Essai Mazda 3 e-Skyactiv X : 186 ch, essence, atmosphérique, zéro malus

186 ch, essence, atmsophérique et zéro malus. Ce titre qui semble avoir tout d’une fiction en 2022 se traduit pourtant dans la réalité à travers le travail magistral des ingénieurs d’un constructeur décidément pas comme les autres : Mazda. Si l’arrivée du fameux moteur Skyactiv-X a fait grand bruit courant 2019, sa petite mise à jour intervenue 2 ans après est quasiment passée inaperçue, au point de me donner envie de reprendre le volant de celle qui constitue pour moi, l’une des meilleures compactes du moment : la Mazda 3. Essai.

La Mazda 3, vous commencez sans doute vous aussi à la connaître par coeur, notamment grâce (on en est convaincu) à votre blog préféré et à votre serviteur. Nous avons ainsi déjà éprouvé la version Skyactiv-G M-Hybrid 122 en BVM et la version Skyactiv-X M-Hybrid 180 cette fois-ci en BVA. Comme je vous le disais en introduction, Mazda a apporté quelques menues évolutions à son moteur phare pour le millésime 2021 ainsi que quelques modifications esthétiques pour 2022. Notre modèle d’essai comporte ainsi toutes les dernières évolutions apportées par le constructeur japonais et se présente également dans la configuration idéale pour battre des records de consommation : traction & boîte manuelle. Notons que la configuration ultime aurait été de prendre une Mazda en finition d’entrée de gamme dotée de jantes 16 pouces pour pousser le bouchon encore plus loin.

Subtiles mises à jour

A l’extérieur, seul un oeil on ne peut plus averti saura distinguer l’unique mise à jour apportée à ce millésime 2022 : les feux arrières. Bien que leur forme demeure inchangée, la signature lumineuse change en douceur et la forme du clignotant comme sa cinématique évoluent pour évoquer une impulsion longue une fois celui-ci actionné.

Une nouvelle teinte fait également son apparition au sein de la gamme Mazda : Platinum Quartz Métallisé. Une sorte de beige clair / champagne plutôt réussi, original sur le marché actuel et qui sied à ravir à la Mazda 3 sans étouffer ses belles lignes tendues. Côté design, je suis toujours aussi convaincu par la compacte japonaise. Son style reste totalement inédit en 2022 et plutôt gratifiant. Je me suis surpris à observer les réactions des badauds qui pour beaucoup semblent attirés par son sex-appeal, tout comme moi. La Mazda 3 est définitivement une belle voiture.

A l’intérieur, aucune mise à jour côté matériaux ou ergonomie. La sellerie cuir reste réservée au niveau de finition le plus haut Exclusive. Mazda persiste et signe en faisant le pari d’une présence mesurée en écrans en tous genres et la sans-doute immortelle molette de commande du système multimédia est toujours à sa place. Le constructeur d’Hiroshima ne renonce pas pour autant à la connectivité et ajoute de nouvelles fonctions à distance au sein de l’application MyMazda. Il vous sera désormais possible de verrouiller le véhicule à distance, de consulter les informations et le statut du véhicule, de consulter la localisation exacte de votre Mazda 3 ainsi que de lui envoyer directement une destination. Pour ce qui est des finitions, Mazda ajoute temporairement un niveau intermédiaire dénommé “Homura” situé entre Style et Sportline. Outre les quelques éléments de carrosserie noirs (jantes, coques de rétroviseurs, montants de portes), l’intérêt de cette finition réside surtout dans un avantage client d’un peu plus de 1000 € par rapport à la Sportline (notre modèle d’essai) tout en proposant un niveau d’équipement similaire. La gamme démarre à 25 100 € avec le 2.0 L e-Skyactiv G M Hybrid 122 en finition de base.

L’optimisation moteur à son paroxysme

Comme je vous le disais en préambule, Mazda a discrètement mis à jour son fameux Skyactiv X, tout d’abord en ajoutant un “e” devant pour devenir e-Skyactiv X. N’y voyez là aucune évolution majeure dans son système de micro-hybridation si ce n’est selon les dires du constructeur une “mise à jour du logiciel M Hybrid”. Prenez-le plutôt comme une petite touche de marketing que l’on peut interpréter par “eh regardez-moi, n’oubliez pas que je suis hybride moi aussi !”. Je corrige, MICRO-hybride. Autres changements majeurs dans les chiffres : il faut noter une augmentation de la puissance maximale de 6 ch, passant de 180 à 186 toujours au même régime (6000 tr/min) ainsi que 16 Nm de gagnés sur le couple maximal atteignant désormais les 240 Nm, faiblard mais peu surprenant pour un 4 cylindres essence atmosphérique, rappelons-le. Cependant, la mise à jour intervenue début 2021 avait surtout vocation à diminuer encore les rejets de CO2 pour atteindre sur notre modèle d’essai 120 gCO2/km, soit 8 grammes de perdus en moyenne sur la gamme Mazda 3. Cela permet entre autre d’échapper au malus CO2 avec une marge confortable, la grille 2022 démarrant à 128 gCO2/km. Stupéfiant, surtout sans avoir recours à une quelconque suralimentation ou bien une hybridation plus lourde dont les rejets de CO2 officiels tiennent parfois du ridicule (notamment pour les hybrides rechargeables une fois les batteries vides, ce qui arrive souvent).

Bien évidemment, je ne m’attendais pas à une révolution que ce soit au niveau des scores de consommation réels ou bien du côté des impressions de conduite. Pour le premier critère, cela tient plus des conditions d’essai : du type de route empruntée, du nombre de personnes à bord, de la météo. Bref, essayer de comparer stricto-sensu mes scores de consommation lors de cet essai avec ceux relevés lors de mes premiers pas avec le Skyactiv-X (à relire ici sous le capot de la Mazda 3, puis ici et ici à bord du CX-30) ne serait pas pertinent. Pourtant, les chiffres relevés sont éloquents. 5.5 L / 100 km de moyenne pour un aller-retour Paris Bruxelles, avec 4 personnes à bord et leurs bagages. C’est tout à fait consternant. Sur la totalité de l’essai dépassant les 1000 km et mêlant tous types de routes et de situations, ma moyenne globale s’est élevée à 5.7 L / 100 km, pour un 2.0 L essence atmosphérique de 186 ch vous rendez-vous compte ?!

Au volant, la Mazda 3 donne l’impression d’être bien éloignée du monde extérieur, pourtant si proche. Est-ce en raison de la douceur exacerbée des commandes ? De la surface vitrée particulièrement restreinte (ça manque d’un toit panoramique digne de ce nom, disons-le clairement, bien que le petit toit ouvrant équipe notre modèle d’essai) ? Ou est-ce le tempérament du 4 cylindres qui invite à tout sauf aux gestes brusques ? Un peu de tout ça à la fois. Du côté de l’ambiance sonore, Mazda a retravaillé pour le millésime 2022 de la Mazda 3 le son du 2.0 L ….. sans rien préciser de plus. Il s’avère toujours aussi discret en bas des tours, avec une gestion des vibrations admirables et une activation/désactivation du start&stop l’une des plus douces qu’il m’ait été donné d’expérimenter. La boîte manuelle me permet surtout de contrôler à 100% la gestion des rapports et du régime échappant ainsi à l’expérience pas toujours agréable du kick-down de la boîte automatique 6 rapports Skyactiv-Drive, pas la plus réussie du marché. En résulte également un lien homme-machine plutôt admirable pour notre époque, l’absence d’écrans dans tous les sens jouant ici un rôle primordial. Le verrouillage des rapports et la maniement du levier de vitesses de cette Mazda 3 sont une bénédiction, pas au niveau d’une MX-5 j’en conviens, mais vraiment pas si loin. On ressent quelque chose de mécanique à bord de cette voiture, même si les quelques notifications sonores liées aux aides à la conduite se rappellent régulièrement à notre bon souvenir. 

Pour les voyages au long-court, la Mazda 3 est le parfait allié, du moins aux places avant. La longueur de la voiture profite à …… la longueur du capot. Ici, Mazda a choisi de privilégier le style plutôt que les aspects pratiques. Si l’espace aux jambes est juste acceptable aux places arrières, la hauteur sous-pavillon l’est moins, impossible de me tenir le dos droit avec mon 1m84. Le coffre n’offre pas non plus un espace record avec 330 L seulement. Si vous recherchez un coffre digne de ce nom, optez pour la version tricoprs dite “berline” au sein de la gamme du constructeur qui offre elle 450 L. On notera également un amortissement taré un poil ferme. Notre système audio Bose en option fait quant à lui des merveilles !

N’allez pas chercher un quelconque caractère sportif à bord de cette Mazda 3, ni des performances délivrées avec panache. Les chiffres sont honorables (8,1 secondes pour le 0 à 100 km/h et 216 km/h de vitesse max pour 1320 kg à vide) mais tout juste suffisants pour ce niveau de puissance, d’autant que cette dernière est à aller chercher en toute fin de compte-tours. Un non-initié ou bien habitué aux moteurs turbocompressés aura vite fait de qualifier crûment la Mazda 3 de veau, bien qu’on en soit loin. Non, notre grosse compacte joue plutôt la carte de la progressivité, de la régularité et d’une certaine homogénéité, optant pour des solutions tant techniques que stylistiques bien à elle. 

Méconnue ou sous-estimée ?

Lorsque l’on parle de berline compacte, on ne pense que rarement à mentionner la Mazda. Est-ce finalement son originalité qui l’empêche d’aller titiller les ténors du marché ? Je ne vois pas d’autre explication parce qu’entre un style plus que réussi, un équipement pléthorique, une motorisation performante et efficiente sans compter un positionnement tarifaire très agressif (environ 15% moins cher que la concurrence à versions équivalentes et zéro € de malus !), elle a définitivement tout pour plaire. Le blason n’est peut-être pas assez gratifiant pour vous ? Repensez-y à deux fois car au milieu de la horde de compactes allemandes, débarquez à votre repas de famille dominical en Mazda 3 avec un coloris bien choisi et je vous garantis que vous serez la star pour quelques heures ! On vous aura prévenu. 

Retrouver la configuration de notre modèle d’essai ici.

Quelques chiffres

Dimensions : 4460x1795x1435
Poids à vide : 1320 kg
Volume coffre :  330 L
Volume réservoir :  51 L 
Consommation mixte annoncée (WLTP) :   à partir de 5.0 L/100 kms 
Rejet CO2 moyen annoncé (WLTP) : à partir de 114 gCO2 / km 
Moteur : 4 cylindres essence 1998 cc
Puissance max combinée : 186 ch à 6000 tr/min
Couple max : 240 Nm à 4000 tr/min
Vitesse max : 216 km/h
0 à 100 km/h : 8.1sec

 

Crédits Photos : Maurice Cernay

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