Alors que Seat a considérablement étoffé sa gamme du SUV en seulement 3 ans, le constructeur nous a conviés à prendre en main le dernier Tarraco dans un cadre exceptionnel et assez méconnu : le désert des Bardenas. Alors que j’ai une préférence pour les longs roadtrips de plusieurs milliers de kilomètres, je ne pouvais pas passer à côté de cette expérience. Récit…

Une fois n’est pas coutume, on commence presque par une conclusion car le Tarraco est globalement une réussite. C’est en effet rapidement l’avis que je me suis fait dès le début de la prise en main à l’aéroport de Biarritz. Son style extérieur est affirmé, l’habitacle plus moderne et il vous emmènera un peu partout où vous le souhaitez. Tout ça semble de bonne augure pour une future Léon prévue en 2020, comme nous l’a fait deviner le constructeur.

Mais revenons-en à nos moutons. Cousin du VW Tiguan Allspace que nous avons essayé en 2017 ici-même, il ne masque pas ses origines avec un profil très ressemblant mais propose une vraie personnalité pour sa face avant. Plus agressive et travaillée, il inaugure un renouveau stylistique pour Seat ; mettant presque un coup de vieux à l’Ateca. Sa calandre géométrique s’intègre joliment avec le dessin des feux au regard perçant et donne à l’ensemble un sentiment très qualitatif. L’arrière n’est pas des plus glamours, surtout en photo en fait, mais se fond bien dans le paysage et laisse deviner un intérieur spacieux.

Plus long (4m74) que le Peugeot 5008 et le Tiguan il offre effectivement dès le premier coup d’œil un espace à bord très important. Avec l’option 7 places à 880 €, les 6 passagers et vous-même au volant seront plutôt bien accueillis. Un intérieur modulable, un bon espace aux jambes et à la tête, un tunnel de transmission pas trop encombrant et deux places bonus pour des enfants (ou même des adultes en dépannage) : tous les ingrédients du SUV familial sont au rendez-vous. Pour le reste, on est toujours chez Seat, pas de grosses surprises. Mais la modernité envahit de plus en plus l’habitacle avec une instrumentation 100 % numérique et un grand écran tactile façon tablette de 8 pouces. Ce dernier arbore en plus un software au design des plus réussis, moderne et recherché, il donne envie d’être manipulé. Et avec fluidité en prime ! [Pour info, le coffre propose 230, 760, 1775 litres en fonction des configurations.]

La proximité de notre destination finale avec la France nous aura permis de profiter d’un roadtrip, de moins de 2 jours seulement, mais aux paysages multiples et variés. De quoi éprouver notre monture dans tout un tas de conditions bien distinctes. De mon côté, je profite de notre avance sur une partie du groupe pour aller faire un petit tour au bord de l’océan Atlantique. Avec le retour du soleil (enfin !) ce week-end-là, je retrouve un spot photo inauguré avec l’Infiniti Q50 Hybrid. La ville surnommée “plage des rois, reine des plages” se réveille doucement et avec Mathias du blog-moteur, nous profitons du calme des lieux avant une grosse journée en perspective. Une journée qui, après un bon repas dans l’arrière-pays commence dans les Pyrénées. Pour ces essais nationaux je me suis concentré sur les blocs diesel, dont le plus puissant 2.0 TDI de 190 ch m’a accueilli en ce premier jour.

Grâce à son couple de 400 Nm il se montre volontaire et offre des relances ou accélérations dignes de ce nom. A titre d’exemple, les 100 km/h atteints en seulement 8 secondes donnent le ton. C’est donc sur ces routes sinueuses qu’il montrera tout son caractère, au fil des épingles on s’aperçoit qu’il accepte d’être emmené à bon rythme. Grâce à une excellente tenue de route et un roulis plutôt bien dompté, on prend du plaisir aux commandes de ce bébé de 1800 kg tout de même. Évidemment, il dévoile une agilité moins exacerbée qu’un Peugeot 5008 mais a le mérite de nous mettre plus en sécurité avec son système 4 roues motrices. En plus, la bonne boite automatique DSG 7 fait le job et permet de se concentrer uniquement sur le tracé devant nous. Notamment avec l’option châssis piloté DCC à 800 € qui permettra de jouer sur diverses caractéristiques de la voiture avec plusieurs modes de conduite.

Et alors que le programme prévoyait une arrivée en fin de journée directement au célèbre Hôtel Aire de Bardenas, j’ai choisi d’aller faire un tour dans ce fameux désert avant que les gardes n’évacuent les lieux pour la nuit. Bien m’en a pris tant les formes, les textures et les couleurs ressortent d’une manière presque magique au soleil couchant. Bardenas Reales est le plus grand désert d’Europe, d’une superficie de 42 000 hectares, il débute à quelques kilomètres de la jolie ville de Tudela. Sans le savoir, vous avez probablement déjà aperçu à la télé ou sur les réseaux sociaux le lieu emblématique : Castil de Tierra. La cheminée de fée, comme elle est parfois appelée, a été façonnée par des millions d’années d’érosions. Pour faire quelques photos, on comprend rapidement que le Tarraco s’avère idéal dans un tel paysage…

Mais c’est le lendemain, qui se fera au volant du TDI de 150 ch cette fois-ci, toujours en boite DSG et 4Drive, qu’il montrera tout son talent. Le site, inscrit au patrimoine de l’Unesco comme réserve de biosphère en 2000, est quadrillé de nombreuses pistes nous permettant aujourd’hui de découvrir les environs sereinement. Au milieu de ces terres arides et inhospitalières le Tarraco se montre confortable en faisant oublier les cailloux ou tranchées sous nos roues ; le tout dans une stabilité, parfois à haute vitesse, étonnante. On s’enfonce là où les quelques citadines de touristes s’arrêtent, sans craindre de rester bloqué ou perdre quelques morceaux de carrosserie.

Enfin, on remercie Seat de nous avoir prévu un petit parcours off-road qui aura le mérite de nous bluffer. Alors certes ce n’était pas du grand franchissement prévu pour des 4×4 légendaires comme un Wrangler par exemple mais comme vous pouvez le voir sur ces images, il vous laissera sortir des pistes sans problème. Sable, croisement de pont, dévers, crevasse : pas grand-chose ne lui résiste, seule sa garde au sol de 19 cm vous arrêtera peut-être. Et si malheureusement peu d’entre vous, et on vous comprend, n’oseront s’aventurer comme nous l’avons fait, vous savez au moins qu’il en est capable.

Après une journée presque hors du temps, l’heure est venue de rejoindre l’aéroport de Biarritz. Avec à peine plus de 2 heures de trajet par l’autoroute, si vous êtes dans la région, il est difficile de se priver d’une telle balade. On constate que l’insonorisation est bien soignée mais j’ai pour ma part retenu une certaine fermeté des suspensions ne rendant pas l’étape aussi agréable que je l’aurais souhaité. En revanche, toutes les aides à la conduite actuelles, maintien de ligne ou régulateur adaptatif entre autres, sont bien là, sans être trop intrusives dans votre conduite.

Avant de passer aux tarifs, je ne vais pas vous faire l’affront d’évoquer notre consommation qui serait totalement biaisée. Les chiffres annoncés sont de 5,6 l/100 en mixte pour les deux blocs diesel, mais comme vous n’êtes pas sans savoir, pour vous faire une idée plus réaliste, vous pouvez ajouter facilement 1 à 2 litres si ce n’est plus. Toute motorisation confondue, le Tarraco débute à 32 890 €. C’est le bloc essence TSI 150 qui ouvre le bal en finition Style, 36 690 € pour la finition Xcellence. Nous concernant, les blocs TDI 150 et 190 DSG avec cette finition haut de gamme s’affichent à partir de 42 940 € et 44 740 €. Le catalogue d’options ne ressemblant pas à un annuaire téléphonique vous permettra de rapidement configurer votre auto en optant par exemple pour une peinture sympa à 950 €, une sellerie cuir (1200 €) ou la sono Beats (500 €). Facture finale : 50 585 € hors malus de 1613 € (144 g/km).

Avec son prix contenu et sa bonne dotation il se présente en outsider de la catégorie. La diversité des paysages rencontrés aura été à la hauteur du Tarraco prouvant ainsi la large palette de ses qualités. Stylé, polyvalent et spacieux, il devrait permettre à Seat de continuer sur sa très bonne lancée, après des ventes en augmentation de 27 % l’an passé dans l’Hexagone.

Pour continuer de voyager un peu avec nous, voici toutes nos images du roadtrip.

Crédit photos : Thomas D. (Fast Auto)