General Motors a subi il y a peu plusieurs vagues de rappels à cause d’un défaut lié au contact d’allumage. À cela s’ajoute malheureusement le rappel de 2,7 millions de véhicules supplémentaires (comprenant 8 modèles différents), portant le total à 11,1 millions de véhicules aux États-Unis, et 12,8 millions dans le monde entier.

L’origine du problème est lié au contact d’allumage : dans certaines conditions, le contact se coupe et entraîne une coupure du moteur ainsi que du courant à bord (plus de direction assistée électrique, le volant se bloque au milieu, plus de phares, plus de balais d’essuie-glace,  plus d’airbag, le freinage devient rapidement dur au bout de quelques pressions sur la pédale, la liste est longue…).

Le plus affolant est que GM était au courant du problème depuis 2001, et avait même songé à l’éradiquer en 2005, mais ne l’a pas fait car cela entraînait un surcoût de 57 cents. Ce défaut de contact a jusqu’à aujourd’hui, causé 13 morts.

Mary Barra, nommée à la tête de General Motors en Décembre 2013 et ayant pris ses fonctions le 15 Janvier 2014 dit que cette affaire est « très troublante ». « Si c’était la raison pour laquelle cette décision a été prise (le surcoût de 57 cents), c’est inacceptable — Ce n’est pas de cette façon que nous faisons du business avec le GM d’aujourd’hui ».
Elle ne souhaite pas mettre en jeu la sécurité au profit de meilleurs chiffres à chaque trimestre, et l’a fait savoir en agissant sans prendre le coût en considération.

À cela s’ajoute la décision du Congrès Américain de punir GM en lui infligeant l’amende maximale autorisée par le gouvernement : $35 millions. Anthony Foxx, secrétaire d’état des transports, a fait savoir qu’il surveillait de près les efforts de GM à cet égard, et encourage le Congrès à augmenter la peine, la passant de $35 millions à $300 millions afin d’envoyer un message clair et concis sur l’intolérance face aux délais des rappels.

En Europe, l’usine allemande  d’Opel à Bochum va être fermée d’ici la fin de l’année. Il s’agit de la première fermeture d’une usine automobile en Allemagne depuis la Seconde Guerre Mondiale. Cette décision fait suite au refus des employés de l’usine de Bochum de voir leurs salaires bloqués (pas d’augmentation annuelle) tout en maintenant la production de l’Opel Zafira jusqu’à la fin 2016. Les 4 autres usines germaniques ont accepté l’offre de GM au mois de Mars.

General Motors a en plus de ça été élu pire constructeur par les fournisseurs selon une étude du groupe Planning Perspectives Inc. qui a demandé à ces sociétés de noter leurs relations avec 6 constructeurs qui comptent pour 85% des véhicules léger vendus aux États-Unis. Avec 55% de relations « mauvaises à très mauvaises », le constructeur n’est pas épargné. Le classement de cette étude (que vous pouvez trouver ici) place Toyota sur la première marche du podium, suivi par Honda puis Nissan. Les 3 américains, Ford, Chrysler et GM, occupant respectivement la 4e, 5e et 6e place ferment le classement.

Mary Barra n’a pas hérité du plus joli état des lieux laissé par Dan Ackerson, mais elle semble déterminée à changer l’image de GM. Il n’y a plus qu’à espérer que les dégâts soient rapidement réparés et que le constructeur reparte sur des bases saines.

Sources : AP, Reuters, The Guardian, Bloomberg, Foxnews, WashingtonPost