… bientôt au bord de la rupture !

Le pays nordique est actuellement le pays au monde où la voiture électrique est la plus prisée. Les chiffres de ventes des Leaf, Model S et quelques autres autos le confirment chaque mois depuis le printemps dernier. Les modèles cités précédemment se sont même permis de truster la première place sur le podium des ventes automobiles mensuelles. D’ici la fin de l’année les VE devraient passer le cap des 5% du marché automobile neuf et cela commence à poser des problèmes ! 

carte norvege VE

Le succès est grand et les constructeurs de véhicules électriques se ruent tous vers ce petit eldorado des VE. Mais la raison de ce succès ne serait pas forcément le coté écologique des norvégiens mais plus simplement le fait que des aides, des routes gratuites et l’absence de taxes sont proposés aux acheteurs de VE.

Ainsi la réputée (depuis 2 ans au moins…) association norvégienne des véhicules électriques a lancé une enquête auprès des possesseurs et utilisateurs de VE. Et au bout du compte, on constate que les 5 premières raisons qui poussent les norvégiens à acquérir des voitures électriques sont tout à fait classiques et non écologiques :

-Accès gratuit aux routes (pas de redevance annuelle) et gratuité de tous les péages
-Absence de toute taxe sur les VE
-Parking gratuit
-Coût financier de la recharge d’électricité moins élevé que celui du plein en SP95
-Accès aux voies de circulations des bus

Motivations d'achat des Norvégiens pour les VE

Ainsi la Norvège compte actuellement quelques 5.000 bornes de recharge 10% sont situées dans la capitale Oslo mais en en juin dernier, on enregistrait plus de 13.000 voitures électriques immatriculées en Suède. Ausi selon plusieurs journaux norvégien dont Budstikka, il semble que l’on soit désormais assez proche du point de rupture dans le cadre de la relation à trois, VE-Etat-Infrastructures. Ainsi le pays doit entièrement moderniser ses structures de recharge dans 3 ans environ (vieillissement, climat, normes) mais hélas il n’y a pas assez d’argent dans les caisses de ce pays (pourtant riche et bien géré si l’on en croit les spécialistes !) pour permettre la mise à jour de l’intégralité du réseau de recharges mais aussi pour entretenir les routes. Cela est bien évidemment du à l’absence ou à la baisse des rentrées fiscales depuis 2 à 3 ans.
Aussi pour palier à ce manque à gagner, l’état norvégien serait donc tenté de modifier les règles du « jeu » et donc les avantages financiers perçus par les acheteurs, non payés par les usagers de peur qu’ils ne se généralisent trop. Si cela venait à se confirmer fin 2014, la donne serait complètement changée dans cet eldorado des véhicules quasi subventionné par les contribuables qui roulent en thermique ou en hybride.

Le journal d’Oslo, relayé par Slate, prend l’exemple de la journée du 3 décembre dernier. Et on découvre que les véhicules électriques (autos, deux roues, taxis) représentaient les 3/4 des 829 véhicules qui ont emprunté durant ce jour là les voies des bus. Durant cette journée de décembre les bus eux n’ont représenté que 7,5% du trafic urbain. Le journal explique aussi que les couloirs de bus de la capitale norvégienne ne peuvent accueillir plus de 1000 véhicules par heure.

Il faut bien sur raison garder mais selon les spécialistes, il est fort probable que l’état norvégien change son fusil d’épaule dans les prochaines années afin de ne pas devenir le « dindon de la farce » et de se voir déborder par les achats « aidés » de VE. Faites la même choses en France et vous allez voir le nombre de Zoé, de C-Zero, iOn ou Model S vendues exploser.
Nous sommes ici finalement en face d’un marché dopé artificiellement par l’état et qui profite à certains pour l’instant mais qui pourrait coûter à tous dans quelques temps. On passera sur l’affaire de ce que ce système coûterait en consommation d’énergie pour fournir de l’électricité dans un pays comme la France ou l’Allemagne. Finalement cette affaire valide la théorie que le parc automobile doit être diversifié et non monotype. Une chose est sure, on est bien loin d’une vraie démarche écologique… mais très près d’un bon coup financier !

Via LeMonde, Slate, Budstikka.