien. Mais, comme dirait le génial Voutch, est-ce qu’on ne pourrait pas être un tout petit peu mieux ?

Il suffit de revenir sur la tablette…et de galérer un peu. Car à l’image de l’écran de la planche de bord, elle manque de clarté et de simplicité, cette tablette. Et les graphismes sont quand même vieillots. Cependant, si vous arrivez à tomber sur le menu « Relaxation », vous trouverez cinq types de massages Shiatsu qui prendront soin de votre dos et même de vos cuisses. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Proposons des zones de chauffage aux reins et aux épaules adaptés aux différents programmes, tant qu’on y est. J’ai dû prendre sur moi pour essayer chacun d’entre eux et je dois vous avouer qu’après cette dure enquête, mon choix se porte sur le Full Body Refresh à l’arrière et le programme Centripète à l’avant.

Terminons ce chapitre par le volume de coffre : 430 litres pour une aussi grande voiture, c’est quand même pas grand-chose. Même s’il faut bien loger les batteries quelque part, la comparaison avec la concurrence fait mal : une Série 7 propose 515 litres et une Classe S absorbe 510 litres…

…l’abondance ?

Plus il y en a, mieux c’est ? La LS devrait vous plaire, puisqu’il doit y avoir à peu près autant d’assistances à la conduite que de Durand en France. On commence par la vision tête haute absolument gigantesque, regroupant toutes les infos utiles et les alertes de sécurité. Parce qu’il y en a beaucoup, des alertes de sécurité. Que ce soit parce qu’une voiture arrive à une intersection dans laquelle on s’engage, que le véhicule de devant est trop proche, qu’on se décale de notre voie ou qu’on ne soit pas suffisamment attentif à son goût, la LS saura nous le rappeler. Et même agir si on ne fait rien : en freinant, comme beaucoup d’autres systèmes, mais aussi en braquant ! Un système de direction active peut en effet (et en dernier recours) prendre commande de l’auto pour éviter un piéton.

La LS est également fortiche dans le domaine de la conduite assistée. Dénommé « Lexus CoDrive », le système englobe régulateur adaptatif et maintien en voie. Bilan ? Globalement positif. La douceur du système et des corrections qu’il peut apporter séduit, même s’il ne faudra pas trop lui demander non plus : les courbes trop prononcées, même sur autoroute, auront raison du maintien de cap. Notons cependant une petite astuce : si le marquage au sol est jugé insuffisamment lisible pour le système, la Lexus pourra utiliser le véhicule de devant comme poisson-pilote et suivre sa trajectoire. C’est la première fois que je vois ça en dehors de l’Autopilot Tesla !

…la sophistication ?

Eh bien mes amis vous serez servis. La Lexus LS 500h est, comme son petit « h » l’indique, une hybride. Ah, une hybride Lexus, je vous vois d’ici faire la grimace. Mais ne partez pas ! Cette cinquième génération de LS se dote du système Multistage Hybrid, déjà vu sur le LC 500h qu’avait essayé Gabriel. Je vais faire de mon mieux pour vous le présenter de façon claire, simple et synthétique… La base ne change pas : on a toujours un moteur essence (ici, un V6 3.5 atmosphérique de 295 ch et 350 Nm obtenus à 5 100 tr/min) épaulé par deux moteurs électriques via un train épicycloïdal, le tout capable de générer 359 ch en cumulé. Jusqu’ici rien ne diffère des précédentes Lexus… Sauf que vient se greffer juste derrière tout ce bazar une boîte de vitesse à convertisseur à quatre rapports, de quoi porter leur nombre total à…dix. Eh oui ! A chacun des trois premiers rapports de la boîte auto sont attribués trois « faux » rapports (en gros, des ratios de démultiplication prédéterminés), donnant ainsi les neuf premiers rapports. Quant au dixième, il s’agit tout simplement du quatrième et dernier « vrai » rapport ultra démultiplié (0.650 si vous voulez tout savoir), utile pour diminuer le régime moteur -et donc la consommation- à vitesse stabilisée.

En théorie, cette architecture permet d’améliorer le dynamisme et l’agrément, grâce à une bien meilleure réactivité et une disparition promise des hurlements du moteur dès qu’on enfonce un tant soit peu l’accélérateur. Et dans la pratique ? C’est le cas. Lorsque le V6 donne de sa jolie voix, il est raccord avec la position de l’accélérateur. L’ensemble est alerte et réactif. Notons seulement une légère inertie au démarrage : il faut quand même arracher les 2 425 kg (oui oui, 2.4 tonnes) de la bête ! Le poids a une autre conséquence : n’espérez pas faire de longues périodes de roulage en pur électrique. Alors oui, vous pouvez vous déplacer avec le V6 éteint, mais ce sera sous 50 km/h et avec un œuf sous le pied. Dans le reste des cas, on sent bien que la partie électrique n’est là que pour assister le moteur essence. N’empêche que la consommation s’en ressent, avec un bluffant 9.5 l/100 km obtenus après 485 kilomètres de Région Parisienne –et les conditions routières qui vont avec. Remarquable.

…la sérénité ?

Bonne nouvelle ! En mouvement, la LS 500h en est la définition même. Ce qui frappe, c’est le silence à bord. Sérieusement, en dessous de 110 km/h, aucun bruit parasite n’est perceptible. Et au-delà, la principale source de nuisance provenait…des jointures du toit ouvrant, fatalement sources de bruits aérodynamiques. Et encore, il m’a suffi de rabattre l’occultant pour le faire taire. Ce qui est génial, c’est que ça permet d’avoir le choix entre un silence monacal ou un fabuleux moment de musique grâce au système son décrit un peu plus haut. J’adore.

Mais n’allez pas croire que le silence de fonctionnement soit l’unique qualité routière de la grande Lexus ! Son comportement est impérial en toute circonstance. Tenez, je me suis retrouvé à traverser la vallée de Chevreuse pour me rendre chez Faurecia, à Etampes. On peut penser (moi en premier) qu’une berline de 5.24 m de long et de 2.4 tonnes soit un calvaire dans les petites routes du coin… Mais il n’en n’est rien.  Jamais la LS ne se dépare de sa superbe, même lorsqu’on hausse le rythme. Je me suis même surpris à semer quelques énervés ! Alors on est bien d’accord qu’on est complètement isolé de la route et que la voiture ne nous communique rien du tout, si ce n’est « pas de problème, je gère ». Et ne parlons pas des grandes courbes, avalées à des vitesses abracadabrantesques.

Une petite note quand même sur le confort. J’irai vite : c’est sublime. Voilà. Conducteur ou passager, peu importe, la suspension pneumatique, le moelleux des sièges et l’inertie générale absorbe les irrégularités et supprime les cahots. Toutes les technologies évoquées précédemment vous permettent de vous relaxer encore un peu davantage. Je n’ai sincèrement pas grand-chose d’autre à vous dire.

…le choix ?

Ah là là, avoir le choix, problème de riche par excellence. Pour le coup, la Lexus LS vous aide quand même un peu puisqu’elle n’est disponible qu’en une seule longueur de carrosserie, à l’inverse de toutes ses concurrentes. Il faudra donc simplement choisir entre les quatre finitions et les deux motorisations. Eh oui, deux motorisations, parce que la LS existe également en version 100 % thermique dotée d’un V6 3.5 de 417 ch. Autant dire que la probabilité d’en croiser une doit égaler celle du retour en politique de Serge Dassault.

Concentrons-nous donc sur l’hybride, qui commence à 97 000 € tout rond avec tout plein d’équipements (sièges chauffants/ventilés/réglables dans 28 positions, tout l’arsenal sécuritaire, jantes 19 pouces)…et un malus de 1 153 €. Si vous optez pour la transmission intégrale, la note grimpe de 7 100 € : 4 000 € pour les deux roues motrices de plus et 3 100 € de malus supplémentaire. Ma version d’essai, dénommée Executive, coiffe la gamme du haut de ses 135 000 €. C’est peu ou prou les mêmes tarifs que la concurrence, mais n’oublions pas les gains en consommation…

Mais il est l’heure de conclure. Qu’est-ce que le luxe ? Un seul des éléments décrits ci-dessus ? La LS 500h m’a permis d’avoir l’illumination : le luxe, c’est tout ça. Je m’en suis rendu compte alors que je rentrais chez moi, de nuit, sur autoroute. Il faisait noir, la route était déserte et Nina Simone me tenait compagnie. Je me suis alors rendu compte que j’étais calme et apaisé pour la première fois depuis bien longtemps. J’étais à bord d’un vaisseau qui flottait dans la nuit et j’étais bien. Comme coupé du monde. La seule chose qui importait, à ce moment et en ce lieu précis, c’était moi et mon bien-être. Et tous les petits éléments cités tout au long de l’article se rejoignaient pour former un cocon dans lequel je pouvais me laisser aller : ce qui se passait à l’extérieur de la Lexus n’avait aucune influence sur moi. Dans notre société du toujours plus et toujours plus vite, pouvoir prendre soin de soi, n’est-ce pas là le luxe ultime ?

Merci à Lexus France pour l’aimable prêt.

Crédits photo : Ugo Missana

Je suis sur Twitter : @JBPssx.