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Why Be Classic When You can Be Unique est le fil rouge du petit constructeur français PGO Automobile, installé à Saint Christol les Alès en Cévennes. PGO Automobile a bien grandi depuis 1980. Suite à l’annonce de la nouvelle motorisation, les transformations sur les 3 seuls et uniques modèles de la marque s’affirment sportifs et élégants. Une immersion chez le constructeur Cévenole devenait incontournable pour Blogautomobile. 

Ce petit constructeur français est installé près d’Alès depuis 13 ans, sans pour cela y voir une quelconque connotation de fin… ou même de superstition !
La gamme est courte mais pertinente, proposant trois modèles, ayant le même moteur BMW turbocompressé L4 L1.6L 184 ch (celui de la Mini Cooper S) en remplacement du moteur Peugeot 2.0 L 140 ch et un châssis identique et original à PGO. La carrosserie et l’habitacle sont personnalisables à l’extrême. Chaque modèles sont des produits haute-couture, du sur-mesure, assemblés à la main . Cette réactivité est valable chez les petits constructeurs même si nous avons beau voir la mode du personnalisable envahir les bancs des géants de l’automobile. Il me semblerait impossible d’entendre un client demander à un grand constructeur PSA, lors de la prise de commande, de  changer les tapis de sol de série par ses propres tapis.

PGO Automobile: une passion, une histoire

PGO Automobile a été crée en 1980 par deux frères. Olivier et Gilles Prevôt (PGO) sont avant tout des passionnés, ils décident ensemble de créer une réplique de l’AC Cobra. 18 ans plus tard, la firme française est rachetée, l’objectif est de développer des modèles sur un châssis-mécanique Coccinelle et des lignes proche de la 356 Porsche dans le but de retrouver l’esprit néo rétro avec le modèle Speedster. Ce qui va leur valoir un procès pour plagiat en 2004. Porsche perdra face à PGO en Cour d’Appel et devra rembourser les frais de justice.

En 2000, commence l’aventure des propres modèles PGO avec le lancement du Speedster II présenté au salon de l’Automobile de Paris. A ce moment là, nous retrouvions les moteurs Peugeot et la première création d’un châssis original PGO. En 2002, PGO Automobile fait son entrée en bourse mais sera bloqué suite au redressement judiciaire et ce jusqu’en 2007.

Cevennes PGO 2005

L’ouverture du capital à la firme Naser International en 2005 permet un rétablissement financier et le lancement du second modèle de la marque : La Cévennes. C’est justement ce modèle-ci que nous avons essayé. 3 ans après, la firme française présente son modèle coupé Hemera lors du Mondial de l’Automobile de Paris, pourtant l’image de marque ne décolle pas.

En 2010, PGO ouvre son premier Show Room de 130m² à la Porte Maillot. L’année qui suit, le premier club automobile « PGO Passion » née. Une communauté de 90 personnes passionnées du petit constructeur français. Ce club se situe à Lyon pour ceux d’entres vous que cela intéresseraient.

Nous sommes alors à l’aube du changement historique du constructeur. Après une année de négociations, de transformations, de mise aux normes face aux exigences spécifiques du cahier des charges (essentiellement thermique), des essais, des corrections et réglages divers et variés, PGO a signé avec  BMW Group en Février 2012 (Euro5). Le bloc moteur n’est pas un sous produit ou un second choix du groupe allemand. Bien loin de cela, ce bloc est installé sur la Mini Cooper S, la Citroën DS3 Racing. La position central du moteur assoit la voiture.  PGO propose la version forte de 184 ch à 5500 trs/min, 240 Nm à 1730 trs, une Vmax de 225 km/h pour des émissions de CO2 qui s’élève à 175 g/km (malus de 1500€) pour une voiture de 997 kg à 1012 kg maximum selon les équipements. Même sans en connaitre tous les détails, je vous assure que la musique du moteur vous aurait soufflé les paroles dès les premiers cinq mètres d’asphalte.  Afin de préserver l’homogénéité des performances, PGO fait fabriquer le levier de vitesse par le  fournisseur de MINI. La voiture PGO 2013 a été finalement  transformée à plus de 50% en terme de motorisation, sécurité, confort, chassis et trains roulants. Un choix et une décision qui ne pouvaient pas être différent en ces temps modernes. En gardant le « vieux » bloc moteur 2.0 L 16V Peugeot, il est quasi certain que PGO n’aurait pas survécu longtemps et aurait été rayée de la carte du marché.

PGO Automobile : Vers le Futur ?

En 2013, PGO Automobile a présenté ses modèles au marché asiatique lors du Salon de l’Automobile de Shanghai. Des modèles singuliers alliés au savoir-faire français ont attiré les clients potentiels. D’ailleurs PGO est dans l’attente de l’homologation en Chine d’ici à 2014 afin d’ouvrir son cahier de commandes et de pouvoir installer quelques revendeurs indispensables pour exister sur ce grand marché. Cependant, le volume des ventes depuis 2008 est essentiellement transformé sur le marché Européen. Le cœur de cible est la suivante :
– 45 ans et + en province
– entre 25 et 35 ans en zone urbaine
Les acheteurs ou décisionnaires d’achat sont pour la plupart féminins ce qui pourra surprendre pour une voiture qui semble faite pour les hommes. Ce sont avant tout des passionné(e)s du néo-rétro en quête de rareté, de différence. L’objectif des ventes de PGO Automobile est d’environ 80 exemplaires en 2013. L’usine peut assurer jusqu’à 200 sorties de voitures, au-delà ils devront déménager, pas très loin assurément et ceci est bel et bien l’objectif principal à atteindre dans les années à venir.

D’après le Directeur Général Délégué de PGO Automobile, Loïc Perois, la force de la marque est dans sa capacité à intégrer dans le cycle de production des vrais savoir-faire provenant de l’extérieur. Ceci amplifié par la confiance des fournisseurs dans le petit constructeur gardois. Aujourd’hui, PGO est un constructeur qui n’inquiète plus les acteurs du marché. Pour preuve, Soben fournit désormais les amortisseurs !

Le plus compliqué pour PGO fût de composer avec la réglementation Européenne. Les commissions et diverses décisions sont souvent prises en fonction d’une normalisation du marché par un nivellement. Ce qui est de l’ordre du faisable pour un groupe auto et de l’ordre de l’impossible pour un petit constructeur indépendant. Comment faire entendre sa problématique face à une institution qui ne voit qu’à travers le gigantisme?  Une seule solution créer ou intégrer une association de petits constructeurs. Une association qui sera caractérisée par la maîtrise de la complexité, entendre et valoriser les spécificités des contraintes, effectuer des veilles informationnelles, études de marché. Depuis l’entrée dans l’association ESCA (associa. des petits constructeurs européens), PGO n’est plus tenue d’équiper leurs modèles d’ABS, Airbags et bénéficie même de certaines dérogations automatiques. Pour exemple, l’association a revu la réglementation concernant la taxe carbone. Elle est dorénavant applicable aux constructeurs produisant plus de 1000 modèles par an, ce qui n’est pas le cas de PGO Automobile.

Un nouveau Show Room lyonnais va très prochainement ouvrir ses portes en début d’automne. Ce sera au 76 Avenue de Saxe dans le 3eme arrondissement (près de la rue de Bonnel), au même numéro que celui de Mini.

Présentation de l’usine

Depuis l’entrée des koweïtiens dans la capital et afin d’optimiser la chaîne de fabrication en vue de l’atteinte des objectifs, toute l’usine a été repensée, rationalisée. Elle s’articule par pôles de sous-assemblage. 60 personnes sont à l’oeuvre de la chaîne de production à l’administratif. La voiture et son carnet de traçabilité suit un parcours millimétré, passant de mains en mains, dans un calme assez stupéfiant. Marie-Hélène Rovira du Service Clients m’a présenté l’usine, ses spécificités, sa logique, son histoire, ses nouveautés. Le châssis tubulaire crée par PGO accueille à présent une baie en aluminium pour y coller le para-brise. Cette technique, m’explique-t-elle, assure une facilité d’entretien, une solidité et augmente la sécurité. A lui seul le châssis pèse 140 kg, comptez 90 kg pour la carrosserie, le restant étant le moteur et l’équipement de l’habitacle. La carrosserie est fabriqué par PGO suivant trois techniques de moulages: la Projection, l’Injection et le Thermoformage. Tout est fait main, signalons que l’atelier de carrosserie est l’exemple du Gard d’après les Médecins du Travail. Tout l’assemblage par sous-ensemble est collé, c’est justement les multi-épaisseurs qui rendent les voitures PGO solides. La peinture est appliquée manuellement ou à l’ancienne au pistolet. Les peintres peuvent effectuer jusqu’à 7 couches pour une finition nacrée de belle qualité. Marie Hélène m’explique que PGO propose 17 coloris et en créée régulièrement à la demande. C’est un peu le service Bespoke de PGO et l’avantage d’être un petit constructeur automobile.

Le moteur BMW dégage une chaleur conséquente (c’est l’effet turbo notamment), c’est pourquoi PGO a modifié ses voitures en profondeurs suivant cette contrainte. En l’occurrence, poser un isolant thermique aluminisé,  une plaque en dessous de la voiture qui améliore la prise d’air et l’évacuation et ainsi baisser la température. Le train arrière, les triangles ont été totalement repensés pour être en parfaite adéquation avec les nouvelles obligations depuis 2012. Cette évolution du berceau arrière a été crée spécifiquement pour et par PGO. La sellerie n’est pas fabriquée sur place par PGO. Concernant les sièges noirs de série, la fabrication se fait au Portugal. Si le client demande du spécifique, du personnalisé, le sellier (sellerie et capote) se trouve à Barjac, à proximité de l’usine, ce qui améliore la réactivité et optimise la recherche de singularité qu’attendent les clients. Le délai de livraison est en moyenne de 4 mois. Toutefois, si vous commandez un modèle entre octobre et décembre, vous aurez la chance de voir le délai raccourci, ce qui s’explique en partie par une baisse d’activité en cette période.

Le modèle (le fameux) de 2005 est bien resté sur quai, ce qui n’est pas fait pour me déplaire. Aujourd’hui, les nouvelles moutures sont équipées de climatisation, c’est pour cela même que le coffre a dû faire de la place et, ce qui va sans dire, une perte de volume quelque peu petit déjà à la base. Pourrions-nous espérer de voir apparaître des modèles plus grands, procurant plus d’espaces d’ici 2014 ? Ce serait très certainement une très bonne idée, surtout une valeur ajoutée aux produits PGO qui souffre de l’image « anti quotidien » même si le petit dernier ne connait pas une concurrence directe cannibale. Rome ne s’est pas faite en un jour mais le secteur automobile n’a pas cette notion, c’est pourquoi l’équipe de PGO se doit d’avancer et de créer afin de ne pas voir son rideau tomber.

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Dans l’attente de la révélation d’une « surprise » PGO, une vraie surprise, pas de celle dont tout le monde parle, ni la Cévennes Coupé ni la BVA, je suis toutefois surprise par l’évolution de la marque dans ce qu’on peut considérer comme le bon sens. Ce petit constructeur français en a sous le capot, tout comme dans sa conduite mais ils devront faire preuve d’anticipation, de réactivité et d’une parfaite maîtrise de la trajectoire. Leur « petitesse » est alors une chance dans le contexte actuel.

Il est regrettable cependant que l’on entende si peu parler de ces petits constructeurs qu’ils soient français ou étrangers car ils sont une belle partie de l’histoire de l’automobile. Le lobbying « achetez français » lancé par le gouvernement a peut-être encore des résidus d’œillères qui oublie promptement les petits dans l’ombre des géants, certains rédacteurs et  journalistes spécialisés n’en sont pas moins responsables d’autant plus dans un secteur hautement concurrentiel en perpétuelle évolution . Nous en comptons pourtant trois en tête d’affiche, Secma qui produit le F16, le constructeur qui fabrique les Méhari Citroën neuves (Méhari Cassis Club) enfin PGO spécialisé dans la petite voiture de sport. Entendez bien par là des constructeurs qui ont une usine, qui sortent et vendent des modèles, non pas Bob le Bricoleur dans son garage.
De ce que j’ai vu, l’équipe de PGO est faite de passionnés, de la direction aux ateliers, des personnes totalement abordables sans prétentions ni égos démesurés. Quoique, peut-être un grain de folie commun les fait avancer ! Confidence pour confidence, voilà la passion, la philosophie, l’esprit des amoureux de l’automobile qui animent notre curiosité et qui fait du bien à constater. La passion de la construction automobile existe encore en France et c’est heureux. Elle est sudiste et même gardoise !

Merci à PGO Automobile, Loïc Peroi et Marie-Hélène Rovira d’avoir aussi bien reçu Blogautomobile, d’avoir répondu ouvertement à toutes les questions, quoique  nous attendons La réponse en fin d’année.

Cevennes PGO grd angle arrière

Crédit Photo: France Dholander