Il y a quelques semaines, nous vous parlions des difficultés financières de Saab/NEVS liées à la quasi défaillance et à l’absence de signature définitive d’un des partenaires chinois de NEVS. Aussi suite à ces événements, Saab a été obligé de stopper la production de la berline 9-3 qui avait repris un peu plus tôt au printemps.

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Aussi les dirigeants de NEVS semblaient décidés à ne pas rester les deux pieds dans le même sabot (suédois…) et pour ne pas casser la relance de la firme de Trollhättan, ils ont annoncé avoir lancé une série de négociations avec des partenaires industriels fiables, puissants et reconnus. Mais jusqu’à maintenant nous ne savions pas quelles étaient les forces en présence dans ce dossier de partenariat ou de reprise de Saab.

C’est désormais chose faite et nous apprenons que NEVS négocie en ce moment avec le chinois Dongfeng (le partenaire et actionnaire de PSA) et l’indien Mahindra. Chacune des deux parties a son propre projet et ses propres objectifs tout en mettant en avant le même partage des coûts de développement et la diminution des coûts d’achat des composants de la dite plateforme.

D’un coté Dongfeng souhaite élargir son offre automobile au delà de la coopération avec PSA et semble surtout intéressé par la plateforme Phoenix qui permettrait au constructeur chinois de développer un ou plusieurs modèles Dongfeng spécifiques et au goût du jour. Dongfeng proposerait essentiellement une coopération technique pour finir la mise au point de la plateforme Saab, une petite prise de participation dans l’entreprise suédoise en échange de la possibilité d’utiliser ce nouveau chassis.

De l’autre Mahindra souhaite lui aussi pouvoir mettre la main sur la fameuse plateforme mais de manière moins abrupte et en investissant dans Saab/NEVS. Ainsi le puissant groupe industriel indien pourrait prendre jusqu’à 50% du capital de Saab, participer à la fin du travail de R&D et profiter de la plateforme Phoenix. Il est aussi de l’ordre du possible que Mahindra mette des moyens financiers et humain pour faire avec Saab la même chose qu’a fait Tata avec Land Rover et Jaguar.

A la vue des dossiers et des projets d’avenir, l’indien semble tenir la corde dans la négociation mais Saab AB reste sur la défensive, et peut être même plus que jamais, quand on voit la triste évolution de la firme depuis la vente par GM. Saab AB laisse entendre qu’il sera très vigilant sur l’utilisation du nom Saab. Cette position ne doit d’ailleurs pas aider à la négociation qui doit prendre fin soit avant la période des Midsummer Nights (week end prochain), soit d’ici à la fin du mois de juin. 

L’avenir de Saab est donc encore en suspend et il va falloir encore patienter entre 15 et 20 jours pour savoir si quelque chose se passe ou si Saab retourne vers l’incertitude et le risque de disparition à court terme. A suivre.

Via SvDNaringsliv, SaabUnited.