On s’achemine doucement vers une nouvelle mort du constructeur suédois puisque nous sommes à seulement quelques heures de la date limite accordée pour la reconstruction de NEVS/Saab.

Saab

L’entreprise sino-suédoise de Trollhättan qui est bien loin d’afficher la même santé que sa consoeur de Göteborg cherche toujours à trouver des accords avec ses créanciers soit pour ré-échelonner sa dette, soit pour diminuer son montant. Les dirigeants (ou ceux qui sont restés …) ont envoyé aux détenteurs des créances il y a une quinzaine de jours une nouvelle lettre en ce sens. C’est d’ailleurs en fonction des réponses ou des non réponses que se jouera la survie de l’entreprise automobile.
Ainsi si les réponses sont plutôt favorables et la porte des négociations pas fermée, il sera possible de demander une prolongation de la période dite de réorganisation. Si les réponses sont négatives, il en sera encore fini de Saab qui pourrait bien passer de nouveau par la case liquidation…

Une chose est sure, l’administrateur de Saab, Lars Eric Gustafsson, y croit encore et affirme qu’il est et reste persuadé qu’il existe des possibilités réalistes pour l’entreprise mais la priorité immédiate reste la négociation avec les créanciers afin de diminuer la dette et de ne pas « effrayer » de possibles partenaires ou repreneurs. L’administrateur de poursuivre et d’expliquer qu’actuellement les dirigeants de Saab sont à un moment crucial des discussions avant un « accord fort » qui pourrait être passé avec les deux constructeurs venus d’Asie pour négocier… ou discuter « le bout d’gras de renne scandinave » sur un coin de table !

Chez NEVS/Saab, on tente d’accélérer les négociations et de séduire au plus vite ce fameux partenaire venu d’Asie dont on ne sait rien. Pour cela, L.E Gustafsson se base sur de fameuses expertises en conseils techniques et industriels, sur le  droit de la propriété intellectuelle pour vendre la plateforme Phoenix et sur des analyses de consultants financiers et bancaires dont on connait la fiabilité.

Toujours est il qu’à deux jours du gong de fin, le 29 novembre, c’est bien mal engagé pour Saab qui risque fort (hélas pour les saabistes !) de connaitre une nouvelle expérience de mort économico-industrielle car on voit assez mal qui pourrait être ce mystérieux repreneur ou sauveur façon mécène qui se cache depuis le début de l’été dernier.
Dongfeng ? C’est non car trop engagé chez PSA en net regain de forme
Youngman ? C’est encore non car sans le sou et peu fiable (déjà sur le coup pour racheter Saab à la fin de l’ère Muller)
Mahindra ? Rien ne bouge du coté de l’entreprise indienne et il n’est pas sur que Phoenix (qui va finir par être dépassée à force d’attendre…) soit un argument suffisant pour convaincre les dirigeants indiens qui doivent aussi être un peu embêtés avec une 9-3 vieillissante et sans grands atouts sur les marchés.
Reste qu’une fois encore, on semble entendre le même discours procrastinateur qu’il y a quelques années et ce n’est pas bon signe.
Et enfin n’oublions pas que NEVS, a aussi perdu les droits d’usage du nom SAAB et une NEVS 9-3, c’est bien moins sexy dans une négociation qu’une Saab ce qui ne doit rien arranger à l’affaire.

Saab 900 CD

Pendant ce temps là, SAAB AB, détenteur des droits liés au nom, vend 108 avions Grippen à l’armée de l’air brésilienne.

Même en tentant de garder un peu d’optimisme, on voit assez mal cette année comment il pourrait y avoir des Saab sous le sapin sauf à faire comme Lars Eric Gustafsson qui lui, semble encore croire au Père Noël !

Mauvais signe ? Le réputé site saabiste SAABUNITED.com n’est plus directement accessible…

Via Ttela.se.