Changer ? Pour quoi faire ? Le nouveau « F-Series » va au-delà des apparences et change bien plus qu’il ne veut le montrer…

Le Ford F-150 est une institution aux Etats-Unis, le leader des ventes incontesté depuis plusieurs décennies, et qui en 2013 fut une nouvelle fois le pick-up, mais aussi le véhicule toutes tailles confondues le plus écoulé au pays de l’Oncle Sam : 760 000 exemplaires, soit 280 000 de plus que le suivant, le Chevrolet Silverado. Dire que renouveler ce modèle est un moment d’angoisse chez les dirigeants de Ford relève donc de l’euphémisme ! D’autant que ce changement, s’il se veut dans la continuité des trucks précédents, doit néanmoins se faire en profondeur. Les temps changent, et pour que les références restent, elles doivent s’adapter, se transformer. Et sur le F-Series, les mots clés sont downsizing et allègement.

Esthétiquement, c’est plutôt le statu quo, avec une reprise du concept-car Atlas. La silhouette moteur/cabine/benne est conservée, les chromes sont abondants surtout sur la calandre et sur le sabot de pare-choc. Mais c’est dans le détail que les modifications se font jour : les optiques frontales se dotent de DELs pour un liseré distinctif, et la forme globale prend celle de la lettre C (contrairement au polygone à 5 côtés du F-150 Mk12) ; les feux arrière sont aux extrémités d’une immense barre de chrome qui sertit la porte de la benne. A chaque fois, les clignotants sont formés par un liseré de diodes autour de chaque optique.

Pour cette treizième génération, Ford déleste le F-150 de 260 à 300 kg, grâce à une carrosserie ayant massivement recours à l’aluminium et à de l’AHLE (acier à haute limite élastique). Certains manques de ce minerais chez le fournisseur américain n°1, Alcoa, ont même fait craindre un retard dans le lancement du F-Series Mk13, mais il n’en sera rien. Pour une masse totale qui dépassera de toute façon les 2 tonnes ça peut ne paraître rien, mais c’est déjà un bel effort qui se concrétisera dans les consommations. Pour continuer à les baisser, Ford renouvelle l’offre moteurs, au moyen de trois V6, les 2,7 l et 3,5 EcoBoost, et un 3,5 l ; pour les amateurs de glouglous sous le capot, il restera le V8 5,0 l. Aucune puissance n’a été précisée, ce qui n’est pas le cas des transmissions, puisqu’à l’image d’Henry Ford qui ne proposait que la couleur noire sur la T Lizzie, la seule boîte du F-150 2014 sera une boîte automatique 6 vitesses.

Recette allégée côté carrosserie, le F-150 est enrichi côté équipements, puisqu’il se trouve pourvu cette année du régulateur de vitesse adaptatif, d’AFIL (alerte de franchissement involontaire de ligne), d’une alerte d’angle-mort dans les rétroviseurs et d’un radar à 360 degrés… L’évolution majeure visible à l’intérieur est le grand écran de 8 pouces sur la console centrale.

Détroit, Ford, F-150… : la rust belt, le salon de la shrinking city et son emblème automobile sont plus rutilants que jamais en 2014. Même si c’est un dinosaure de la production automobile, le F-Series Mk13 se modernise, s’adapte aux changements. Sera-ce nécessaire pour ne pas subir cette théorie de l’évolution Darwinienne en laquelle les Américains (notamment Républicains) croient de moins en moins ?

Via Ford