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Comment booster la carrière de l’Adam, deux ans après son lancement ? En allant chercher des influences chez d’autres stars du marché : pseudo-cabrio ici, pseudo-crossover là. Ça se tient. Mais c’est peut-être pour son nouveau moteur trois cylindres 1.0 Ecotec de 115 chevaux qu’elle mérite le détour.

Photos : Benoît Meulin

Le destin commercial de l’Opel Adam a déjà été magistralement traité sur notre blog par mon éminent collègue Alexandre 

Alexandre, il doit bien l’aimer, l’Adam, parce qu’elle prend quand même assez cher…

Il est vrai que l’Opel Adam peine à égaler les chiffres de vente de la Fiat 500 et à s’imposer face aux autres icônes chic du segment des citadines, DS3, Audi A1 voire Mini. Certes, on pourra ergoter de segments de marché ou de nuances dans les équivalences de motorisations et d’équipements, mais le fait est que toutes ces protagonistes s’offrent entre 15 et 20 000 euros avec un peu d’équipements et de personnalisation à une clientèle principalement urbaine et soucieuse d’apparence

Opel a donc décidé de répliquer avec la Rocks qui synthétise les influences qui marchent. D’où une question parfaitement légitime : dans cette nouvelle version Rocks 1.0 Ecotec, est-ce que l’Adam mérite une seconde chance ? Notez d’ailleurs qu’elle va conquérir d’autres marchés que l’Europe : son expansion territoriale continue puisqu’elle vient d’arriver en 2015 sur le marché sud-africain, par exemple (où les journalistes ont l’air de la trouver plutôt sympa et sexy.

Virile ?

Toute Opel Adam, par principe, attire l’œil (ok, pas la version de base blanche avec toit blanc). Notre Rocks d’essai présente plutôt bien, même si ce n’est pas la plus exubérante des combinaisons possibles ; on pense notamment à la singulière combinaison peinture gold métal (« Goldbusters », option à 500 €), cuir caramel et branches de jantes façon turbine. La nôtre sera destinée à ceux qui veulent se la pêter discrètement. Y’a une clientèle pour ça. Le coloris de notre version d’essai porte d’ailleurs un nom assez marrant : Papa don’t Peach ( !). Les autres teintes dispo ne manquent pas de cachet : I’ll be Black, Pump up the Blue, a Star is Brown, White my Fire… Je ne sais pas trop ce qu’ils fument à Rüsselsheim, mais ça à l’air bon. Mais c’est vrai que ça sonne mieux que noir, bleu, marron ou blanc. Une Adam, ça doit être hype, baby ! Enfin, ça essaie.

Opel a bien compris qu’une des manières de booster la carrière de l’Adam est d’élargir la cible des acheteurs. Pour l’instant, les un peu plus de 100 000 Adam vendues en Europe ont été achetées à 70 % par des femmes. Il faut donc dé-fé-mi-ni-ser !

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L’Adam Rocks adopte donc un look gentiment baroudeur, peut-être plus unisexe. Plus haute de 15 mm (mais subjectivement un peu plus grâce à l’homogénéité du design), bien posée sur ses belles roues de 17 pouces (18 en option), bien protégée des aléas divers par ses plastiques épais au niveau des arches de roue, arborant ses fausses plaques en alu au niveau des boucliers avant et arrière, l’Adam Rocks a quand même du style. Peut-être pas au point de soutenir, comme sur le site Opel.fr, que l’Adam Rocks est un « crossover compact […] au centre de toutes les conversations » (sic – mais en même temps, les gens du marketing osent tout, c’est même à cela qu’on les reconnaît), mais il faut admettre qu’elle se fait gentiment remarquer dans le trafic. Donc maintenant est le moment de la question Vérité : amis garçons, ami(e)s travesti(e)s, ami(e)s transgenre, vous qui avez pour mission d’élargir la base des clients, allez-vous ruer sur l’Adam Rocks ? Et vous, amies filles, allez-vous aussi considérer la Rocks comme un achat coup de cœur potentiel ?

Moteur !

D’autant que sous le capot bat un nouveau cœur, justement (je sais, la transition est moyenne). Jusqu’à présent, et cela constituait d’ailleurs l’un des ses gros points faibles, l’Opel Adam était dispo avec un asthmatique 4 cylindres 1.2 de 70 ch ou deux 4 cylindres 1.4, de 87 ou 100 ch (ce dernier ayant disparu du catalogue depuis). J’ai eu l’occasion, lors du lancement il y a plus de deux ans et dans le cadre d’un article pour un magazine, d’essayer l’Adam 1.4 87 ch. Ce moteur avait une immense qualité : il permettait à l’auto de se déplacer d’un point A à un point B. Pour le reste, il n’était ni particulièrement performant, ni sobre, ni vivant et la boîte 5 ne laissait pas de grands souvenirs non plus. Bref, silence pudique.

Malgré tout, si vous y tenez vraiment, vous pouvez acheter l’Opel Adam Rocks avec ce moteur. Cela vous coûtera un minimum de 17 550 €. Mais on vous conseille vraiment de faire l’effort, de piocher dans vos économies ou de vendre un truc ou deux comme une vieille Omega Speedmaster d’occasion. Car ça vaut la peine de choisir la version trois cylindres à partir de 19 750 €.

Contrairement à la plupart de ses concurrents, les autres petits trois cylindres du marché, le 1.0 Ecotec est plein de bonnes manières. C’est d’ailleurs assez nouveau, car les archéologues se souviennent peut-être d’un moteur Opel 3 cylindres Ecotec, là-bas, en 1997, qui équipait la Corsa. Avec ses 997 cm3 atmosphériques, il développait 50 ch et 82 Nm de couple (re-sic) et n’a laissé quasiment aucune trace dans l’Histoire. Encore qu’avec un 0 à 100 en 18 secondes, il y avait moyen de devenir officiellement la voiture la plus lente du monde après la Ford T.

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(racée, non ?)

Aujourd’hui, nous avons affaire à un nouveau 999 cm3 à injection directe développant 115 ch à 5200 tr/mn et 170 Nm de couple dès 1800 tr/mn. Plein de bonnes manières, disions-nous. Silencieux à bas régime (tout juste entend-on le turbo dans des environnements acoustiquement challengeants, comme des parkings souterrains), il ne vibre pas, ne gronde pas, ne délivre aucun à-coup. Bref, il met la honte à un paquet de concurrents.

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Et comment ce miracle mécanique est-il possible ?

Séquence boulons, rondelles et pied à coulisse…

C’est très simple, jeune lecteur de blog. L’Opel 1.0 Ecotec est le seul moteur du genre à faire appel à un arbre d’équilibrage contrarotatif. Forcément, ça vibre moins. D’autant que toutes les autres contraintes mécaniques ont été traitées avec soin : ce bloc en alu possède des coiffes phoniques placées sur la culasse et les tubulures d’admission, des incrustations d’acier sur les paliers de vilebrequin, des chaînes d’arbres à cames en tête et d’arbre antivibrations à dents inversées. Whaouh. Ce n’est pas tout : cette logique anti-vibratoire poussée a conduit Opel visser le turbo directement dans le collecteur d’échappement.

Pipeau d’ingénieur ou efficacité pour l’utilisateur ?

Tout bénef, mon ami. Discret en bas, expressif de 3500 à 6000 tr/mn, le 3 cylindres Ecotec n’est pas loin de constituer la meilleure surprise de cette auto. En usage très normal, le bon couple dispo donne à ce moteur la présence d’une plus grosse cylindrée. En 6ème à 90 km/h, il tourne à 2200 tr/mn, et il est possible de passer devant les radars automatiques sans se faire flasher et de repartir ensuite sans forcer ni rétrograder. Bref, il se comporte quasiment comme un bon 1.6 atmo. Essayez le même exercice avec une Twingo 0.9 TCe, une Up, une Micra 1.2 atmo, et on en reparle, avec leur rapports de boîte longs comme un jour sans connexion internet… Certes, dans l’Adam Rocks, vous n’avez pas les omoplates incrustées dans les baquets partiellement recouverts de cuir ni la Panerai Luminor qui remonte brutalement d’un coup autour du coude, mais l’Adam tient sa place dans le trafic sans rougir. Et avec 196 km/h en pointe et le 0 à 100 couvert en à peine plus de 10 secondes, cette « citadine » pédale sérieusement. Il faut dire que l’Adam Rocks est relativement légère, avec 1080 kg.

En conduite joueuse, on apprécie la nouvelle boîte 6 (qui pèse 36 kg, soit 30 % de moins que la boîte 5 des autres versions) bien étagée pour exploiter au mieux l’élasticité naturelle de ce genre de mécanique, avec une commande directe, courte et bien guidée. Après plusieurs centaines de kilomètres d’un usage essentiellement suburbain épicé de quelques séquences ludiques, la conso moyenne ressort à 7,0 l/100, en dépit d’un Stop & Start assez efficace et réactif. On aurait pu espérer un poil mieux, puisque la conso mixte officielle est annoncée à 5,1 l/100.

Zen ?

Au volant, l’expérience de conduite s’inscrit dans la même homogénéité. L’intérieur est plutôt bien construit, fini et équipé. Qualitativement parlant, l’habitacle est infiniment supérieur à celui d’une Fiat 500, par exemple, il n’y a qu’a regarder les surpiqûres des sièges ou les plaquages de seuils de porte en aluminium. Il n’y a certes pas de GPS intégré, mais la possibilité d’utiliser sur l’écran IntelliLink le navigateur d’un smartphone. Ce système est relativement simple et intuitif à utiliser, à défaut d’être hyper rapide, comme lorsque l’on veut à la fois changer de station de radio et de volume. On apprécie la clim’ auto efficace, la possibilité de bénéficier d’un pack hiver avec sièges et volants chauffants. Le confort de suspension est sensiblement supérieur à celui de l’Adam de base, en restant toutefois un peu « cassant » sur les petites irrégularités.

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Opel a reçu le Euro-NCAP Advanced qui salue de nouveaux équipements de sécurité pour son SBSA (Side Blind Spot Alert), veille d’angle mort, assez rare a ce niveau de gamme.

L’isolation phonique de la capote est dans la bonne moyenne. Toit fermé, c’est surtout dans les tunnels suburbains que la présence conjointe d’un poids lourd ou d’une Ducati (rhaaa, le son gras du Desmo amplifié par le béton !) vous incite à monter sérieusement le volume de la radio. Si l’on peut encore l’ouvrir jusque 140 km/h, la zone de confort en version cabrio se situe vers 100 / 110 km/h. Au-delà, les turbulences deviennent sérieusement pénibles. Sans être extraordinaire, l’amplitude d’ouverture du toit laisse quand même un bon sentiment de profiter du plein air.

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Bilan

Bilan des courses. L’Opel Adam Rocks affirme son look, se dote d’un vrai bon moteur, est correctement construite et équipée, a de très bonnes perfs pour une citadine. Sur le papier ça le fait carrément.

En downside, la place et l’accès à l’arrière, le coffre riquiqui et le tarif qui dépasse facilement les 20 000 € avec quelques options, lesquelles ont cependant la sagesse de rester financièrement abordables.

En termes de concurrence frontale, l’Opel Adam Rocks 1.0 Ecotec se situe directement face à la Fiat 500C 0.9 TwinAir 105 ch. Si l’Allemande reste un brin moins glamour que l’Italienne, elle est deux fois plus mature sur la route et c’est sa rivale qui, du coup, apparaît bien chère pour ce qu’elle offre. En ce qui me concerne, le choix est fait.

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