René Dutrey, maire adjoint à l’Environnement à la ville de Paris, l’a annoncé ce lundi : « Dès à présent je peux vous confirmer la demande faite par le maire de Paris au Premier ministre de baisse de la vitesse maximum à 70 km/h sur le  périphérique. » Et R.Dutrey d’ajouter devant la presse que cette affaire était bien partie !

L’affaire n’est pas nouvelle puisque la municipalité avait déjà adressé sous le précédent quinquennat au moins trois fois cette demande à la préfecture de Paris mais ces demandes n’avaient eu aucune suite. Bertrand Delanoë l’a d’ailleurs rappelé cet été au Premier ministre dans le cadre des échanges entre la ville de Paris et le gouvernement. Cette demande entre dans le cadre des fameuses mises en places des Zones d’Action Prioritaire pour l’Air (ZAPA).
L’adjoint au maire chargé de l’environnement explique que cette mesure permettra d’améliorer la qualité de l’air et le niveau sonore autour du périphérique tant pour les usagers, les salariés qui travaillent dans les entreprises situées le long du périph’ que pour les habitants qui sont proches de l’axe routier. L’élu poursuit en expliquant que la baisse de la vitesse sur le périphérique parisien est une mesure peu onéreuse, pas pénalisante économiquement parlant et elle a une efficacité environnementale réelle essentiellement parce que cela améliore la fluidité de la circulation sur le périphérique. Il n’y a  plus d’à coup donc moins de ralentissements et d’embouteillages. Cette fluidification du trafic routier permettrait, selon R.Dutrey, d’améliorer la qualité de l’air dans l’environnement direct du périphérique sans modifier ou si peu, la vitese moyenne de circulation sur l’axe qui ceinture Paris. L’élu chargé de l’environnement perdure dans son choix en mettant en avant une étude de l’OMS qui montre que les zones situées sur 250 mètres de part et d’autre du périphérique dépassent de près de 4 fois les normes mondiales sur la qualité de l’air.

Cette disposition est prévue dans le cadre des mesures prévues pour lutter contre la pollution de l’air dans l’agglomération parisienne que devrait présenter Bertand Delanoë lors du prochain Conseil de Paris qui aura lieu dans moins d’un mois. Nous devrions donc en savoir plus dans un mois environ au sujet de cette mesure qui pourrait faire baisser la vitesse limite du périph’ de 10 km/h supplémentaires en 2013 c’est à dire 20 ans après la dernière diminution de la vitesse qui avait vu la Vmax autorisée passer de 90 à 80 km/h en 1993.

Voilà une mesure qui va venir s’ajouter à celle du réaménagement des voies sur berges dès le printemps prochains. Pour rappel, ce sont plus de 4 hectares de terrain qui vont être interdits aux véhicules et donc un flux de 40.000 véhicules par jour qui devra, dans les 6 ou 8 prochains mois, trouver un « itinéraire bis » (grâce à Bison Futé ?) dans les rues de la capitale qui sont déjà « out of order ». Ainsi, si l’on en croit les associations mais aussi les services de la la Marie de Paris, la réduction des voies sur berges va entrainer un report de la circulation principalement vers les grands axes de passage dans le centre de la ville, on pourra ainsi citer : Le boulevard des Capucines, le boulevard Haussmann, la rue de Rivoli, l’avenue des Champs Elysées, le boulevard Saint-Germain, la place de la Concorde, la place de l’Opéra ou le quai d’Orsay. On est donc bien loin de l’utopie politico-écologique qui veut que le coeur des grandes villes soit uniquement parcouru par des tramways, des trolleybus, des bus électriques, des Vélib’, des Autolib’, des VU sur batteries, des piétons, quelques voitures électriques des services publics ou de quelques parisiens privilégiés… sans compter les petits lapins, les licornes, les familles de faisans et les bisounours !

Reste qu’a envisager une ville comme Paris sans les voies sur berges c’est prendre le risque d’un centre urbain plus encombré et donc plus pollué du fait des 40-50.000 autos qui vont quitter les voies de dégagement pour les rues engorgées du fait de leurs nouveaux aménagements qui visent à tout sauf la fluidification du flot des autos.

Deux gros dossiers que les parisiens suivront avec attention dans les prochains mois. Nous ne manquerons pas de relayer l’évolution de ces deux projets qui vont tout de même dans le sens d’une amélioration de la qualité de vie en ville, de celle de l’air ou de la diminution des nuisances sonores. Reste que vouloir passer du tout voiture au sans voiture en peu de temps, sans concertation, sans solution alternative ou médiane risque bien de conduire au clash et finalement à rien du tout.

Enfin, on oubliera pas la fameuse idée d’interdire tout diesel en ville et particulièrement dans Paris, ce qui ne devrait qu’ajouter à l’épaisseur du dossier et à sa probable insolvabilité sauf à ne faire que des mécontents.

Via AFP, LeMonde, LeMonde.µ
Crédits photos : AFP, JM.Simoès.