Ce qui me plait sur le nouveau Suzuki Jimny, c’est qu’il a toujours la tête de l’emploi. Il est exactement ce à quoi il ressemble. Comme l’ancienne version, en mieux, presque partout. Une voiture simple et essentielle, mignonne à en croquer, à l’apéritif et pas seulement… 

Là où de pseudo-citadines à traction avant se donnent des airs de faux 4×4 boursouflés de prétention – mais qui resteront tankés, à cause de leurs roues de 19 pouces, dans la première grimpette enneigée venue – le Jimny ne laisse planer aucun suspense. Le vrai petit 4×4 efficace et sans autres prétentions que de rendre service en toutes circonstances, justement, c’est lui… Et rien que l’ancienne version, dont vous vous souvenez peut-être que j’avais adoré (essai de juin 2018 à retrouver ici) malgré ses quasiment 20 ans d’âge. En tous cas, le nouveau ne trahit pas la lignée fondée en 1970. 

C’est vrai, quoi : regardez moi ça. Suzuki a réussi le tour de force de la rendre plus moderne, plus carrée, plus virile, sans toutefois ce look agressif qui se prend trop au sérieux, façon Mercedes Classe G. Question de proportions, probablement (avec 3,65 m de long, avec la roue de secours, il est 4 cm plus court que l’ancienne version), ce qui ne l’empêche pas, face aux fades berlines qui alimentent le parc auto, de vous conférer un look d’aventurier. 

Aventurier, c’est un métier à temps complet. Sur ma place de parking, le Jimny pose à côté de la nouvelle BMW R 1250 GS Adventure à 22000 € !

Voici donc, comme on dit dans les grandes entreprises, trois « points d’étonnement » sur cette nouvelle version dont, soit dit en passant, la bouille est mignonne à croquer. 

Un : un intérieur beaucoup plus moderne

Quand on rentre, c’est le choc : fini l’intérieur assez dépouillé, aux plastiques durs et à l’auto-radio aux diodes rouges très typées années 80. La nouvelle dalle digitale change l’atmosphère, les commandes sont mieux agencées et on récupère un levier pour les commandes du 4×4. Le confort de marche augmente d’un coup : la dalle tactile est assez intuitive dans son usage et même précise quand on touche le bord gauche, pour gérer le volume de la radio. Un peu comme sur le système SYNC3 de Ford, la dalle digitale peut se diviser en quatre univers (GPS, radio, téléphonie…). On récupère au passage une fonction de commande vocale, qui fonctionne plutôt bien une fois que l’on a compris l’intonation nécessaire et à quel moment il fallait répondre aux injonctions. Au début, forcément, on tatonne, et on finit par insulter la pauvre fille qui prête sa voix. Et puis après, ça marche. 

L’ergonomie n’est pas compliquée (une fois que l’on a trouvé les lève-vitre en bas de la console centrale), le tableau de bord est lisible, bref, tout va bien et ainsi doté, le nouveau petit Jimny entre dans la modernité, avec notamment des commandes de climatisation à affichage digital, et un fort complet volant multifonctions. Et les sièges chauffants chauffent fort bien ! 

Bon, tout n’est pas révolutionné non plus, notamment en termes d’espace. Avec le Jimny, il faut un peu choisir. Non pas entre slip ou caleçon, mais entre passagers ou bagages. Les sièges arrière, au confort assez spartiate (le dossier est très droit et il n’y a pas beaucoup de place pour les jambes) laissent un coffre de 85 litres ; mais ça grimpe à 377 litres en les rabattant, si l’on charge jusque la base des vitres latérales, ou 830 litres si l’on fait un Tetris avec le chargement, jusqu’au toit. 

Deux : un comportement un brin peaufiné

L’essai de l’ancien Jimny avait consisté en une bonne surprise : je m’étais attendu à un engin beaucoup plus rustique que cela. Le nouveau se comporte un peu mieux, mais ce n’est pas non plus le jour et la nuit. Toujours posé sur deux essieux rigides mais disposant d’un châssis plus rigide, le Jimny est un peu plus souple sur ses suspensions mais ne peut masquer sa nature de vrai 4×4. La direction est peu précise sur route et, sur les bosses, les trains roulants sautillent toujours un peu. Rien de grave, ça fait partie de la personnalité de ce genre d’auto, on va donc parler de trait de caractère plus que de véritable défaut. D’ailleurs, moi, je le trouve vraiment attachant, ce nouveau Jimny. 

De plus, il a désormais 6 airbags, 4 de plus que l’ancien ! La dotation de sécurité est désormais à la page : de rien sur l’ancien, on passe sur le nouveau à la reconnaissance des panneaux, au freinage actif d’urgence, au maintien de ligne, aide au démarrage en côte… 

Trois : des perfs améliorées, mais c’est pas si évident… 

Suzuki dispose d’un petit 1000 turbo assez pétillant, mais pour le nouveau Jimny, on reprend les recettes de l’ancien : un bon quatre cylindres en ligne, brave et serviable comme tout. Il s’agit ici d’un tout nouveau moteur, dont le bloc est 15 % plus léger que l’ancien. Exit donc le vieux 1.3 (type M13A) et bienvenue au nouveau 1.5 (type K15B), qui offre forcément de meilleures caractéristiques. On passe en effet de 85 ch à 6000 tr/mn et 110 Nm à 4100 tr/mn sur l’ancien à, accrochez-vous, 102 ch à 6000 tr/mn et 130 Nm à 4000 tr/mn. Le stop & start n’est pas prévu au programme, mais les émissions du bloc 1.5 ont permis de limiter un peu le malus (en tous cas dans le cas de la boîte manuelle annoncée à 154 grammes en NDEC et 178 grammes en WTLP, car le Jimny est aussi disponible avec une BVA 4 à l’ancienne, encore un peu énergivore en émargeant respectivement à 170 et 198 grammes !). Cela dit, les choses évolueront peut-être rapidement car en Inde, le Suzuki-Maruti Jimny dispose d’une hybridation légère en complément de ce même 1.5. 

Nonobstant, la philosophie reste la même : vous devinez à la lecture de la courbe de couple que c’est un moteur qu’il faut cravacher mais en fait, il n’aime pas tellement ça. Son truc, ce n’est pas d’évoluer en permanence près de la zone rouge comme le Japan Racerde base. Souple, serviable à très bas régime (sur le périf’ surchargé, on peut tourner à 1000 tr/mn en quatrième), il n’offre pas des relances fantastiques tout en bas et commence à se réveiller au-dessus de 3000 tr/mn. 

Du coup, les performances n’évoluent pas drastiquement : l’ancien était donné pour 140 chrono, le nouveau, pour 145. L’ancien claquait le 0 à 100 en 14,1 secondes, le nouveau en environ 12, y’a du mieux, même s’il faut probablement martyriser la mécanique pour y arriver ! Par contre, le levier de vitesses, toujours avec ses amples débattements de 4×4, est plus franc et précis dans sa commande. Si l’ancien tournait à 120 km/h à 4000 tr/mn en cinquième, le nouveau permet de gagner 10 km/h au même régime. 

Toujours craquant, ce Jimny

On le voit, l’agrément au quotidien a progressé dans le bon sens. Un peu plus silencieux, un peu plus performant, un peu plus confortable, nettement mieux équipé et bien plus sécurisant, il ne renie en rien sa personnalité et devient toujours plus fréquentable. Parfait pour le quotidien, grâce à son excellent rayon de braquage qui lui permet de virevolter quasiment comme une Smart, et à son poids réduit (1090 kilos) qui lui confère une belle vivacité, ce qui ne retire rien au fait qu’il reste un vrai 4×4, avec 37° d’angle d’attaque, 28° d’angle ventral et 49° d’angle de fuite. En revanche, l’augmentation des prestations va de pair avec une augmentation du tarif : le prix d’accès est passé d’un peu plus de 13 000 € à 17 225 €, voire 19 995 € dans la version Pack de mon modèle d’essai, la plus équipée. Quant à la conso, annoncée en valeur officielle mixte qui est de 6,8 l/100, elle se traduit par 8,1 lors de ma semaine d’essai… Ca reste raisonnable, non ?

Photos : Gabriel Lecouvreur